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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 20:26

 

 

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Interview de Christophe Gazam Betty dans le quotidien L'HIRONDELLE de Bangui

 

Depuis quelques mois après votre retour en France où vous êtes résident, vous n’avez plus donné du moins officiellement de vos nouvelles ?

L’Accord de Syrte 2 signé en marge de l’assemblée générale de l’Union africaine, sous la très haute Autorité des dirigeants libyens africaines et internationales semblaient donner assez de garantie pour que cette  "Adhésion au processus de paix en cours nous permette de nous associer en toute bonne foi et en confiance à l’apaisement et surtout à la réconciliation. Vous connaissez la suite dès que je suis arrivé avec la délégation à Bangui pour non seulement nous associer à ce qui se fait mais mieux être une force de propositions et dire clairement qu’il faudrait qu’il y ait une attitude positive qui fait de nous des partenaires au dialogue et non cette vision étriquée et improductive, d'un pouvoir qui aurait gagné contre les autres qui n’aimeraient pas leur pays…

Après plusieurs péripéties, j’ai réussi à quitter le pays grâce aux interventions de la communauté de ceux qui nous accompagne pour arriver à asseoir la paix. Et il fallait que je m’occupe de ma santé qui s’est fortement dégradée au grand plaisir de certains dirigeants tels que le ministre de la sécurité publique, le général Ouandet un véritable guignol, omnibulé par les ragots fortement rémunérés par lui…Les traites qui sont infiltrés et qui portent aussi une grande responsabilité dans la dérive totalitaire du pouvoir de Bozizé. Des cadres militaires FDPC qui m’ont cru en la nouvelle orientation politique de l’organisation ont été massacrés dans les geôles de l’OCRB sur ordre du général Ouandet, d’autres ont fui et regagné la zone que nous contrôlons. D’autres ont résisté et après leur incarcération dans la nuit du 20 janvier 2010 par le capitaine Ngaikoisse; ce sont : le capitaine Anour un brave combattant natif de Birao, le capitaine Ben Barouk qui a rejoint sa famille vers Bria et environ, le lieutenant Yandoka et d’autres pour lesquels la presse privée a beaucoup œuvré pour leur éviter le voyage sans retour à Bossembele, véritable "goulag" sous commandement du Capitaine Ngaikoisse et du capitaine dont le nom est fortement cité dans la liquidation inhumaine de Monsieur Massi.

Quels enseignements politiques retiendrez-vous de cette expérience ?

Le pouvoir de Bozizé a sa propre définition du mot : réconciliation et de certains concepts comme l’amnistie générale, le dialogue. La première difficulté de pouvoir évoluer avec Bozizé réside en sa vision qui repose entièrement sur une cristallisation sur "son pouvoir" qu’il a conquis par les armes et qu’il n’entend pour rien au monde, faire évoluer. Que voulez vous, lui-même vient de déclarer qu’il ne connaît pas la philosophie; c’est un aveu d’inculture. Il est donc normal qu’il ne connaisse rien au concept philosophique d’un Etat d’une Nation de ce qu’est une République, la philosophie de la liberté…Et nous avons selon l’expression de l’ancien premier ministre Jean Paul Goupande" manqué de discernement…" Quand il s’est rendu compte avec ses amis qu’ils ont été les dindons de la farce en apportant leur soutien inconditionnel à un coup d’état sans vision politique et sans programme si ce n’est le slogan "Patassé doit partir". On ne peut pas reconstruire un pays sur cette base. Le président Bozizé est un obstacle majeur à une paix durable et à une véritable réconciliation nationale qu'il ne comprend pas et n'en veut pas. La confiance n'y est plus.

Le processus électoral en cours en république centrafricaine a du plomb dans l’aile. Quelle pourrait être votre lecture de la situation ?

Il faut être atteint d’une cécité politique pour penser un seul instant que, tel que parties depuis la tenue du dialogue politique inclusif DPI, - un non événement pour la renaissance du pays, une perte de temps qui a enrichi plutôt les poches des uns et des autres plutôt qu’esquisser des solutions en terme de rupture, que des élections allaient se tenir, ne fussent que dans les délais. Bozizé a tout fait pour que ce soit ainsi. Avec un gouvernement replié sur ses partisans et pourchassant et traquant ceux qui osaient ne fussent que se présenter comme partenaire au dialogue par leurs propositions constructives. Prenant sur lui de gérer personnellement le budget de la CEI, comme il le fait déjà pour le trésor national tous les jeudis. Voilà la nature du régime du général Bozizé. Des ordres de Bozizé ont produit les désordres actuels dans le pays. Il faut avant toute chose ou proposition acter son incompétence et ses limites.

Second point, au niveau de la structure de gestion du processus, c’est une honte et une catastrophe de voir l’ancien chauffeur de S.E. l’ambassadeur Maidou Christophe à Paris diriger, on ne sait par quel miracle biblique, la commission électorale indépendante, à l’ombre et sous la vigilance des enfants Bozizé qui y ont trouvé un fonds de commerce où ils fournissent, urnes, papiers divers, isoloirs, trombones, encres…. disons toute la logistique passe par Bozizé and CO : un véritable système de prédateurs organisé en famille : les diamants, les mines, le bois, le filière viande et bovine, la fourniture des consommables à toutes les administrations. Bozizé en véritable Parrain ajoute l’intendance de l’armée, la police, la mairie de Bangui …et la dernière trouvaille : l’organisation des élections ; il n’y a plus de doute, le Pasteur Binguimale est un véritable pantin de service ; pourvu qu’il mange sa petite part dans ce panier à crabe.

Troisième point, la mise sous tutelle par des hommes de mains et sous la férule de l’administration inféodée totalement au rassemblement hétéroclite KWA NA KWA et ses obligés alimentaires n’augurent pas d’une élection incontestable et incontestée et qui se ferait dans une transparence acceptable par la Nation.  C’est une véritable mascarade, un crime et un holdup électoral jamais connus, digne de la pratique du grand banditisme à la "camorra" que notre général Bozizé soumet à la nation entière. Votre journal n’a pas manqué de faire le parallèle avec ce qui se fait en la matière dans les nouvelles dictatures Irak et en Afghanistan. C’est inacceptable et on ne peut le laisser faire.

Malgré le consensus trouvé le 29 avril dernier au sujet du report des élections, la classe politique est encore divisée sur les dispositions à prendre pour garantir le vide constitutionnel au-delà du 11 juin date d’expiration du mandat du général Bozizé. D’une part, le pouvoir a choisi de passer en force par une modification des articles de la Constitution et d’autre part, l’opposition dite "démocratique" préconise un accord politique. Qu’en dites-vous ?

On est en train d’aller pour ma part plus vite que la musique. La question d’actualité en ce moment n’est pas les savantes gloses sur une prétendue transition que Bozizé n’a jamais voulue en aucune occasion et que pour une fois cette opposition qui se dit "démocratique" le comprenne et arrête de se distraire et d’amuser le peuple par une proposition qui ne ferait pas au préalable un diagnostic précis et qui intégrerait la nature sans complaisance du régime de Bozizé. Qu’elle intègre dans ses analyses la nature même du régime de voyous installé par Bozizé. Il n’y a rien qui plaide en faveur d’une transition conduite par Bozizé. Il faut s’en référer à son bilan. On le voit comme un gamin jouir du seul fait d’avoir,  grâce aux avances consenties par la société AREVA, payer les salaires des 20 000 fonctionnaires, soulageant au grand maximum 300 000 personnes sur 4 millions de centrafricains non fonctionnaires qui ont droit à l’eau , aux soins ,à l’éducation. Parvenu au pouvoir par un coup d’état le plus violent avec des horreurs et destructeur que le pays ait connu avec le soutien et la logistique venue d’ailleurs ,constituée par les libérateurs dont, les Sabone Abakar, les Dida, les Kassara, le colonel Marabout, Achakir, le colonel Daoud disparu l’année dernière…qui ont pillé et détruit les structures et les infrastructures économiques du pays en se payant sur le dos de la bête, et ont fait autant dans les crimes de guerre que les hommes de Bemba, avant de se retirer pour certain dans leur pays. Certains sont revenus après avoir été financièrement désengagés par Bozizé et continuent de polluer la vie des centrafricains non seulement par un prosélytisme religieux débordant et contre les lois de la république, ils prétendent avoir eu l’accord préalable de Bozizé pour l’emmener au pouvoir, mais plus encore par les infiltrations des opposants centrafricains.  

L’article 24 alinéa 2 est non révisable selon les prescriptions formelles de l’article 108 de la constitution. Pour nous, le général Bozizé n’a ni légitimité ni légalité d’aucune sorte depuis le 11 juin 2010 à minuit et redevient de fait le vulgaire putschiste qu’il a été depuis le 13 mars 2003 par son comportement vulgaire en faisant de notre pays un état voyou. Ce n’est qu’un nouveau coup de force et de farce de mauvais gout qui va ridiculiser le pays et le ramener dans le désordre. Bozizé n’est plus qualifié pour être associé à quoi que ce soit de positif pour le pays.

Que pensez-vous du DDR ?

En soi, le programme de désarmement démobilisation et réinsertion devrait être logé au ministère de la défense nationale pour des raisons techniques et bénéficier d’une large autonomie et d’une certaine marge de manœuvre par rapport au président de la république On a perdu du temps avant de le comprendre sous la pression des partenaires qui ne se retrouvaient plus dans ce mélange d’un genre où seul Bozizé et ses hommes y trouvaient leur compte. Le transfert vient d’être fait, et un ministre en charge exclusif du dossier est nommé. Tant mieux.. Mais Bozizé est ministre de la défense. Toujours omniprésent quand il ya l’odeur d’argent et …. Il reste deux problèmes :

L’application de l’orthodoxie financière, base de notre loi des finances en ce qui concerne l’unicité de caisse sous le contrôle de comptables publics assermentés, avec un droit de regard des donateurs et autres intervenants…Une caisse à la Banque centrale gérée directement par Bozizé de manière patrimoniale, une seconde caisse à la CBCA, gérée par le ministre ,et une troisième caisse au niveau des partenaires internationaux. C’est inqualifiable une telle organisation…

Aucune personnalité de quelque mouvement politico-militaire que ce soit ne doit plus être membre du bureau qui est censé décidé de son désarmement Il faut purement et simplement supprimer le poste de vice président gracieusement cédé dans des conditions obscures à Monsieur Demafouth, qui est à lui seul, chef de parti politique, chef de mouvement rebelle, candidat à l’élection présidentielle, vice président du DDR, et ceci à la carte et dans une confusion entretenue qui lui permet d’aller en campagne de sensibilisation du désarmement mais en réalité, il y peaufine avec les moyens mis à sa disposition sa propagande personnelle et procède à l’implantation de son parti - Il faut signaler au passage que les subsides destinées à l’APRD, lui ont permis de booster son parti politique. Décidemment c’est un garçon intelligent…-  

La grande inconnue, ce sera de relancer le processus. La confiance en Bozizé n’y est plus.et il faut le dire, rien dans l’attitude de Bozizé et son "Garde-chiourme", le général Ouandet un ministre aux antipodes de l’état de droit et d’une conception moderne de celui-ci, confondant politique de répression aveugle appris auprès de leur Maitre, Bokassa, et une gestion scientifique et sécuritaire d’un pays d’une nation. On ne peut laisser gérer par un paranoïaque, les libertés publiques d’une nation fragile au bord de l’éclatement. Il s’est méthodiquement employé à carboniser lui-même la confiance qu’on lui a faite en adhérant au processus de paix. Bozizé n’a respecté aucun de ses engagements selon les termes des différents accords de paix mieux il a liquidé certains éléments du FDPC dans les geôles de l’OCRB et que dire de la liquidation de monsieur Charles Massi.

Les accords de Libreville et de Syrte ont été vidés de leurs contenus et la prorogation souhaité et avalisée par "Sa cour constitutionnelle" et les modifications portées par "les députés pour leur compte et celui de Bozizé remettent en cause tous les actes et l’esprit de réconciliation nationale. Ce n’est autre chose qu’un nouveau coup d’état bien habillé. Le désarmement ne sera donc pas pour demain C’est une triste réalité. Bozizé est le véritable obstacle à la paix. Mieux, la réconciliation n’a jamais évoluée, on en était à mettre en chantier un programme de formation des plus hauts dirigeants politiques et militaires à la culture de la paix et de la réconciliation. Le BONUCA a soutenu à raison l’initiative du ministre d’état Cyriaque Gonda qui a fini par comprendre, usé et à bout de jouer au pompier de service, que le blocage venait plus des dirigeants à accepter les autres et les principes élémentaires d’apaisement. Il a été récompensé et payé en "monnaie de singe" et comme à l’habitude de ce régime, humilié et trainé comme un vulgaire "kadogo".

Rappelons pour l’histoire, cette ambiance surréaliste en conseil des ministres où les faucons du régime se sont opposé aux principes de la réconciliation, de l’amnistie et du pardon, en se roulant par terre pour certains et certaines en enlevant leur vêtement ,en pleurant même à chaudes larmes : une attitude d’irresponsables et de véritables sorciers qui, ces derniers jours sont heureux d’avoir des piscines au pk 12 où ils apprennent comme tous bons arrivistes et roturiers à nager…

Que peut-on savoir des perspectives de vos ambitions politiques ?

Me battre pour ma liberté et celle des autres, et tout faire pour laisser à la génération à venir les bases ases d’une modernisation de notre pays par des réformes réalistes, en bonne intelligence avec ceux ou celles qui aiment ce pays sans la mettre aux services de mafieux et aventuriers étrangers qui veulent détruire notre culture nationale et notre identité nationale. Il est clair qu’au travers de la préférence nationale, les notions d’égalité des chances de la défense des droits humains doivent nous permettre d’être des acteurs de la mondialisation et non ceux qui la subiront.

En définitif, il faut offrir aux centrafricains un grand dessein : celui de l'intérêt national à travers l'impératif de la préférence nationale: La rupture, le nouveau paradigme qui permettra aux centrafricains de se retrouver et d’avoir des repères clairement exprimés, pour se sortir de la situation ténébreuse créée par l’inconséquence de ce régime que le Peuple centrafricain ne mérite en aucun cas. Un accident historique malheureux pour notre pays.

Par Sylvestre KROCK, du journal L’Hirondelle-  Bangui

 

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