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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 23:17

 

 

Bevarrah LALA

 

 

SI BOZIZÉ CONTINUE À RESTER, IL RISQUE DE SE FAIRE LAPIDER OU CAILLASSER PAR SES COMPATRIOTES UN JOUR...

                                                                      

De nos traditions centrafricaines, quand on n'aime pas quelqu'un (homme public) notoirement connu (pour je ne sais quoi? démagogie peut-être, tel que le cas de Bozizé actuellement), en général sur son passage dans une localité, tout le long de son parcours, les gens lui crient dessus; ils le lapident avec des cailloux, caillasses, etc... Le pauvre GUÊMON, connu à l'échelle nationale, en avait souffert dans sa vie avant de mourir. La preuve éclatante qui illustre et étaie mes propos ici est le cas de la guerre de « aux cailloux » contre les autorités despotiques et sanguinaires à Bangui à l'époque de l'Empereur BOKASSA 1er dont le général BOZIZÉ fut lui-même l'une des victimes dans ses patrouilles de recherche des élèves et étudiants à capturer pour les mettre en prison.

 

L'amendement de la constitution centrafricaine qui confère illégalement à BOZIZÉ le plein pouvoir post-mandat, les prérogatives de Président de la République et Chef de l 'État sans suffrage universel, n'est pas du gré de la majorité des centrafricains !!! Mais beaucoup n'ont pas le courage de le manifester ouvertement.

 

Dans l'histoire politique de la R.C.A., il y -a eu un cas de figure en 1959. A la mort tragique du Président Barthélémy BOGANDA, l'Assemblée  Nationale avait pris un texte en faveur du Président David DACKO et l'avait fait voter en son sein à 99,99% de voix  parlementaires à majorité écrasante comme celle de BOZIZÉ aujourd'hui. Mais dans la mesure où ce vote n'était pas issu du suffrage universel, la Préfecture de l'OUHAM l'avait rejeté. Lors d'une visite à BOSSANGOA, des pancartes avec des écriteaux hostiles « non au Président David DACKO! » jonchaient la route et à la descente du Président DACKO à la Préfecture  pour saluer les officiels; en tendant la main, la Présidente de l'Association des femmes de BOSSANGOA, Mme TISSÉRÉ avait giflé le Président  DACKO. Bref, c'est dire que : une simple majorité de chambre parlementaire consentie à la sauvette que BOZIZÉ se prévaut dans son  discours de fin de mandat, le 11 juin 2010( avec une adresse indigne d'un Chef de l'État en arguant: « CENTRAFRICAINE, CENTRAFRICAIN, MES BIENS CHERS COMPATRIOTES... » n'engage pas la majorité des Centrafricains au sens large du mot.

 

À BOSSANGOA, d'ores et déjà la population murmure un plan de caillassage, de  lapidation du Président BOZIZÉ. Oui, ça vous semble bizarre mon propos ! Mais c'est comme ça ! Il n'est pas aimé dans la région pour deux choses, sa méchanceté et pour avoir livré la population aux BANIYA-MONLINGUÉ, hommes de BEMBA. Arrivé au pouvoir le 15 Mars 2003, BOZIZÉ ne cherche pas réparation, mais plutôt, continue à mettre la population en branle dans l'insécurité totale.

 

Il convient de vous apprendre que, dans les deux premières années du pouvoir de BOZIZÉ où il n'avait pas l'hélicoptère présidentiel, il allait en voiture à son patelin, village NGAGA, situé à une trentaine de kilomètre de BOSSANGOA, sur la route de BENZAMBÉ. Alors généralement, il faisait tout pour quitter BANGUI les après-midi en vue de traverser la ville de BOSSANGOA la nuit, pour éviter tout contact avec la population. Sur son parcours, dès qu'il s'approche de la ville,  il fait éteindre (intime l'ordre à l'ENERCA de BOSSANGOA) les lampadaires de la ville pour traverser  inaperçu et continuer sa route.

 

Trois ans plus tard, BOZIZÉ avait acheté des immeubles de l'établissement commercial MOURA & GOUVEIA à BOSSANGOA en plein centre ville, non loin du marché-central, qu'il a transformé en une résidence privée. A cette époque aussi, il avait remis en marche l'hélicoptère présidentiel qui était en panne à son arrivée au pouvoir en 2003; dorénavant les déplacements de BOZIZÉ à l'intérieur du pays se font en hélicoptère. Ainsi quant il arrive à BOSSANGOA, pose son hélicoptère dans sa cour résidentielle et n'a pas de contact avec la population sauf avec les officiels, le Maire, le Préfet et Mme la sous- Préfète, sa maîtresse (voir l'histoire du Ministre GONDA avec BOZIZÉ aux élections de 2005 à BOSSANGOA ) de compagnie. Habituellement quant BOZIZÉ quitte BOSSANGOA pour partir, ses salutations à la population consistent à faire  des tours de la ville en hélicoptère et face à l'afflux des regards de ses compatriotes émerveillés par l'hélicoptère qui tourne sur leurs têtes, BOZIZÉ balance en guise de salutations quelques billets de banque de 500 francs et de 1000 francs. Des gens se bousculent, se battent entre-eux pour rattraper les billets qui tombent du ciel, créent une lutte sans merci !!! Un jour le Préfet de la localité (je ne veux pas donner le nom ici ), après avoir accompagné BOZIZÉ à l'embarquement de son hélicoptère, avait bien voulu  lui aussi chercher à ramasser les billets. Mais malheureusement, les jeunes ramasseurs les plus rapides l'ont bousculé et il était tombé par terre, visage ensanglanté et lunettes cassées. Voilà sommairement le type de rapport que  BOZIZÉ entretient avec sa région natale.

 

 C'est ainsi que j'ai dit dans mon livre (Centrafrique, mon combat politique, vers une République à la page 134) que : « le pouvoir de BOZIZÉ est maudit d'avance et voué à la médiocrité ; cela le pousse à agir maladroitement. Tenez ! Comme preuve : de tous les Présidents centrafricains, chacun avait derrière lui un fief émanant de sa région natale comme base de soutien inconditionnel. Barthélémy BOGANDA, David DACKO et BOKASSA étaient originaires de la LOBAYE et avaient bénéficié tour à tour, du soutien inconditionnel de la LOBAYE tout entière, avant les autres régions de la RCA. Le Président  André KOLINGBA avait bénéficié du soutien inconditionnel de la BASSE-KOTTO et du M'BOMOU avant de conquérir les autres régions. Quant au Président Ange Félix PATASSÉ, il avait bénéficié du soutien inconditionnel de l'OUHAM et l'OUHAM-PENDÉ. Mais, pour le Général François BOZIZÉ, qui est ressortissant de l'OUHAM, sa propre région natale le rejette. La mal gouvernance de BOZIZÉ et de sa clique enfonce davantage la Centrafrique déjà meurtrie dans l’abîme. Face à une telle situation où BOZIZÉ lui-même est l'organisateur de sa propre réélection, est-il normal d'aller aux élections pour jeter de la poudre aux yeux de la communauté internationale et lui donner un autre mandat pour continuer à enfoncer le pays ? La situation étant ainsi, il est judicieux de mettre en place, consensuellement, une transition avec un gouvernement de concorde nationale, constitué de nouveaux acteurs politiques, qui va pacifier, unifier, et sécuriser le pays avant l'organisation de nouvelles élections libres, transparentes et démocratiques. »

 

La commission électorale de François BOZIZÉ, indépendante des opposants, qui est communément  appelée CEI (commission électorale indépendante), vient de proposer une nouvelle date des élections pour le 24 Octobre 2010. Mais avec le climat qui prévaut actuellement en Centrafrique, cette date paraît chimérique. Depuis que le supermarché (RAYAN) de BOZIZÉ a brûlé avec tous ses  faux bulletins électoraux stockés pour frauder, son avenir politique est compromis. Il ne dort plus, traque avidement les présumés incendiaires de son supermarché RAYAN, déverse sur eux son dévolu avec matraques et crosses dans sa prison Impériale à BOSSEMBÉLÉ. L'Empereur BOKASSA 1er est parti, mais son « Porteur de mallette », le Général François BOZIZÉ continue à faire voir de toutes les couleurs aux Centrafricains.

 

                                                                                 Dr Bévarrah  Lala

 

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