Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 01:06

 

 


francois-bozize-photo-non-datee

 

 

La conclusion le mercredi 8 novembre 2011 d’un accord entre les syndicats des régies financières et le ministère d’Etat aux finances pour d’une part –cesser leur grève – et d’autre part – payer leurs quotes-parts aux ayant droits – a constitué l’épilogue d’un rapport de force où le ministère a tout à perdre.

 

Si cette grève a suffi à elle seule à préoccuper plus d’un Centrafricain, les propos du ministre d’Etat aux finances, eux, ont transformé cette préoccupation en inquiétudes pour les observateurs avertis, quant à la façon dont l’Etat entend désormais assumer les charges financières d’ici à la promulgation et exécution du budget 2012 dont il n’est pas inutile de rappeler qu’il a dépassé d’un mois déjà la date constitutionnelle de son dépôt sur le bureau de l’Assemblée Nationale.

 

Revenant aux propos du ministre d’Etat, il a notamment avoué sur les ondes de radio KNK pour ne pas dire Radio Centrafrique, que « la situation de la trésorerie de l’Etat est très grave d’autant que celui-ci ne bénéficie d’aucune aide budgétaire de quelque bailleur que ce soit ». Il ne peut en être autrement, eu égard à la mal gouvernance et au stupéfiant siphonage des caisses du trésor. Voir les tableaux des dépenses sous forme d’OP de 2010 que C.A.P a commencé à publier depuis quelques semaines

 

Dans ces conditions, il est tout de même surprenant que le pouvoir de Bangui puisse de se gargariser de payer à terme échu, les salaires, pensions et bourses et que surtout il ne traîne aucun arriéré de salaires, point faible des régimes successifs centrafricains qui a servi de prétexte au coup d’Etat de Bozizé.

 

A la lumière de ces propos du fameux ministre d’Etat, on est fondé à s’interroger sur la question de savoir à quelle gymnastique il se livre à chaque fin de mois pour payer ces salaires et surtout combien cela coûte à l’Etat. Or il n’est un secret pour personne que ces paiements de salaires ne sont rendus possibles que grâce aux avances de trésorerie complaisantes ou forcées du pool bancaire – au taux plus fort c’est-à-dire entre 13 et 18% - le plus souvent sans rapport avec les capacités réelles de l’Etat à générer des ressources pour les rembourser.

 

Il importe de rappeler que bien que les caractères sanguinaire, brutal, antidémocratique et prédateur, sont les signes distinctifs du régime de Bozizé. C’est paradoxalement ce régime qui a, plus que tous ceux qui l’ont précédé, bénéficié de l’appui financier massif de la communauté internationale. Toute cette manne financière qui a donné l’impression aux gouvernants de la Centrafrique d’être intarissable, a le plus souvent – pour ne pas dire systématiquement – pris une autre destination que celle prévue par les donateurs, soit sous forme de commissions, soit sous celle de malversations à travers des entreprises écrans de BTP ou sous-traitant de télécoms et autres.

 

Les nombreux édifices et villas qui sortent de terre dans tous les quartiers de Bangui et les 4x4 climatisés ou bolides de luxe qui roulent à tombeau ouvert sur les artères défoncées de la capitale, sont les signes apparents de ces malversations dont Bozizé avait pourtant osé déclarer haut et fort que c’en était fini et que la récréation était terminée. Tous les lascars impliqués dans les différents scandales politico-financiers et dont quelques-uns ont mêmes été inculpés par la justice, continuent non seulement de se pavaner dans la ville forts de l’appui et de la protection que Bozizé leur apporte, mais surtout de garder leurs fonctions, comme si de rien n’était.


La diversification des activités commerciales d’ex ou actuels membres du gouvernement dans le secteur de leur portefeuille ministériel respectif, met en évidence d’évidents conflits d’intérêt, délit majeur de la lutte contre la corruption et la bonne gouvernance. Et pourtant, ces personnalités ne sont inquiétées le moins du monde et n’éprouvent aucune nécessité à rendre leur tablier.

 

Nonobstant cet appui financier massif et l’atteinte dans des conditions suspectes du point d’achèvement de la fameuse Initiative pour les Pays Pauvres Très Endettés (PPTE), la situation financière de la Centrafrique ne s’est guère améliorée contrairement à certaines allégations et élucubrations de certains griots du régime moribond.

 

L’exécution des dépenses hors budget, la mise de côté purement et simplement de la loi des finances, les détournements répétés et massifs des fonds du trésor national, l’impunité garantie à leurs auteurs – pour autant qu’ils fassent partie du sérail et/ou du clan – la distribution à la volée de l’argent à travers la portière de sa voiture par Bozizé en personne, son épouse ou son fils, sont de nature à renvoyer aux calendes grecques le rêve de l’assainissement des finances publiques. Il s'est autoproclamé grand gestionnaire des finances publiques, président en personne les réunions du comité de trésorerie, ordonnant lui seul les dépenses à effectuer, donc si aujourd'hui les caisses sont vides qui doit s'en expliquer si ce n'est lui même ?

 

En matière de gestion des finances publiques, tous les signaux qu’envoie le gouvernement centrafricain sont scandaleux et révoltants et auraient dû emmener la communauté financière internationale à être sinon pingre, du moins regardante, exigeante et rigoureuse vis-à-vis de ce gouvernement follement dépensier. Or, elle laisse la nette impression que plus le gouvernement centrafricain fait n’importe quoi, plus elle lui en donne.

Pourquoi alors dans ces conditions, voudrait-elle que les règles de bonne gouvernance qui prévalent dans d’autres pays le soient également en Centrafrique ? Ici se trouve l’explication de la misère et du mal développement de la Centrafrique. La conséquence de tout cela reste la souffrance du peuple centrafricain dont l’irresponsabilité des gouvernants et leur insensibilité à sa douleur le condamne, malgré tout à le saigner encore et toujours.

 

Exemples de dépenses hors budget

 

- Achat d’un Hercules C130 en mauvais état et qui ne sert plus à rien avec un équipage coûteusement entretenu sur les fonds du trésor. Cette épave est régulièrement ramenée au Portugal pour maintenance et réparation. Elle s’y trouve d’ailleurs actuellement.

 

- Achats inconsidérés d’armes et munitions de guerre en Chine, Afrique du Sud, Ukraine, Russie et Tchéquie ; voir le scandaleux dossier d’achat de 12 hélicoptères de guerre russes avec l’Israélien Ari Ben Menashe que vient de révéler le journal canadien National Post du 12 novembre 2011 relayé par C.A.P et C.P.I;

 

- Sorties massives d’argent du Trésor au motif du « maintien de la sécurité » alors que tout montre que c’est un vrai prétexte de détournement en réalité;

 

- Achat d’intrants et leur acheminement à Bangui par avion sous prétexte de la relance de la filière coton dont Bozizé est en fait l’actionnaire majoritaire ;

 

- Achat de cinq bétaillères pour plus de 500 millions de FCFA pour le convoyage de bœufs du marché à bétail vers l’abattoir ;

 

- Sorties massives d’argent du Trésor pour le renouvellement du parc auto de la présidence et l’achat des motos (BMW) de l’escorte du Président, du Président de l’Assemblée Nationale et du Premier Ministre ;

 

- Sorties massives d’argent du Trésor pour le financement non prévu de nombreux matches de l’équipe nationale de football, de basket-ball et de quelques autres disciplines sportives.

 

Rédaction C.A.P

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans Economie