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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 03:42

 

 

Sylvain-Ndoutingai

 

 

Le samedi 11 décembre dernier, le tristement célèbre argentier de Bozizé et non moins ministre d’Etat chargé des mines, de l’Energie et de l’Hydraulique, l’indéboulonnable Sylvain Ndoutingaï,  a eu le culot de tenir un point de presse à Bangui pour annoncer fièrement urbi et orbi que « la bataille judiciaire engagée entre le gouvernement centrafricain et la société américaine RSM Production Corporation de jack Grynberg venait de connaître un dénouement heureux suite au verdict rendu le 7 décembre 2010 par le CIRDI et que désormais la République Centrafricaine venait de recouvrer sa pleine souveraineté et la libre disposition sur la zone pétrolière dans le Nord du pays ».

Dans nos commentaires suite à cette audacieuse annonce de l’imprudent Ndoutingaï et sans même présager de la réaction du patron de RSM Production Corporation Jack Grynberg, nous avions fait part du doute qui était le nôtre quant à la véracité des allégations du ministre d’Etat et directeur de campagne de Bozizé quant à l’interprétation du jugement qui venait d’être rendu par le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) dans cet arbitrage relativement délicat.

Eh bien, cela n’a pas loupé. La réaction de Jack Grynberg n’a pas tardé à tomber à son tour mais contrairement aux allégations fantaisistes de Ndoutingaï,  non seulement c’est RSM RSM Production Corporation qui a gagné devant le CIRDI dans le jugement prononcé le 7 décembre dernier mais ayant obtenu ainsi gain de cause, Jack Grynberg et sa société ont un délai de 45 jours pour chiffrer sa réclamation.

Le litige qui opposait le pétrolier américain à la clique de Bozizé et Ndoutingaï portait sur l'exécution du contrat de recherche et d'exploitation du permis A situé dans le nord de la RCA. C’est en effet du temps de l’ex-président Patassé que celui-ci avait été signé mais avait été suspendu et dénoncé par le « libérateur en chef » Bozizé dès son arrivée au pouvoir pour des raisons purement arbitraires qui en réalité, ne tiennent pas vraiment la route.

A bien lire le texte du jugement rendu le 7 décembre dernier par les juges Philippe Merle et Brigitte Stern, il est clairement dit que non seulement « la demande du pétrolier texan était fondée » mais aussi que le Cirdi n'avait relevé "aucune faute à la charge de RSM, ni aucun préjudice qu'elle aurait causé à l'Etat centrafricain". Par contre, les juges du CIRDI ont estimé que « le régime en place à Bangui n'avait pas rempli ses obligations durant la période de suspension du contrat (article 28.8 du contrat) ». C’est franchement à se demander si Ndoutingaï sait lire et comprendre des documents écrits non pas dans la langue de Shakespeare mais pourtant bien dans celle de Molière !

Il y a lieu de rappeler que lors de l’audience du 7 décembre en question, Bozizé et Ndoutingaï pour ne pas dire l’Etat centrafricain, étaient défendus par les avocats Me Emile Bizon et Me Jacques Vergès. Grynberg lui, était représenté parle directeur juridique de RSM, Roger A. Jakto, et a été défendu par Philippe Auzas (cabinet Grand, Auzas & Associés).

Ce verdict tombe d’autant plus mal pour Bozizé et Ndoutingaï que le jeudi 16 décembre 2010, doit s’ouvrir à Bangui suite à une plainte de Bozizé et du même Ndoutingaï contre le même Jack Grynberg pour  "diffamation, chantage et escroquerie". Dans la citation à comparaître adressée à l’homme d’affaires de Denver au Colorado (Etats-Unis), il est reproché d’avoir "user de ses relations personnelles avec les autorités de son pays et les hauts responsables des institutions financières internationales (FMI, Banque mondiale…) pour faire bloquer tous les financements de ces institutions au profit de la Centrafrique au cas où les autorités de ce pays lui refuseraient la prolongation de son contrat d’exploitation des hydrocarbures".

Selon nos informations, l’américain Jack Grynberg a confié sa défense à Me Assingambi Zarambaud    du Barreau de Bangui.

 

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