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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 02:08

 

 

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Il se passe en effet des choses pas du tout catholiques au CNLS de Bangui. La mauvaise gestion de Mme Hyacinthe Wodobodé, Coordinatrice du Comité nationale de lutte contre le Sida est clairement et directement en cause. C’est brave dame qui a étudié le droit du travail en Belgique n’a ni le profil ni la moralité pour être à la tête de cet organisme dont le rôle doit être déterminant dans la lutte qu’il faut mener sans pitié contre cette pandémie et sa propagation en Centrafrique. C’est à la suite de magouilles tribalo-politiciennes KNK et des  actions conjuguées du ministre de la santé d’alors Bernard Lala et Mme Marie Madeleine Nkouet Dg du programme de lutte contre le Sida dudit ministère, qu’elle s’est retrouvée comme par enchantement coordinatrice du CNLS alors qu’il ne manque pas des profils plus qualifiés pour exercer cette fonction. Elle a remplacé le magistrat Jean Willibyro Sako nommé ambassadeur à Paris, premier à avoir essuyé les plâtres à ce poste.

Depuis 2009, le Fonds Mondial pour la lutte contre le Sida a octroyé une enveloppe de 40 millions US dollars sur 5 ans à la RCA. C’est beaucoup d’argent et cette manne ne peut donc qu’aiguiser l’appétit de certaines personnes dans un pays où la probité des dirigeants et gestionnaires des fonds publics ne court pas la rue.

Selon une source proche du dossier, c’est donc après ses contrôles périodiques que le Local Fund Agency, structure de supervision de la gestion des fonds octroyés par le Fonds Mondial, a dans un rapport, levé le lièvre de la gestion scabreuse de Mme Wodobodé. Opacité, problème de recrutement du personnel, cas de sa propre fille et de Mme Isabelle Gaudeuille, ancienne directrice de cabinet à la primature sous Elie Doté, recrutée sans respect de la procédure au pôle fiduciaire du CNLS, ce recrutement a été remis en cause ; attribution de divers marchés sans respect des procédures (gré à gré) et bien d’autres graves anomalies autour de la distribution des ARV. Immédiatement, le Fonds Mondial a suspendu son financement pendant quasiment cinq mois entraînant le non paiement des fournisseurs des ARV, le non paiement des sous bénéficiaires comme le ministère de la santé, l’Unité de Cession des Médicaments, etc…

Face à ce blocus financier, le JURTA (Joint Unit Regional Team on AIDS) s’est rendu au chevet de la RCA en dépêchant une mission technique et politique pour tenter de dénouer la situation. Cette instance a préconisé un renforcement du système fiduciaire et du CNLS dans sa double mission de gestion du Fonds et de coordination de la lutte contre le Sida. Même l’Inspection Général d’Etat a dû envoyer une mission de contrôle au CNLS. C’est dire ! Le Fonds Mondial exige donc, avant de reprendre ses décaissements, la présence à Bangui d’un expert en gestion financière.  

Selon nos informations, lorsqu’elle fut ministre de la justice garde des Sceaux, Mme Wodobodé s’était fortement battue pour l’incrustation des armoiries nationale aux côtés de l’effigie de Bozizé. De même, en guise de renvoi d’ascenseur, elle s’est aussi proposée de doter généreusement le KNK d’un siège sur le dos du CNLS. Tant que cette dame sera à la tête du CNLS, les sidéens centrafricains auront du souci à se faire quant à leur approvisionnement régulier en ARV. Le CNLS se portera aussi mieux lorsque le Conseil de Coordination du Fonds Mondial, interface entre le gouvernement et le Fonds Mondial sera mieux structuré avec des gens d’envergure et conscients de leurs responsabilités.

 Rédaction C.A.P

 

 

République centrafricaine : la pandémie du sida fait des ravages

Par Carine Frenk (RFI) mercredi 12 mai 2010

http://www.rfi.fr/radiofr/podcast/Podcast_REPORT_AFRIQ.xml

 C’est un véritable drame pour les malades du sida en Centrafrique où la pandémie fait des ravages. Dénonçant l’absence de transparence dans la gestion de l’aide, le fonds mondial de lutte contre le Sida a temporairement suspendu ses financements à la Centrafrique en novembre dernier, provoquant une rupture de stock des antirétroviraux, les ARV, entre février et mars. Aujourd’hui, la prise en charge des malades a repris mais les médicaments manquent encore. Cette affaire pourrait causer la mort de plusieurs milliers de malades.

Manipulation comptable, opacité dans la gestion des commandes et des stocks, mise en place de centres fictifs de distribution des médicaments, revente massive sur des marchés parallèles des médicaments censés être distribués gratuitement, voilà pourquoi selon une source proche des bailleurs, le Fonds Mondial de lutte contre le Sida, a suspendu en novembre dernier son aide à la Centrafrique. Plus d’argent donc plus de commande d’antirétroviraux. L’interruption des traitements a été quasi totale entre février et mars.

Hyacinthe Wodobodé, Coordinatrice du Comité nationale de lutte contre le Sida : Ces accusations n’étaient  pas entièrement fondées. Il y a eu des cas de malversation, de mauvaise utilisation de ces produits, mais malheureusement la mesure du gel des décaissements était un peu extrême par rapport à ce qu’il fallait, c’est que je regrette mais bon, c’est passé nous avons une feuille de route pour nous aider à sortir de l’œil du cyclone, ça va nettement mieux.

Sur les quarante mille malades dépistés en Centrafrique, quinze mille sont pris en charge. De l’avis d’un médecin, pour eux, les conséquences seront dramatiques. En effet quand on interrompt le traitement le virus mute.  Il faut donc passer des ARV de première génération à ceux de deuxième génération bien plus coûteux. Or seuls des ARV de première génération sont arrivés depuis le mois de mars à Bangui.

Gilbert Grémalé, Président de l’Association « Vivre et laisser vivre » craint le pire. « Nous vivons maintenant grâce à ce médicament et la rupture a une conséquence très grave sur la maladie selon les dires des médecins. Il faut avoir des résistances de maladies ça veut dire que notre état de santé va encore beaucoup plus se dégrader, vous connaissez la conséquence, nous allons tomber malade et il y a aura beaucoup des cas de décès.

Le Fonds mondial a repris ses financements mais nouveau problème, le mois dernier le CNLS n’a pas renouvelé  ses commandes d’ARV. Conséquence : il risque une nouvelle rupture d’ARV dès la fin du mois de juillet.

 

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