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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 03:07

 

 

 

Olivier Gabirault

 

 

       ABSENCE DE LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE A  LA 3è EDITION DU TOURNOI DE FOOTBALL DE L’UNIFFAC (UNON DES FEDERATIONS DE FOOTBALL DE L’AFRIQUE CENTRALE


 

L’équipe de football catégorie « cadets » de la République Centrafricaine avait fait l’exploit de gagner la deuxième édition de la coupe de l’UNIFFAC (Union des Fédérations de Football de l’Afrique Centrale) en 2009. 


    La République Centrafricaine, détentrice de cette coupe et devant défendre son titre à l’occasion de la 3è édition du tournoi qui vient de se dérouler à NDJAMENA du 4 au 11 décembre 2011, y est absente faute de moyens financiers.


  Il est tout à fait choquant de constater que pour une somme qui n’atteint  même pas 16 000 euros (10 Millions CFA) sollicitée à ce sujet par la Fédération centrafricaine de Football, l’Etat ne soit pas en mesure d’y faire face alors que des fonds publics sortent abusivement du Trésor à d’autres fins. Cette attitude des autorités centrafricaines qui ne prend pas en compte l’image ainsi que l’avenir du pays, brise à la fois un espoir naissant et décourage l’effort, la volonté de cette génération montante qui serait même disposée à se rendre à NDJAMENA par la route pour défendre son titre.                                                                                                                                                 

 

La victoire des cadets centrafricains qui a donné pourtant de l’espoir à notre football aurait du être encouragée pour sa consolidation, grâce à une bonne préparation par des rencontres internationales amicales en prévision de ce tournoi et pour d’autres compétitions.                                                                                                                          

 

Il convient de rappeler que les nations dont le football a évolué ont d’abord mis le prix nécessaire pour former des pépinières de joueurs (minimes, cadets, juniors), pour multiplier des rencontres internationales amicales pour les aguerrir avant d’obtenir par la suite de bons résultats. En Centrafrique, les autorités aiment seulement la gloire née de la victoire des sportifs sans l’effort nécessaire  qu’il faut pour la préparer.                                              

 Le pays regorge de grands talents qui ne se révèlent pas suffisamment faute de moyens et de conditions indispensables à leur éclosion véritable.                                                                          

 

Nos sportifs qui n’ont rien à envier notamment à ceux de la sous-région, sont confrontés constamment d’une part aux conditions de préparation, et d’autre part à l’incertitude qui plane en permanence sur leurs déplacements dans le cadre des compétitions internationales pour lesquelles l’Etat a pourtant pris des engagements. L’absence ou l’insuffisance de la préparation et l’incertitude du déplacement brisent constamment la motivation, le moral des joueurs, ce qui aboutit nécessairement à leur stagnation.                                                                                              

 

Le football ne pourra jamais évoluer en Centrafrique sans une attention particulière de l’Etat par le financement de la préparation des joueurs sur le plan local et international. Avant les compétitions officielles, les erreurs, les faiblesses se corrigent grâce à des rencontres internationales amicales qui permettent également de mieux connaître les autres  adversaires.                                                                                                                                               

 La Fédération quant à elle, doit se fixer des objectifs clairs à atteindre même graduellement dans des compétions, grâce aux moyens attendus bien évidemment de l’Etat, le sport étant l’un des meilleurs vecteurs diplomatiques  d’un pays peu connu sur la scène internationale comme la République Centrafricaine.


Chaque Bureau Fédéral a certes sa politique. Mais il ne lui serait pas inutile de s’inspirer de certaines expériences positives antérieures. Dans ce cadre, il convient de rappeler qu’en 1984, parallèlement à un travail de reconstruction du football, le Bureau Fédéral de l’époque s’était fixé entre autres, deux objectifs. Le premier était, à deux mois de la Coupe de l’UDEAC1984 (aujourd’hui CEMAC), de mettre en place une équipe nationale (absente huit ans auparavant) mais avec l’objectif de se placer  parmi les trois meilleures du tournoi.

 

Malgré la jeunesse  de l’équipe (deux mois d’âge seulement), cet objectif qui a été notifié préalablement au gouvernement de l’époque, inquiet de la perspective d’une humiliation du pays, a été réalisé. En effet, non seulement la République Centrafricaine a battu les autres pays pour se classer juste après les finalistes qui étaient le Cameroun et le Congo, mais son équipe a gagné la coupe du fairplay et le Président de sa Fédération a été désigné Commissaire de Match de la finale du tournoi. Le deuxième objectif toujours dans le cadre du relèvement du niveau de cette discipline consistait à ne perdre aucun match à domicile.  Ce pari avait également été tenu, nos équipes ayant soit fait match nul, soit remporté la victoire, la plus célèbre étant contre l’Egypte à BANGUI en 1986.


C’est seulement par la conjugaison de la volonté de gagner au niveau de l’Etat,  accompagnée de moyens nécessaires, surtout à temps, et de celle de la fédération qui doit se fixer des objectifs clairs à atteindre grâce à des préparations adéquates, que le football pourrait faire la gloire du pays et mieux le faire connaître à l’extérieur. 

Une fois de plus, le fait pour la République Centrafricaine de ne pas participer à une compétition parce que l’Etat est incapable de sortir 10 Millions CFA est une image politiquement catastrophique pour notre pays.


Paris le 12 décembre 2011

 


Olivier GABIRAULT, ancien Président de l’Union des Fédérations de Football de l’Afrique Centrale, ancien Président de la Fédération Centrafricaine de Football (1984-1986).

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion