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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 03:16

 

 

 

 Godfroy Gondjé

 La ville de Bria située à l’Est de la République centrafricaine est devenue depuis quelques jours un véritable centre des hostilités militaires et des  violences ethniques.

Avant d’établir notre diagnostic dans cette analyse de violence militaire et ethnique dans la localité de Bria, notre expertise aura comme  repère de départ la grande interrogation qui porte sur  « qu’est ce qu’on appelle  mission  régalienne de  l’Etat » ?  

Traditionnellement la mission régalienne de l’Etat consiste à défendre les institutions républicaines. Mais la  poursuite de cette mission complexe par l’Etat lui concède  les prérogatives de la puissance publique qui lui accordent sans doute la grande possibilité d’agir en toutes circonstances  comme étant  le véritable  premier  garant de la protection des biens et des personnes sur l’ensemble d’un territoire.  

En dépit  de  cette reconnaissance  institutionnelle,  de ce pouvoir  au regard  des autorités  politiques  en République Centrafricaine, force est d’établir  qu’en ce moment  la  ville  de  Bria en  (République Centrafricaine) traverse une situation  « de menace contre la paix et de véritable transformation d’un Etat dans l’Etat ».

 Après des bilans attestant  plusieurs morts de nos concitoyens suite à cette violence militaire et ethnique où les principaux acteurs sont issus des mouvements rebelles  la  CPJP et L’UFDR, pourtant signataires des accords de paix  avec le gouvernement Centrafricain et dont la majorité est composée de  membres ethniques rivales  Rounga et Goula , semblent  par démonstration de force,  ériger en  ce moment  la ville de Bria à un Etat dans l’Etat.

 Tout le problème actuellement  est de savoir si  la pauvre population civile  doit continuer de payer le prix de la défaillance régalienne ? Ou par principe d’inefficacité de l’Etat de  résoudre  ce  conflit, cela  servira  comme  argument   aux   principaux mouvements  rebelles d’introduire  une  demande auprès de l’ONU dans le but  d’obtenir  l’indépendance de Bria comme 194 Etats du système des Nations Unies?

Sans plus tarder nous devons justement faire apparaître de cette analyse  la cause principale de cette crise qui s’attache fermement  aux contrôles des trafics des diamants  par les groupes rebelles.  Quand bien même le diamant est un bien  propre à l’Etat Centrafricain, principale source de son économie, cela n’empêche pas les  principaux mouvements rebelles de se battre afin de  déposséder l’Etat de son patrimoine national ; un tel agissement  ne confirme  t-il pas la vision  d’une  instauration d’un Etat dans l’Etat ?

En revanche, il a été donné de constater depuis une certaine décennie en République Centrafricaine, que l’explosion  du phénomène  de  la culture des armes et la prolifération des groupes de  mouvements rebelles semblent être la voie  la plus sûre d’enrichissement sans cause et  de conquête  de  pouvoir de l’Etat. 

Devant des nouvelles règles de la démocratie des armes instituées en République  Centrafricaine devons nous toujours  continuer à dire  que la démocratie dans  notre pays est un facteur de développement ? Ou  c’est une source de la criminalité économique et meurtrière de nos compatriotes ?         

Poussant davantage notre analyse au sujet de cette crise, face à l’attitude de démission du gouvernement dans ce conflit, on est conduit à  s’interroger pour savoir  comment l’Etat Centrafricain dans cette circonstance,  peut rester indifférent de la situation qui plonge la ville de Bria dans une situation  humanitaire si préoccupante sans  prendre des mesures  nécessaires jusqu’ à ce que ce soit  l’ONU qui  lance un appel au cessez le feu à l’égard des partis antagonistes ?

Le manque d’initiative  et  surtout  le silence gardé par  nos autorités politiques  dans  ce conflit  atteste une  fois de plus ,  la confirmation d’irresponsabilité de l’Etat en termes de la  mauvaise politique de défense de nos collectivités territoriales.  Au delà de nos forces de défense qui ne contrôlent absolument pas la situation militaire dans cette localité, le Conseil de la médiation, qui est une institution d’apaisement ne peut-t-elle pas  mettre une feuille de route  de dialogue  entre les belligérants afin d’éviter les assassinats de nos compatriotes?  

 Notre expertise affirme avoir établir la responsabilité quelque part  de nos forces d’opposition qui la plus part du temps ne s’attachent qu’a des jeux, des calculs politiciens portant exclusivement sur certaines considérations.  Raison pour laquelle par rapport à la situation d’alerte que  connait actuellement la ville de Bria, je me permettrais de m’’interroger : «   l’opposition centrafricaine n’existe-t-elle que pour la soif de pouvoir sans être utile à la population en détresse » ?           

 Pour pallier et résoudre de façon urgente cette violence militaire et ethnique qui  bouleverse la paix  et la stabilité au niveau de la région de l’Est du pays  je suggère :

-       Une table ronde d’urgence entre le gouvernement et les principaux  mouvements rebelles.

 

-       L’implication des institutions internationales  comme le BINUCA  et autres sans épargner les chefs coutumiers des deux ethnies rivales dans le processus des négociations.

 

-        Contenir les combattants et mettre surtout en pratique le processus de désarmement et de la démobilisation.

 

-        Enfin la création d’une école territoriale en enseignement civique.

 Pour conclure,  une réflexion importante est à  faire concernant cette crise chacun d’entre nous  peut se permettre  s’interroger si la violence militaire  et ethnique aujourd’hui à Bria est l’œuvre de la marginalisation des deux ethnies à la gestion de pouvoir public ou c’est une véritable recherche de fonds de commerce par les deux principaux  mouvements rebelles?

       

Godfroy- Luther  GONDJE- DJANAYANG

Expert en Gestion des crises politico- militaires.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion