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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 01:36

 

 

asnaRCA

 

 

Une des conséquences inattendues de la pauvreté et de la misère que vivent aujourd’hui les  Centrafricains, résultant de la gouvernance Bozizé est le véritable engouement que suscite désormais la fonction de député de la Nation. Il est clair qu’en se faisant élire député quelque part, on est assuré de toucher pendant au moins cinq ans sans discontinuité, un salaire particulièrement enviable, environ plus ou moins un million de F CFA sans compter diverses indemnités parlementaires et certains autres avantages non négligeables, pour peu qu’on exerce cumulativement des responsabilités dans les structures de l’assemblée nationale.

Tout cela fait du député centrafricain aujourd’hui, un personnage qui bien souvent, gagne plus qu’un ministre et présente même sur celui-ci l’avantage de ne pas avoir un avenir incertain puisque le ministre par essence est tributaire des remaniements gouvernementaux où un terme peut facilement  être mis à ses fonctions. Pour toutes ces raisons, beaucoup de Centrafricains ont ainsi compris la nécessité de tout faire pour tenter leur chance afin de figurer parmi les 105 lauréats de la future assemblée en briguant le siège de député dans certaines circonscriptions électorales, généralement dans un des huit arrondissements de Bangui où ils habitent ou dans les localités de leurs régions natales.

Mais s’engager dans une compétition électorale en général, et aux élections législatives en particulier est une véritable course d’obstacles qu’il n’est pas toujours donné au premier venu de gagner surtout lorsque les candidats sont pour la plupart issus des rangs des retraités, des cadres moyens, des chômeurs ou autres laisser pour compte du système. En principe, lorsqu’on est militant d’un parti politique, une première étape à franchir consiste déjà à obtenir l’investiture du parti car ce faisant, on n’a plus à payer de sa poche les 100.000 F CFA de caution de la candidature ainsi qu’on bénéficie d’une certaine contribution financière aux frais de campagne et du label et de l’appareil du parti pour battre campagne, ce qui peut représenter un atout décisif pour la victoire finale.

C’est donc en désespoir de cause que certains candidats à qui l’investiture du parti est refusée décident de se jeter néanmoins à l’eau comme candidats dit « indépendants » au grand dam de leurs partis politiques. Il est quelques fois arrivé que des candidats indépendants aient fait mordre la poussière à ceux choisis par le parti politique. Se pose alors la question de l’appartenance au groupe parlementaire de celui qui a été élu qui peut ainsi se faire désirer ou même courtiser. Très souvent, c’est dans ce terreau que la majorité consolide ses arrières par l’organisation de la transhumance de ces élus indépendants non-inscrits nulle part et qui agissent en électron libre, parfois à leur corps défendant lorsqu’ils sont entraînés dans des impasses politiques, contre les intérêts de leurs électeurs.

Dans le paysage politique actuel, le KNK de Bozizé doit sans doute détenir le palmarès de l’anarchie et apparaît manifestement comme le parti politique qui, du fait qu’aucun de ses dirigeants n’a été élu par la base à l’issue de son prétendu congrès constitutif, souffre d’une indiscipline caractérisée et un désordre indescriptible générée essentiellement par diverses luttes de clans que pilotent allègrement certains ministres dignitaires zélés du pouvoir tels que Sylvain Ndoutingaï, Aurélien Simplice Zingas, Thierry Maléyombo, Fidèle Ngouandjika, pour ne citer que ceux-là.

Plusieurs militants du KNK qui espéraient se faire adouber par celui-ci et qui ont reçu une fin de non-recevoir pour d’obscures et inavouables raisons, ont décidé de voler de leurs propres ailes. Le cas le plus ubuesque est celui du général d’opérette Ouandé qui s’est aligné dans le 8ème arrondissement de Bangui comme soi-disant « candidat indépendant KNK » contre un autre candidat déjà estampillé du label de ce parti. La foire d’empoigne entre ce ministre à la fois « intérimaire », se disant proche de Bozizé qui dénonce à longueur de journée son ancien collègue ministre Elie Ouéfio, lui-même secrétaire général du parti KNK illustre parfaitement cette aberration. On y perd franchement son latin et bien malin sera celui qui prédira l’issue!

Au FPP, le parti du défunt Professeur Abel Goumba, la situation n’est guère meilleure. Les querelles byzantines de succession du célèbre Pr entre son rejeton Alexandre Goumba et Moïse Kotayé qui rongeaient déjà ce parti bien avant la disparition de « maboko a vourou », ont laissé un arrière-goût tellement amère que certains membres du FPP préfèrent aller à la compétition électorale en leur propre nom. En ce qui concerne le MLPC, c’est Patassé qui, en raison de sa radiation de ce parti, a cru devoir non seulement s’aligner dans la course pour la présidentielle et les législatives comme « candidat indépendant », mais investir et parrainer plusieurs patassistes débauchés des rangs du MLPC aux législatives également comme « candidats indépendants ». Le Parti Social Démocrate (PSD) et le Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC) ne sont pas en reste.

Il résultera inévitablement de ce trop-plein de candidatures indépendantes un joyeux désordre qui ne manquera pas de peser sur le paysage et l’équilibre politiques de la future chambre parlementaire. Avec les dispositions de la loi sur les partis politiques, si elles étaient appliquées, ceux qui ne seront pas en mesure de réunir un minimum de cinq (5) députés seront appelés à disparaître purement et simplement de l’échiquier. C’est donc une véritable épée de Damoclès qui pend sur la tête de toutes les formations politiques et qui rend également plus âpre encore la compétition des législatives. Malheureusement les partis intéressés ne semblent pas en prendre conscience. Quel dommage !     

 Rédaction C.A.P

 

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