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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 00:43

 

 

 

fric en CFA

 

 

Selon des informations recoupées et dignes de foi, la dernière et récente mission effectuée à Bangui par le Fonds Monétaire International (FMI), de sérieux dérapages financiers qui s’élèvent à 49 milliards de F CFA (75 millions d’euros environs) qui correspondraient à des sorties de fonds du trésor sans justification plausible ont été mises à jour. Cette grave hémorragie aurait été en partie reconnue par les autorités de Bangui comme découlant des frais inhérents à la tenue des dernières élections qui ont abouti au hold-up de qui l’on sait. Un diplomate d’une chancellerie occidentale de la place ayant requis l’anonymat qui s'est adressé à notre source a parlé lui, de "sorties de fonds du Trésor sans justificatifs" qui seraient de  l’ordre de 58 milliards de F CFA (88,5 millions d’euros environs). Toujours selon notre source, le diplomate occidental aurait averti que « les conséquences seront graves pour le pays ».  

Quoi d’étonnant à cela lorsqu’on enregistre semaine après semaine, mois après mois les livraisons à Bangui d’importants quantités d’armes de guerre achetées par Bozizé en provenance d’Afrique du Sud, de Chine et d’Ukraine et on ne sait encore d’où, par conteneurs entiers en fret cargo ou par route en convois venant de Douala. D’où provient tout l’argent qui permet tous ces achats d’armes ? On a maintenant la réponse à cette question. Il s’agit bel et bien des sorties intempestives d’argent du Trésor public national. On peut aussi expliquer ainsi la recrudescence actuelle de mendicité de Bozizé auprès de certains chefs d’Etat.

Il est évident que les armes de guerre, cela coûte cher. Pour qu’un pays comme la RCA se permette d’en faire l’acquisition à tour de bras comme le fait Bozizé, il faut avoir un portefeuille solide et bien garni. On a récemment appris l’achat d’hélicoptères ukrainiens après un long séjour parisien controversé de son fils Francis à cet effet. On comprend aussi pourquoi Bozizé a toujours tenu à être lui-même ordonnateur et payeur des dépenses publiques de l’Etat. Comme nulle part au monde, c’est lui qui préside personnellement les comités de trésorerie et autorise ou non le paiement des moindres dépenses. Si le FMI constate à présent des trous injustifiés dans les caisses du trésor, c’est à Bozizé qu’il faut naturellement demander les comptes et de produire les justificatifs.

Un an avant le déroulement des dernières élections en Centrafrique en novembre 2010, le FMI avait fait virer une cagnotte de 26 milliards de F CFA via la BEAC au trésor national. Cette manne a rendu fou Bozizé qui avec le ministre des finances Albert Besse, a essentiellement utilisé cet argent pour acheter la conscience des Centrafricains ainsi qu’à acquérir à Dubaï et au garage CFAO à Bangui, une grosse quantité de véhicules tout terrain destinés à faire sa campagne électorale et celle de son parti le KNK. A présent le réveil est brutal avec la découverte de l’étendue des dégâts. Centrafrique-Presse avait dénoncé à l’époque cette folie et ce grotesque détournement de fonds publics pendant que le FMI encensait les autorités de Bangui et leurs prétendus efforts d’assainissement des finances publics tout en leur délivrant d’incompréhensibles satisfécits.

 On ne peut que légitimement s’interroger sur la part de responsabilité qui incombe au FMI dans cette situation quant à son attitude de complaisante avec un pouvoir dont la mauvaise gouvernance et le sens aigu de prédation crèvent les yeux et devraient inciter à davantage de fermeté à son égard. Comment peut-on décemment continuer à déverser des fonds sur un tel régime et chercher à conclure des programmes avec lui ! L’Union Européenne qui a mis plusieurs millions d’euros dans le financement des élections en Centrafrique croyant contribuer au renforcement de la démocratie et de l’Etat de droit dans ce pays s’est aperçue tardivement que son argent a plutôt permis la réélection d’un dictateur sanguinaire et s’en mord à présent les doigts.

 

Si les importantes sorties de fonds du trésor par le pouvoir de Bozizé sont injustifiées, en revanche, les récentes manifestations des Centrafricains pour exiger un minimum d’amélioration dans leurs conditions d’existence le sont amplement. Depuis que Bozizé a prétendu avoir remporté les dernières élections présidentielles, on enregistre et on assiste à l’expression quasi systématique du sentiment de révolte des Centrafricains qui n’hésitent plus et n’attendent pas les mots d’ordre des partis politiques de l’opposition pour descendre dans la rue et dresser des barricades ou brûler des pneus dans les rues pour exprimer leur profond mécontentement vis-à-vis des autorités du pays et leur mauvaise gouvernance.

On l’a déjà noté avec la marche à Bangui des médecins et aussi des habitants de la ville d’Obo pour protester contre l’assassinat du médecin-chef de cette ville par les bandits criminels de la LRA. On l’a vu aussi après la découverte au quartier Kina des corps de deux garçons tués par un musulman tchadien puis peu après à Bouar contre les incessants crimes commis par les éléments de la garde présidentielle.  Ensuite, les délestages chroniques dans la fourniture du courant électrique et de l’eau potable ont aussi donné lieu à de graves incidents dans la capitale courant juin dernier. Hier encore, de graves inondations suite à des pluies torrentielles ont détruit plusieurs maisons d’habitation dans certains quartiers de Bangui et ont également donné lieu à des manifestations de colère dans les rues. Cette expression populaire de colère vise évidemment le pouvoir et est une donnée nouvelle majeure qui traduit indiscutablement le frachissement d'une nouvelle étape dans la prise  de conscience des Centrafricains dont il faut naturellement se féliciter et se réjouir.  

 

Rédaction C.A.P   

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Centrafrique-Presse.com - dans Economie