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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 02:20

 

 

 

Ferdinand Samba Le Démocrate

 

 

 

 

DECLARATION N°002/12/PPI CONCERNANT  LA CONDAMNATION ILLEGALE  DU JOURNALISTE FERDINAND SAMBA

La torture morale que le pouvoir inflige à la presse privée indépendante en Centrafrique sous des formes déguisées est absolument indécente, indigne et détestable. Il est donc paradoxal, inacceptable que dans un Etat démocratique, un Etat de droit, les citoyens qui veulent s’exprimer et la presse qui veut informer l’opinion nationale sur la conduite des affaires du pays soient pourchassés, arrêtés et condamnés illégalement. Même des esclaves exprimaient par des complaintes leurs conditions, leur sort.

Le motif de l’arrestation et de la détention  du journaliste Ferdinand SAMBA à qui le Ministre d’Etat Sylvain NDOUTINGAÏ reproche de l’avoir traité « d’ennemi du peuple », ce qui reviendrait selon l’intéressé à demander un soulèvement populaire contre  lui est non seulement  excessif, indécent, mais fait sourire. Depuis la date de la parution de ces articles en octobre ou novembre 2011 , le peuple ne s’est pas soulevé comme le craint le plaignant et compte tenu de l’atmosphère chargée du pays, un minimum de sagesse devrait amener les autorités à procéder à la libération du journaliste, car la haine ne construira jamais notre nation. Bien au contraire, elle la détruit comme présentement.

  Par ailleurs, dès l’instant où il ne s’agit pas d’un tract anonyme demandant le soulèvement du peuple et dont l’auteur aurait été découvert, mais au contraire d’un article paru régulièrement dans un journal bien connu, la solution la plus simple était d’utiliser le droit de réponse prévu par la loi (ordonnance de 2005) consacrant la dépénalisation des délits de presse. La justice de son côté, même saisie au sujet d’une telle affaire devrait tout simplement appliquer le texte sur la dépénalisation des délits de presse.  C’est de cette manière que doit fonctionner une démocratie surtout naissante comme la nôtre, afin de consolider l’Etat de droit, la réconciliation, la cohésion nationale, la paix nécessaires au redémarrage du pays sur de bonnes bases.

En faisant de l’Assemblée Nationale une institution vidée de son rôle constitutionnel de contrôle de l’action du gouvernement, en mettant la justice aux ordres pour appliquer non pas la loi mais la volonté des dirigeants du régime en place, en réduisant l’opposition à sa plus simple expression et en s’attaquant frontalement, violemment, maladroitement à la presse privée indépendante pour l’étouffer, la faire péricliter par divers moyens, les dirigeants centrafricains croient gagner en réunissant ainsi l’ensemble des pouvoirs  entre les mains d’un seul individu ou d’un clan, alors que la constitution les a séparés pour permettre un équilibre et un fonctionnement  harmonieux des institutions de la République, conformes à un Etat démocratique, un Etat de droit. Cette pratique ne rend nullement service aux autorités en place car en agissant de la sorte, elles ont réintroduit automatiquement une dictature revenue au galop avec toutes ses conséquences, c'est-à-dire de nouvelles crises. Il est inadmissible que la République Centrafricaine soit dirigée dans un esprit d’injustice, d’inégalités et d’illégalité permanentes, sources de frustrations et de tensions inutiles.

Tout homme public ne doit pas perdre de vue qu’il sera critiqué à tort ou à raison sur sa gestion. Cela fait d’ailleurs partie de la démocratie, de la bonne gouvernance, donc de la transparence qui impose l’obligation de rendre compte, de se justifier à tous les niveaux. C’est même une règle essentielle de la démocratie. Pour cela,  étant donné que tout homme public (Président de la République compris) est soumis à cette obligation, aucun problème ne devrait se poser dans le cas présent où la loi sur la dépénalisation des délits de presse donne justement une occasion supplémentaire par un droit de réponse.                                                                                   

Si les dirigeants ont leur rôle à jouer au sommet de l’Etat, la presse a également le sien au sein de la société pour informer le citoyen de la conduite des affaires du pays, car ceux qui gouvernent ne sont en réalité que des serviteurs du peuple. Cependant, empêcher d’une manière ou d’une autre la presse de jouer son rôle surtout dans le cas présent par un contournement de la loi sur la dépénalisation constitue simplement de la dictature. Or la dictature est un cauchemar que le peuple centrafricain a vécu dans sa chair dans un passé récent, et il est absolument inadmissible que le Président de la République qui,  lors du Dialogue National de 2003, avait pourtant solennellement pris l’engagement de restaurer la démocratie dans le pays, fasse aujourd’hui totalement le contraire de sa parole.

La volonté des filles et fils de Centrafrique exprimée très clairement à l’occasion du Dialogue National de 2003 et du Dialogue Politique Inclusif de 2008 était justement que le cauchemar que représente la dictature ne se reproduise plus en république Centrafricaine.

Je condamne très fermement la dictature galopante dans le pays devenue l’option des autorités à la tête de la République Centrafricaine pour sa direction ;

Je condamne très fermement la pratique vicieuse consistant à contourner la loi sur la dépénalisation des délits de presse pour faire  torturer moralement les journalistes par leur arrestation, les reports des dates de leur procès tout en les maintenant dans les geôles de l’Office Central de Répression du Banditisme, ou à la maison d’arrêt , à les condamner pour les  faire libérer après un  temps donné par une certaine grâce  présidentielle. Tout ceci constitue un châtiment, une torture déguisée, indigne, indécente  ayant pour objectif de museler et  faire péricliter la presse privée indépendante.

Je demande très fermement la mise en liberté immédiate et sans condition du journaliste Ferdinand SAMBA pour tout ce qui précède.

Paris le 18 février 2012

 Olivier Gabirault

Olivier GABIRAULT, Personnalité indépendante

 

 

 

 

 

Un mois et cinq jour que Ferdinand Samba est prisonnier de Bozizé, Ndoutingaï et Findiro.

 

 

Continuez à signer en ligne la pétition lancée par C.A.P pour exiger sa libération. Pour cela cliquez sur le lien suivant :

 

http://www.gopetition.com/petitions/liberez-ferdinand-samba.html

 

 

 

Liste des derniers signataires

 

 

208 Mr BOZIZE Armand Central African Republic View Feb 20, 2012

207 Mr Dominique TOUANE France View Feb 20, 2012

206 Mr Armand DONGOUSA View Feb 20, 2012

205 Mr NGOMBA Alexis Central African Republic N/G Feb 20, 2012

204 Mr Julien KPOROZAN Central African Republic N/G Feb 20, 2012

 

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