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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 23:55

 

 

 

 

 

passeport

 

 

Après le concert des voix qui se sont élevées pour exiger que les autorités de Bangui trouvent une solution à l’épineux problème de délivrance des passeports biométriques aux Centrafricains de l’étranger et notamment ceux de France, les autorités de la bozizie annoncent la venue à Paris d’une mission officielle afin de procéder au relevé d’empreintes digitales et autres photos indispensables à la délivrance des passeports biométriques. Cette mission est conduite par le Ministre de la Justice et président du comité de délivrance des passeports biométriques, M. Jacques Mbosso qui estaccompagné du personnel technique de ce service. Elle séjournera du 13 au 15 septembre 2012 pour accomplir ce travail.


Première anomalie : La venue de la mission a été tout d’abord annoncée sur le web par une association inconnue jusqu’ici, SDENOS (Solidarité et Développement Durable Nord- Sud) dont le responsable n’est autre que le fils même du chef de mission, qui a grillé ainsi la politesse aux autorités officielles de l’ambassade de la RCA à Paris.Confusion de sgenres.


Seconde étrangeté : D’après les enquêtes de la rédaction de CAP, même si la mission du ministre Mbosso est bien confirmée par l’intéressé lui-même et dans son entourage, personne au ministère des affaires étrangères à Bangui n’est en mesure de dire quoi que ce soit au sujet de cette mission dont on dit tout ignorer.  Que vient chercher M. Mbosso en France alors qu'un agent administratif aurait pu effectuer ce voyage ? Après la bamboula présidentielle de Roissy Charles de Gaulle du 13 août dernier, le gouvernement a préféré envoyé un poids lourd qui plus est Ministre de la Justice, alors que ce service est sous la tutelle du Ministère de le Sécurité Publique.


Quel intérêt y-a-t-il à faire venir à Paris un Ministre, fût-il de la Justice, pour délivrer des passeports biométriques aux Centrafricains de France ? Dans tous les pays qui se respectent, la délivrance des passeports ou tout autre document administratif aux ressortissants d’un pays vivant à l’étranger relève des services consulaires de ce pays. Pourquoi la RCA doit-elle faire exception ? Ne serait-il pas plus économique de déléguer (fut-ce temporairement) les pouvoirs de signature de ces documents aux représentants de l'Etat centrafricain en France et de leur procurer le matériel nécessaire pour délivrer ces documents de voyage ?


Il y a un manque de respect évident des citoyens centrafricains de France lorsque sans consultation, on leur impose des dates impératives alors que tous les Centrafricains ne résident pas qu'à Paris et sa banlieue. Ceux qui habitent à Marseille, Montpellier, Perpignan Toulouse Bordeaux ou Nantes et Lille devraient prendre en compte les prix exorbitants des titres de transports, car on paye toujours chère son voyage en France lorsqu'on s'acquitte du titre en urgence. Les travailleurs auront également des soucis avec leurs employeurs pour n'avoir pas prévu ces grands rendez-vous suffisamment longtemps.


Les étudiants, les élèves ainsi que les enfants de l'école maternelle qui viennent à peine de reprendre leurs activités seront sans doute les grands perdants faute du délai fixé et de la période de la mission. Ce service étant d'utilité publique, le gouvernement ne devrait pas fixer un délai impératif, c'est un droit pour tous les citoyens de posséder un passeport. C'est un devoir pour l'État centrafricain, ce n'est pas une faveur. Une organisation républicaine doit être irréprochable et indépendante au service de ses citoyens. Cette expédition gouvernementale a sans doute une visée plus politique que citoyenne.


Paris est décidément le principal centre d'intérêt du pouvoir banguissois. Les Centrafricains des USA, du Maroc, d'Égypte, de la Côte d'Ivoire, du Sénégal, du Burkina, du Bénin, du Togo, de la Tunisie etc... où résident aussi des centaines d'étudiants et de travailleurs sont-ils sacrifiés par rapport à leurs compatriotes de la France.


Du côté de l'ambassade de Centrafrique à Paris, on ignore si le pouvoir exécutif de Bangui est décidé ou non à installer durablement une antenne du service de délivrance des passeports biométriques dans leurs locaux. L’acquisition d’un kit pour relever des empreintes digitales et prendre des photos numériques aux normes biométriques, n’est quand même pas la mer à boire pour un Etat qui se respecte. Pourquoi confier ce service à des amis libanais de Bozizé et ne pas vouloir doter les services consulaires du matériel nécessaire ?


Une chose est sûre, 10% seulement des recettes générées par la délivrance des passeports biométriques reviendraient au gouvernement centrafricain. Où vont les 90% et à qui profitent-ils ? Sur place au pays il est exigé la somme de 50.000 F CFA (85euros) et la mission Mbosso demande 120 euros. Comment peut-on justifier cette différence sinon que de prendre leurs compatriotes de France pour des moutons qu’on veut tondre.

   

La Rédaction CAP

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