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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 01:02

 

 

 

Bozizé l'air hagard

 

 

C’est avec beaucoup d’amertume et de consternation que nous suivons de loin ce qui se passe en ce moment dans la capitale de notre pays, Bangui, contre les parents, amis et connaissances. Récemment sur les ondes de la Radio France International (RFI), le soit disant porte-parole de la majorité présidentielle, Cyriaque Gonda a déclaré qu’il n’y a aucune chasse aux sorcières contre qui que ce soit ni les musulmans dans la ville de Bangui.  Contrairement aux élucubrations de ce sinistre personnage, le régime en place a bien déclenché une véritable chasse aux sorcières et procédé à l’élimination physique contre les membres des communautés Goula, Rounga, Youlou, Kara, Sara et Haoussa. Il s’agit principalement des ressortissants de la Vakaga, du Bamingui-Bangoran et de la Haute-Kotto, régions situées dans le nord-est de la Centrafrique et qui sont pour la plupart d’obédience musulmane. La vie de ces paisibles citoyens vivant à Bangui et ses environs est mise en mal depuis que François Bozizé lors de son meeting du 27 décembre 2012 a ordonné à ses militants et sympathisants de s’armer de coupe-coupe, flèches et couteaux ainsi que de fusils et d’entrer dans les concessions lui capturer tous ceux qui sont alliés aux rebelles de la Séléka.

 

Cette razzia à la Rwandaise inspirée et organisée par Bozizé et les thuriféraires de son régime dont Levy Yakité, Guénébeme et autres est un fait réel que les propos mensongers et irresponsables de Gonda ne peuvent démentir. Cela se déroule malheureusement sous l’oeil complice de la fameuse force d’interposition de la CEEAC et des représentantes du secrétaire général des Nations Unies et de l’Union Africaine qui se trouvent sur place. En effet, depuis le déclenchement des hostilités par la coalition rebelle de Séléka, le régime sanguinaire de Bozizé qui a déjà endeuillé tant de familles dans la Vakaga, Haute-Kotto et surtout le Bamingui- Bangora dont la situation est qualifiée de 2eme catastrophe humanitaire après la Somalie par le secrétaire général adjoint des nations unies, plusieurs personnes y compris des femmes et enfants voire des familles entières ont fait l’objet d’ enlèvement, de disparition et d’arrestation par les éléments de la garde présidentielle ou des miliciens du KNK, le parti de Bozizé. Les SOS lancés ces derniers temps par des mamans, épouses et parents à travers les medias et auprès des certaines organisations comme le BINUCA (Bureau des Nations Unies en Centrafrique) dans l’espoir de retrouver les leurs enlevés ou déportées vers des endroits inconnus sont restés lettres mortes.

 

De même, les dénonciations de cette traque et appels à la protection des personnes ainsi qu’au respect des droits de l’homme faits à Bozizé et son gouvernement par le Département d’Etat Américain, la société civile centrafricaine et l’union européenne semblent tomber dans les oreilles d’un sourd. Bien au contraire, fort du soutien militaire que lui ont apporté ses pairs de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC), notamment le tchadien Idriss DEBY qui gère et contrôle la RCA depuis près de 10 ans, le gabonais Ali Bongo, le congolais Sassou Nguesso, le camerounais Paul Biya et même Joseph Kabila de la RD Congo qui est incapable de venir à bout des rebelles du M23, Bozizé se voit plus déterminé à mener sa croisade contre cette population musulmane originaire du Nord-est du fait de leur affiliation avec certaines figures de la rébellion Séléka. 

 

Pour apporter la preuve de nos propos, voici les noms de certaines personnes qui ont fait les frais de la chasse à l’homme de Bozizé. Bien évidemment, il ne s’agit que d’une liste restreinte au regard de l’effectif des cas enregistrés.  

 

Gotran Djono AHABA, ancien Ministre et Député de Birao, porté disparu.

Joseph KHALITE, Ministre arrêté avec toute sa famille et relâché plusieurs jours après, sans doute à cause de ses ennuis de santé.

Dieudonné KOUDOUFARA Ramadane, Député de Ouadda- Djallé.

Sidick Younous, ancien Député du MLPC, résidant dans le 5eme arrondissement.

Aladji Oumar GARBA, homme d’affaire et ancien membre du Conseil Economique et Regional, et toute sa famille (femmes et enfants).

Ziber Garba, homme d’affaire (Frère cadet de Oumar Garba) résidant au quartier Miskine.

Bidine GOUVELA, élément des forces armées centrafricaines (FACA).

Miskine Georges ATIM, élément FACA.

SENDE Elian, Gendarme.

Aroun Come, responsable au centre de dépistage volontaire du VIH/SIDA.

RAKHAS Soumaine, militaire.

Akoutou RAKHAS, élève (22 ans) enlevé et disparu.

Danie RAKHAS, élève (18 ans) enlevée et disparue.

Affis DJIDOU, élève (20 ans) enlevé et disparu.

SAM- DJOUDOU Djeme, élève.  

 

Beaucoup des cadres tant du secteur public que privé et des jeunes originaires des régions précitées vivent dans la cachette. Par ailleurs, les fouilles des domiciles et séquestrations opérées par les éléments de la garde présidentielle et autres milices de Bozizé s’intensifient. C’est ainsi que l’imam de la mosquée de Miskine Adam BEREME, père du Général Nouredine Adam de la CPJP, bien que grabataire a failli être embarqué par les soldats de la garde présidentielle le samedi dernier après avoir une fouille de fond à comble de sa maison. Malgré son état, ces soldats reviendront le lendemain pour lui tendre une convocation à se présenter à la SERD. Les parents du Général DHAFFANE Moussa eux, ont dû fuir leur domicile sise rue MODOU (5eme arrondissement) que certains militants du KNK ont menacé de brûler.

 

L’entière responsabilité de cette triste situation incombe à François Bozizé et son mentor le président tchadien Idriss Deby grâce auquel “Il est encore là pour s’adresser a l’occasion du nouvel an à la nation”. Que Bozizé et Deby sachent que si après le bombardement de Birao en 2006 par l’armée française, l’incendie des nombreux villages dans la région de Bamingui Bangoran et le massacre des villageois à Soukoumba (Ndélé) pendant qu’ils inhumaient un des leurs par le célèbre lieutenant tchadien Abdoulaye de la garde prétorienne de Bozizé, personne ne leur a demandé des comptes jusque-là, cette fois-ci, le sang des victimes des événements en cours et à venir, en guise de représailles par rapport au conflit actuel avec la rébellion de Séléka  ne restera pas impuni. Les cadres et intellectuels des communautés visées ne resteront plus les bras croisés. Nous sommes prêts à intenter des actions auprès des organisations de défense des droits de l’homme mais aussi de poursuivre devant les juridictions internationales les auteurs de tout ce qui adviendra à nos frères et soeurs.

 

Moussa Oual- kaouchi

 

Montpelier (France)

 

 

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