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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 04:03

 

 

 

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Dans les interviews creux et mensongers que Bozizé a récemment accordées aussi bien à Radio France Internationale depuis Addis-Abeba en marge du sommet des chefs d’Etat de l’Union Africaine que dans l’hebdomadaire Jeune Afrique, Bozizé, comme à son habitude,  s’est contenté de répondre aux questions sur Jean-Jacques Demafouth par des pirouettes tendant à montrer qu’il n’était pour rien dans son arrestation et sa détention qui se prolonge et que c’était la justice qui l’avait, selon son expression, « mis à la touche ».

Poussé dans ses derniers retranchements et notamment à la question de savoir pourquoi depuis son arrestation Demafouth n’a toujours pas été présenté à un juge, Bozizé a fait le zouave en en rejetant la responsabilité sur les magistrats et les avocats, les « hommes de droit » d’après ses termes. Dans quel pays au monde, un ministre convoque un citoyen dans son bureau pour le faire arrêter ? Or c’était précisément le cas de Demafouth. Firmin Findiro est en même temps ministre, procureur de la République, communicant du régime en tant que porte-parole du gouvernement. Cela fait un peu beaucoup pour un seul bonhomme et c’est inadmissible.  

On en parle pas assez mais en même temps que Demafouth, un député, en l’occurrence celui de Birao 2, proche de Zakaria Damane, patron du mouvement politico-militaire UFDR, Herbert Gontran Djono Ahaba  a été aussi non seulement arrêté en violation de l’article 89 alinéa 3 de la loi portant règlement intérieur de l’assemblée nationale qui dispose que : « hors session, aucun député ne peut être poursuivi ou arrêté qu’avec l’autorisation du bureau de l’assemblée nationale », mais tout aussi grave, celui-ci a été déporté à la garnison de Bossembélé dite « Guantanamo ».

Malgré la condamnation de cette situation par ses collègues députés du groupe des indépendants qui ont exigé immédiatement sa mise en liberté tout en rencontrant aussi en délégation l’ineffable premier ministre Faustin Touadéra, le député de Birao 2 croupit toujours en détention à Bossembélé. Quelle justification donne Bozizé à ce cas manifeste d’arbitraire ? Même les juges coutumiers dans les villages de Centrafrique sont plus avisés sur les questions de justice que Bozizé.

La conception totalement personnelle, dictatoriale et médiévale de Bozizé de concevoir le fonctionnement de la justice et les affaires judiciaires dans un pays est aux antipodes de celle qui devrait prévaloir de nos jours dans un pays moderne dont le régime prétend vouloir asseoir un état de droit.  En s’attachant les pseudos « conseils juridiques » de son parent qu’il a bombardé ministre de la justice, Firmin Findiro, demi-dieu aux diplômes truqués, Bozizé est en train de semer la haine et le vent de la division parmi les Centrafricains.

Comment expliquer qu’en dépit de la décision de la chambre d’accusation de la cour d’appel de libérer Mme Balemby épouse de l’ex-bâtonnier Symphorien Balemby et toutes les personnes arbitrairement arrêtées avec elle dans l’affaire de l’incendie du supermarché RAYAN qui ont été déportées à Bossembélé puis ramenées dans les prisons de la capitale, continuent de croupir toujours en détention plus d’un an après le début de cette drôle d’affaire !

Devenu ministre de la justice, le complexé Findiro a nommé à la chancellerie les magistrats plus gradés que lui afin d’en faire ses subordonnés et leur faire comprendre que c’est lui leur chef en fin de compte parce qu’il est maintenant ministre. Ceux à qui il ne pouvait rien imposer lorsqu’il fut procureur de la République, tant au Tribunal de grande instance de Bangui qu’à la cour d’appel,  ont connu des mutations-sanctions au profit de ceux qui lui obéissent au doigt et à l’œil et satisfaisant à ses quatre volonté. C’est le cas du juge qui vient de condamner lourdement le journaliste Ferdinand Samba à qui Ndoutingaï tenait tant à faire la peau. Avec ce régime, la justice est uniquement au service du pouvoir de Bozizé, de  Findiro et Ndoutingaï.

C’est donc une justice à géométrie variable pour, tantôt étouffer des affaires dérangeantes pour le pouvoir (par exemple Findiro est en train d’enterrer les scandaleuses affaires dans lesquelles Fidèle Gouandjika et Thierry Maléyombo ont été inculpés puisque Bozizé est impliqué et embarrassé également),  ou en monter d’autres en épingle selon les intérêts des dignitaires du régime ou pour régler des comptes.

Rédaction C.A.P  

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique