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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 00:56

 

 

Bangui-la-coquette.jpg

 

 

Suite à la publication de l’article sur la cimenterie centrafricaine, un compatriote, lecteur de Centrafrique-Presse réagit. Nous reprenons sa réaction pour l’information de nos lecteurs et le remercions pour sa collaboration.

Rédaction C.A.P

 

Je remercie Centrafrique-Presse pour sa publication sur « les réalités de la cimenterie en Centrafrique », un article profond, bien documenté qui peut susciter de vifs débats et de profondes réflexions sur l’avenir de notre riche et beau pays ainsi que sur sa paisible et innocente population. Je dis félicitations et encouragements  à Centrafrique-Presse !
La période cruciale dans laquelle entre le pays, avec notamment les élections groupées de janvier 2011, doit inciter les compatriotes qui sont abandonnés, méprisés à s’informer afin de faire le bon choix et laisser tomber les prédateurs, les vautours et les démagogues.
J’aimerais ici faire part de mes préoccupations, sans cesse grandissantes, quand je pense que notre pays est sous le  contrôle d’un seul maître incompétent et de son clan de prédateurs.

1.      Qu’il s’agisse de l’uranium, du pétrole, du diamant, du bois, etc., seul Bozizé et son cercle restreint (neveu, rejetons et clan) attribuent les contrats d’exploitation, sans consulter le peuple. On a déjà vu des marchés de dupes où Bozizé a vendu les concessions d’uranium de Bakouma à des individus, l’un Sud-Africain et l’autre Congolais, qui n’ont ni une assisse financière, ni la capacité technique, pour l’exploitation d’un tel gisement. Le premier a fini par céder sa concession aux Canadiens, encaissant au passage une somme exorbitante, sur le dos des Centrafricains. Serait-il encore le cas avec ces investisseurs Indiens qui auraient, sans doute, acquis les concessions de calcaire à vil prix ? Qu’est-ce qui dit qu’ils ne pourraient pas les revendre plus tard, à leur guise, pour réaliser de consistants bénéfices? Bozizé n’a aucunement conscience qu’en dilapidant ainsi nos précieuses ressources
naturelles, il sacrifie du coup toutes les générations présentes et futures de Centrafricains.  Ceci m’est insupportable.

2.      La proximité du site de production avec le marché du Km5 représente un risque sanitaire certain et c’est inadmissible. Nous ne disposons d’aucune information sur la qualité des souffleuses de la cimenterie. En retombant au sol, les poussières vont se répandre directement dans l’eau et sur les aliments vendus sur le marché Km5 et les marchés environnants. Je pense aux légumes, à la viande, au poisson, au pain, aux cacahouètes, aux beignets, au méchoui et autres aliments qui ne sont même pas emballés ou protégés et qui sont, à longueur de journée, étalés à ciel ouvert. La contamination de la population va être générale.  Or déjà, on étouffe au quartier Km5 en saison sèche, du fait du brûlage des ordures ménagères, du bois de chauffe et la poussière des routes non bitumées. S’il faut y ajouter la pollution de la cimenterie, à savoir les poussières, l’air deviendra irrespirable et le Km5 sera carrément l’enfer. Ces populations seront forcément contaminées car elles seront exposées aux maladies respiratoires, et qui sait, au cancer. Or le Km5 est une zone de vallée qui regroupe la plus forte concentration de population urbaine de Bangui. Il y aura donc un sérieux problème de santé publique, à l’horizon, pour lequel le pays n’a pas les moyens d’y faire face.

3.      Bozizé vient, aussi, de créer une situation de concurrence déloyale en permettant à ses amis « investisseurs » indiens d’amener 100 autobus à Bangui pour les mettre en exploitation.  Cette situation peut se transformer très vite en monopole car aucun centrafricain n’a les moyens de concurrencer ces nouveaux arrivants. Les minibus et les taxis, à Bangui, vont bientôt se retrouver sans clients et nos petits transporteurs déclareront simplement faillite. Les conséquences directes seront la perte de revenus et l’augmentation du chômage alors que c’est l’une des rares activités commerciales tenues encore par les centrafricains. Avec les tchadiens dans les matériaux de construction et la quincaillerie, les nigérians dans des pièces détachées, les chinois dans l’habillement et le bazar, les libanais dans l’alimentation et maintenant les indiens dans le transport en commun, les centrafricains ont très peu de chance de se faire une place dans leur propre marché. Ceci est d’autant plus vrai que par exemple après l’incendie du super marché d’un libanais, c’est le président Bozizé lui-même qui s’est employé à persécuter ses compatriotes au profit du libanais. Du jamais vu ! Nos commerçants seront réduits à la mendicité, grâce à la complicité de leur propre président, et ils n’auront que leurs yeux pour pleurer. Bozizé ne peut pas ignorer qu’il est en train de détruire, en un clin d’œil, le tissu industriel embryonnaire que notre peuple, au fil du temps et avec tant de sueur, construit petit à petit. Il n’ignore pas non plus, que c’est la bourgeoisie locale qui va aider le pays à se développer et non le commerçant étranger qui rapatrie ses bénéfices chez lui. Quelle vision a-t-il de notre pays ?  Aime-t-il vraiment son pays et son peuple ?

4.      Je commence à m’interroger sérieusement sur la capacité de Bozizé à négocier dans les échanges bilatéraux. Nous savons tous que, maintenant, l’Inde est un grand acteur économique sur l’échiquier mondial. Ce pays peut nous aider à nous développer si nous savons exactement ce que nous voulons de lui. Nous avons beaucoup de ressources à échanger et ils ont les capitaux et la technologie. Il est donc possible d’échanger nos ressources contre la construction de routes, des hôpitaux, des écoles et d’autres projets. Ces grands travaux, non seulement, vont nous aider à nous développer mais,  vont aussi créer des emplois et distribuer des revenus, qui vont améliorer le niveau de vie des centrafricains. Bozizé a fait tout un cirque autour de la création d’une cimenterie alors qu’en réalité il ne passe que des commandes d’épicerie.  Que valent 100 autobus à côté de nos ressources naturelles ?  Connaît-il au moins le mot négociation ou c’est parce qu’il n’a pas de vision pour son pays qu’il agit ainsi ? On dit que Bozizé ne connait que la force physique, les insultes et qu’il n’a rien dans le crâne. Je dois, malheureusement aujourd’hui, me rendre à l’évidence que les centrafricains ont parfaitement raison. En mettant ses propres intérêts devant ceux de la nation, comme la charrue avant les bœufs, Bozizé vient, là encore, de faire preuve d’un manque inouïe de patriotisme.

Je suis d’accord avec vous qu’il doit partir !!!!

 
Albert Z.P.

Bangui







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