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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 05:50

 

 

 

 

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Après avoir ignoré pendant longtemps l’opposition politique à son régime à la suite de son hold-up électoral de janvier 2011, Bozizé veut sans doute tenter à présent de reprendre langue avec elle suite aux nombreuses et fortes pressions qu’il n’a cessé de subir mais le naturel, lorsqu’on le chasse revient toujours au galop. Un communiqué radio signé de David Gbanga, DG de Radio Centrafrique et lu à l’antenne de cette nationale par un journaliste ce lundi 14 mai, a invité tout le corps diplomatique accrédité à Bangui, les partis politiques de l’opposition, la société civile etc…à prendre part à une réunion avec le président Bozizé ce mardi 15 mai 2012 à compter de 10 h 30 (heure de Bangui).

Parallèlement à ce communiqué radio, le protocole d’Etat s’est également employé ce lundi 14 mai à contacter par téléphone certains leaders de partis politiques de l’opposition dont entre autres Joseph Bendounga du MDREC, pour les inviter à participer à partir de 10 h 30 ce mardi 15 mai à une réunion présidée par le président François Bozizé dans la salle de cinéma de la présidence de la République.

Sans préjuger de ce que compte dire Bozizé lors de cette rencontre, on ne peut s’empêcher de deviner que cette initiative bozizéenne doit sans doute avoir un lien ou être « l’effet Idriss Déby », conséquence de la récente visite à Bangui du président tchadien car on voit mal Bozizé, si imbu de sa personne et convaincu d’être sur le droit chemin, prendre une telle initiative de convoquer une rencontre avec son opposition politique en présence du corps diplomatique.

Le souvenir de ce genre de rencontre remonte à la période pré-électorale de l’année 2010, du temps où Bozizé avec son complice et homme de main, le vrai faux pasteur Joseph Binguimalé préparaient leur hold-up électoral. On se souviendra de comment lors d’une ces réunions au palais de la Renaissance, Bozizé avait ordonné à sa garde d’expulser de la salle Joseph Bendounga et de le passer à tabac. On a ainsi retrouvé quelques minutes après le président du MDREC tout ensanglanté, malmené avec brutalité dans la cour du palais et obligé d’aller subir des soins dans une clinique médicale du centre-ville.  

Ce scandale n’a donné lieu à aucune protestation des participants à la rencontre avec Bozizé. C’est le lendemain que les leaders de l’opposition s’étaient rendus en groupe au domicile de la victime pour le visiter. Les ambassadeurs et autres diplomates présents lors de la décision de Bozizé d’expulser de la salle Bendounga n’ont point élevé la moindre protestation ni sur le moment ni même après avoir été informés que le président du MDREC avait été sauvagement tabassé et blessé par les éléments de la garde présidentielle.

D’après nos informations émanant d’une source proche de l’opposition, une délégation de celle-ci dirigée par le président Louis Pierre Gamba du RDC devrait se rendre au palais ce mardi non pas tellement pour participer à la rencontre que pour signifier à Bozizé que désormais, les leaders de l’opposition exigent d’être informés au moins 48 heures avant ce genre de rencontre avec lui et surtout de prendre connaissance d’un ordre du jour précis et en outre de connaître préalablement la qualité des personnes ou entités invitées à participer à la rencontre.

Bozizé doit en effet cesser avec son mépris des leaders de l’opposition qu’il a l’habitude d’insulter à longueur de discours publics. Il doit d’autant plus rompre avec ses méthodes de démagogie consistant à faire semblant de dialoguer avec l’opposition politique, pratique visiblement destinées à faire illusion à l’étranger qu’il est actuellement dans l’impasse et dos au mur. Il a conduit le pays dans le fossé avec cette politique de l’autruche et de roublardise. Il a volé les élections et s’entête à demeurer au pouvoir sans une vraie légitimité. Il a tout fait pour que l’opposition ne soit point représentée à l’assemblée nationale. On voit les conséquences de cette fâcheuse situation qui lui est reprochée partout dans le monde où son régime est montré du doigt et condamné y compris par ses anciens soutiens. Il fait la honte partout où on apprend que l’assemblée nationale de la RCA est actuellement monocolore et non démocratique. Elle est essentiellement composée par ses enfants, ses femmes, ses frères et soeurs, neveux et nièces, bref sa famille et les gens de son parti.

En outre, il cherche à faire procéder par cette chambre parlementaire à la modification de la constitution afin de briguer indéfiniment le fauteuil président alors qu’il est en plein exercice de son ultime mandat. Ce projet de modification constitutionnelle est franchement diabolique et porteur de lourdes menaces sur la paix dans le pays.  A la faveur d’un toilettage du code électoral, il veut faire sauter le verrou constitutionnel sur le nombre de mandat du président de la République. C’est inadmissible !

 Rédaction C.A.P   

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique