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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 00:34

 

 

 

cellule

 

18 octobre 2011 par Juliette Abandokwe

Convoqué devant le Tribunal Militaire ce jeudi 20 octobre 2011 

Après exactement 365 jours de privation arbitraire de liberté, Ismaël Koagou est convoqué ce jeudi 20 octobre, à son 366ème jour de détention, au Tribunal Militaire Permanent à Bangui. Alors qu’il avait démissionné officiellement de ses fonctions de chef de bataillon dans les Forces armées centrafricaines le 5 juin 2010, pour prendre un nouveau poste à l’Ambassade des Etats-Unis, il est aujourd’hui accusé de « Désertion en temps de paix ».

19 octobre 2010 – 19 octobre 2011 : Une année jour pour jour passée à la Maison d’arrêt de Ngaragba, pour rien, et sans avoir été convoqué pour la moindre audition. 

Rappel des faits. 

Ismaël Koagou, chef de bataillon, brillant et fidèle élément au service des Forces armées centrafricaines depuis 19 ans, est offert un emploi à l’Ambassade des Etats-Unis en février 2010, comme assistant au chargé de programme de coopération militaire. Il cherche donc à rencontrer ses responsables afin d’entamer la procédure formelle de mise en disponibilité. Sa hiérarchie, jusqu’au plus haut niveau, le fuit, et refuse de le recevoir malgré trois demandes formelles d’audience. Finalement le 5 juin 2010, il envoie sa lettre officielle de démission. Il ne reçoit aucun accusé de réception, et débute le 2 août 2010 à son nouveau poste la conscience tranquille, après avoir accompli les démarches administratives de son changement d’emploi dans les règles de l’art.

 Le 19 octobre 2010, il est arrêté et emmené à la Section Recherche et Investigation (SRI) de la gendarmerie nationale à Bangui.

 Il est ensuite déféré le 9 décembre 2010 par mandat de dépôt à la Maison d’arrêt de Ngaragba, avec pour motif d’accusation la « désertion en temps de paix ».

Une garde à vue de cinquante jours, alors que le maximum légal est de trente jours, ne présage rien de bon pour la suite, en termes de respect de la loi. D’ailleurs, le chef d’accusation est sans aucun fondement. En effet, des trois éléments constitutifs nécessaires pour qu’une infraction soit digne de sanction, outre le légal et le matériel,  il manque l’élément intentionnel. L’officier Koagou n’a jamais eu la moindre intention de déserter son poste à l’armée, puisqu’il a fait parvenir une lettre de démission en bonne et due forme à ses chefs. Le silence radio rencontré par ce courrier, correspondait d’ailleurs parfaitement au manque d’enthousiasme, teinté d’une flagrante mauvaise foi,  rencontré auparavant dans ses demandes d’audience.

 Sachant que des officiers de l’armée démissionnent fréquemment à Bangui, et qu’ils circulent librement en ville sans jamais être inquiétés, parfois sans même avoir fait de demande écrite, se trouvant manifestement dans les bonnes du pouvoir, il n’y avait aucune raison qu’Ismaël Koagou continue à se préoccuper de ne pas avoir reçu de réponse de la part des cadres du Ministère de la Défense, comme il aurait dû en recevoir dans l’absolu.

Selon les conventions internationales sur les libertés individuelles, n’importe quel fonctionnaire a le droit de démissionner en tout temps, en accord avec les exigences de routine. Dans la situation d’Ismaël Koagou, le Ministère de la Défense lui devait un accusé de réception, et n’était même pas en mesure de refuser sa démission.

Le Tribunal Militaire Permanent de Bangui, dont le Procureur, Commissaire du Gouvernement, dépend directement du Ministère de la Défense et donc du pouvoir, se prépare à rendre ce jeudi 20 octobre un jugement dans cette affaire. Un ministère de la Défense qui a fait preuve pendant plus de trois mois d’une mauvaise foi exemplaire, en refusant systématiquement de rencontrer l’officier Koagou, dont il connaissait sans nul doute la teneur de la demande.

Avec un 158ème rang sur 180 dans l’échelle qui mesure le degré de corruption chez Transparency International, il est facile de s’imaginer le degré de liquéfaction du système de justice en République Centrafricaine. Tout porte même à croire que l’honnêteté et le respect des règles, tel que dans le cas d’Ismaël Koagou, n’ont que très peu d’importance dans un système qui essaie de faire semblant d’être correct, mais qui est en réalité pourri par la corruption et le non-respect des lois.

La langue ambiante est d’ores et déjà reconnue comme langue nationale en Afrique centrale : la langue de bois. On fait semblant de ne rien savoir et de ne rien comprendre, mais en réalité, les intentions sont gérées par la malfaisance et la cupidité.

Le nouvel employeur d’Ismaël Koagou, qui a maintenu le contrat de travail depuis une année, sera présent au Tribunal, ainsi que tous ceux qui ont suivi de près cette histoire devenue rocambolesque d’incohérence judiciaire. Tout le monde sera donc témoin d’une forfaiture qui sera enfin exposée en plein jour.

L’accusation dont on affuble M. Koagou ne tenant pas debout, des faux prétextes seront sans nul doute abondamment évoqués jeudi. Ses avocats n’auront aucune peine à démonter un argumentaire sans substance, indéfendable et profondément inéquitable en termes de libertés fondamentales de l’individu. .

 

L’officier Ismaël Koagou n’a commis strictement aucun délit. Il se prépare donc à comparaitre au Tribunal Militaire Permanent, la tête haute, avec la conviction du devoir loyalement accompli pendant les dix-neuf années passées au sein des Forces armées centrafricaines.  

Aujourd’hui plus que jamais, il affirme son droit absolu de changer de vie selon son bon vouloir, et  demande simplement à la justice centrafricaine de faire son travail, et de lui rendre la liberté qu’elle lui a arbitrairement arrachée le 19 octobre 2010. Son seul désir est de simplement continuer à vaquer à ses occupations et s’occuper de sa famille, en tant que citoyen Centrafricain libre et fier.

 Zo Kwe Zo

http://juliette.abandokwe.over-blog.com/article-rca-un-an-pile-de-detention-arbitraire-pour-l-officier-ismael-koagou-86743113.html

 

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