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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 01:04

 

 

 

 

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 En dépit des nombreuses dénonciations de la grave impréparation des élections, malgré le refus de presque tous les candidats à la présidentielle déclarés à ce jour, sauf Patassé et naturellement Bozizé, de déposer leur candidature si le scrutin est maintenu au 16 mai, rien n’indique pour l’instant que Bozizé entendra raison et décidera le report de ces élections, réclamé par presque tout le monde.

Si Bozizé s’entête, comme beaucoup dans son clan et dans son parti lui en prêtent l’intention, à maintenir le dernier calendrier qu’il a décidé par décret, il prendra sur lui la lourde responsabilité de ne pas vouloir la paix civile dans ce pays. Comment en est-on arrivé là ? Sachant que l’année 2010 est une année électorale pour les législatives et les présidentielles, le gouvernement centrafricain aurait dû prendre un minimum de dispositions matérielles et financières nécessaires pour leur préparation, en veillant au moins à la révision annuellement des listes électorales comme le prescrit la loi. Le pays disposerait aujourd’hui d’une liste électorale, ce qui est loin d’être le cas en ce moment. Le gouvernement a failli sur toute la ligne malgré la feuille de route que lui échafaudée le DPI. L’absence de listes électorales dignes de ce nom est donc au cœur de la problématique actuelle de ces élections.

Or pour rendre transparentes et crédibles les prochaines élections,  la France, les Etats-Unis,  l’Union Européenne et le Bureau Intégré des Nations Unies en RCA (BINUCA) ont mis en place un Comité de Pilotage des élections, composé des Ambassadeurs de France, des Etats-Unis, de  l’Union Européenne, et de la Représentante Spéciale du Secrétaire Général des Nations Unies. Ce Comité à mobilisé des experts internationaux et proposé au gouvernement centrafricain d’opter pour le recensement électoral intégral qu’il s’est engagé à financer en totalité. Si cette offre avait été retenue, on aurait aujourd’hui une liste électorale exhaustive et réellement représentative de l’électorat.

Pour des raisons qu’on ignore mais dont on peut se douter et qui leur sont propres, Bozizé et le vrai faux pasteur Binguimalé ont refusé l’offre gratuite de financement d’un recensement électoral proposée par la communauté internationale et ont préféré la solution consistant à aller exhumer pour les réviser, les fameuses listes électorales ayant servi en 2005 que le ministre Elie Oueifio avaient pourtant déclaré qu’elles avaient été détruites et qui étaient déjà des extrapolations du Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 2003.

Ces listes sont légitimement frappées de suspicion d’autant plus que ce même Ministre avait distribué à des chefs de village et de quartiers courant 2009 et début 2010 des cahiers pour un recensement sélectif et clandestin. Par ailleurs, la même Commission Electorale Indépendante  qui  promettait au départ de  d’achever l’ensemble du processus de révision en trois semaines, un mois, écrit dans ses documents internes qu’un délai de douze semaines, soit trois mois, était nécessaire pour finaliser l’opération de révision de ces listes. C’est donc aisé qu’on peut comprendre que le chronogramme ayant servi de base au décret convoquant les élections pour le 16 mai 2010 n’a pas de fondement technique.

D’autre part sur le plan sécuritaire, le programme de Démobilisation, Désarmement et de Réinsertion (DDR) des ex-rebelles, pour lequel la CEMAC a accordé gracieusement un financement de 8 milliards de francs Cfa à la RCA depuis avril 2009, a connu un considérable retard essentiellement par la faute de Bozizé qui a choisi, on ne sait trop pourquoi, de faire la rétention délibérée de cette enveloppe. A ce jour, huit préfectures sur les seize que compte notre pays, sont en proie à des rébellions politico-militaires. C’est une réalité incontournable.

Les ex-rebelles n’attendent que les désintéressements que le gouvernement leur a promis lors des différentes missions de sensibilisation au DDR pour se désarmer et se cantonner. Sans le désarmement et le cantonnement des ex-rebelles, les populations de ces régions ne peuvent pas librement se déplacer ni pour s’inscrire sur les listes électorales ni pour voter. De même, les candidats ne pourront librement circuler dans le pays pour battre campagne. D’où l’impérieuse nécessité de procéder d’abord aux opérations de Désarment de Démobilisation, puis à un recensement électoral digne de ce nom, avant la  convocation de l’électorat aux urnes sur des bases non contestables.

On le voit, en tout état de cause, du fait du considérable retard accumulé et de la nécessité incontournable de tenir des élections bien préparées et non bâclées, les délais seront inévitablement dépassés et les prétendues préoccupations de Bozizé de ne pas dépasser la date constitutionnelle de la fin de son mandat (11 juin) ne peuvent plus être prises en compte. Bozizé lui-même n’a rien fait pour qu’on n’en arrive pas à cette situation.

Cela dit, si Bozizé tient à réaliser un passage en force malgré le refus de presque tous les autres candidats déclarés pour la présidentielle qui sont Elois Anguimaté, Martin Ziguélé et Marie Reine Hassen, de déposer leur dossier de candidature, les Centrafricains devront donc choisir entre le candidat du KNK François Bozizé Yangouvonda et le candidat indépendant Ange-Félix Patassé qui observe curieusement, un silence assourdissant sur la question du report ou non des élections. Il était même le premier à déposer son dossier de candidature et à acquitter la caution financière exigée.

Interrogés par la rédaction sur une telle perspective de choix à effectuer le moment venu dans l’isoloir, plusieurs Centrafricains ont répondu qu’une telle situation « reviendrait à leur demander de choisir entre la peste et le choléra ». Tous ceux à qui la rédaction de Centrafrique-Presse a posé la question, ont estimé que très franchement, ils n’imaginent pas « que ce cas de figure pourrait se produire ». Certains se permettent même d’ajouter sous forme d’exclamation : «La France ne va quand même pas laisser Bozizé et Patassé seuls solliciter le suffrage des Centrafricains ! ». Pourtant, tout dépend bien de la redoutable décision que doit prendre Bozizé ces jours-ci, quant au report ou non des élections au-delà de l’expiration de son mandat. Que va faire préalablement la France qui est le véritable patron de ce pays ? Wait and see…  

La Rédaction de C.A.P

 

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