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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 01:47




 

Le 13 novembre dernier, jour où devait se tenir le congrès de son nouveau parti KNK à Mbaiki, le président Bozizé a accordé une interview sur les antennes de Radio France Internationale (RFI). Dans ses réponses faites aux pertinentes questions du journaliste Christophe Boisbouvier, François Bozizé a donné son avis sur les soucis et préoccupations de l’heure de l’opinion publique et notamment de l’opposition démocratique nationale au sujet de la tenue des élections, du calendrier de ces élections et leur préparation, du recensement du corps électoral, de la réalisation du programme DDR, etc…Le moins qu’on puisse dire est que le général Bozizé a clairement affiché sa volonté de truquer les listes électorales.

D’où l’importance et l’impérieuse nécessité pour les Centrafricains, l’opposition politique et également la communauté internationale, de se mobiliser pour mettre en échec ses manœuvres machiavéliques pour tenter de réussir son hold-up électoral. A la question de Christophe Boisbouvier qui affirme que « Le problème est que le recensement des électeurs n’est pas terminé, Bozizé répond : Oui, mais le recensement n’est pas aussi compliqué, nous l’avons fait en 2005 très rapidement en l’espace d’un mois, un mois et demi c’est tout. Pourvu que les moyens soient mis en place. A l’évidence, totalement en décalage avec la réalité du terrain, Bozizé sous-estime complètement l’ampleur de la tâche de recensement préalable à l’établissement du corps électoral, ce qui est d’une singulière gravité et cache mal le pot aux roses des listes parallèles résultant du recensement occulte réalisé par le Ministre Elie Ouéfio et dénoncé en son temps par Martin Ziguélé.

En vérité, le recensement des électeurs lui paraît une opération aussi simple à effectuer parce que son parent Elie Ouéfio qu’il a placé exprès après le DPI comme ministre de l’Administration du Territoire - qu’il vient encore de désigner Secrétaire Général de son parti KNK et qui était déjà Secrétaire Général de leur association tribalo-régionaliste de Bossangoa « SODEBOS » - s’était déjà chargé depuis des lustres, de faire effectuer clandestinement un recensement électoral totalement illégal et officieux pour les besoins de leurs dispositif de fraude.

Lors d'une tournée qu’il a effectuée en juillet 2009 dans les préfectures de l'Ouham-Pendé et la Nana-Mambéré, Martin Ziguélé avait lui-même constaté de visu que sur instruction du Ministre de l'Administration territoriale, ce Elie Ouéfio, les chefs de villages et les maires, sous l'autorité des sous-préfets et les préfets,  inscrivaient des citoyens  dans des cahiers dans le cadre d'un recensement électoral dont personne n'avait entendu parler par ailleurs. Il s'agissait d'une opération destinée à faire établir un fichier électoral parallèle. Dès son retour à Bangui, Martin Ziguélé avait dénoncé cette situation au cours d’une conférence de presse et le Ministre Elie Ouéfio avait cru devoir démentir les propos de Ziguélé en soutenant qu'il n'avait jamais remis des cahiers aux chefs de village ni aux maires mais son démenti n’avait convaincu personne.  

En avril dernier ce même Ministre Ouéfio a tenu une conférence de presse pour dire que les listes électorales ayant servi aux élections de 2005 ont été détruites à 100% et les urnes à 75%. Si François Bozizé sous-estime tant aujourd'hui  le recensement et l’actualisation des listes électorales affirmant que cela prendrait un mois tout au plus un mois ou un mois et demi, cela signifie que contrairement aux affirmations de son ministre Ouéfio, soit ces listes électorales de 2005 censées avoir été détruites à 100 % existent bel et bien, soit les listes actualisables ne peuvent être que celles qui ont été établies secrètement par Ouéfio et dénoncées en son temps par Martin Ziguélé.

Selon nos informations, ces listes clandestines ont déjà fait l'objet de saisie informatique et mises à la disposition de l’actuelle CEI dont, faut-il le rappeler, le président et certains membres sont manifestement des hommes de main de Bozizé.

On peut parfaitement comprendre qu’ayant pris conscience de toutes ces manœuvres qui cachent mal la volonté de fraude électorale de Bozizé et sa clique, l’UFVN ait choisi de publier l’Aide Mémoire ci-dessous qui cerne bien les enjeux et réaffirme les positions de cette coalition de partis de l’opposition démocratique nationale. Si dès le mois de décembre prochain la CEI ne démarre pas les travaux de recensement préalable à la confection des listes électorales fiables, il est illusoire de prétendre tenir des élections crédibles dans les délais.


Rédaction C.A.P
 

UNION DES FORCES VIVES DE LA NATION POUR

LE RENOUVEAU  DEMOCRATIQUE (U.F.V.N)



Aide Mémoire



A l’attention de la Mission des Nations Unies en séjour à Bangui République Centrafricaine.

Le mardi 03 Novembre 2009, de 10 h 15 à 11 h 15, au siège du BONUCA, une délégation de l'Union des Forces Vives de la Nation (UFVN), a rencontré une mission des Nations Unies, conduite par M. Amadou Maiga, Représentant Résidant du PNUD à Bangui.

La mission a terminé son intervention en posant trois questions suivantes:

1 °) Au regard des textes existants êtes-vous dans te délai des élections ?

2°) Quels sont les problèmes ?

3°) Quelles sont les difficultés de la CEI ?

L'UFVN a pris à son tour la parole pour faire état de l'évolution du processus électoral. Le constat suivant a été fait à la mission.

- Le processus électorat est au ralenti et nous sommes aujourd'hui en deçà des délais consacrés par la Constitution et le code électoral.

- La Commission Electorale l’Indépendante, créée depuis déjà un mois, n'est pas opérationnelle.

Elle ne dispose d'aucun local pour se réunir.

- Le fichier électoral, qui a servi aux élections de 2005, est inexistant. D'après le Ministre de l'Administration du Territoire et de la Décentralisation, principal partenaire du processus électoral, les listes électorales sont inexistantes, et les urnes sont détruites au 3/4.

- Le recensement électoral n’est pas fait.

- Le programme DDR a pris de sérieux retard alors que les 8 milliards dégagés par la CEMAC pour ce programme n’est pas mis à la disposition du Comité de Pilotage. Par conséquent les rebelles gardent encore par devers eux leurs armes.

- Alors que le Dialogue Politique Inclusif (DPI) avait prescrit au gouvernement une feuille de route ou recommandations en matière des élections municipales, législatives et présidentielle, celui-ci s’est mis délibérément au travers de cette feuille de route.

- Au Heu que le gouvernement rende la CEI opérationnelle, il a choisi d'instrumentaliser l'Assemblée Nationale qui vient d'initier un projet de proposition de loi portant prorogation du mandat du président et de celui des députés. Le projet en discussion actuellement au niveau de l'Assemblée Nationale, est anti­constitutionnel.

- L’UFVN a dénoncé ce projet, car la Constitution, s dans son art 108 interdit la révision du mandat du ­président.

 La mission a repris la parole pour poser des questions d'éclaircissement suivantes:

1°)  Le DDR est-il une conditionnalité pour l'UFVN ?

2) Le Recensement électoral est-il une conditionnalité ?  

3) L'implication de la Communauté Internationale, est- elle une conditionnalité ?  

4) Si les réponses à ces questions sont affirmatives, quel arrangement pourriez-vous faire pour rattraper le temps perdu, notamment en ce qui concerne le recensement électoral ? A titre d'exemple, si l'on vous proposait des listes manuelles comme en 2005, accepteriez-vous d’aller ?

5) Si dans le DDR, les deux D sont réalisés, accepteriez-vous d’aller aux élections sans la réalisation du R ?

Compte tenu de l'importance de ces questions, l'UFVN a préféré se référer à un expert en recensement électoral qui se mettra à la disposition de la Commission Electorale indépendante.

L’Union des Forces Vives de la Nation (UFVN) réunie ce jour samedi 07 Novembre 2009 de 10 h à 13 h au siège du Rassemblement Démocratique Centrafricain

(RDC) en séance extraordinaire, apporte des réponses suivantes aux questions posées par la mission, et qui constituent pour l'UFVN des conditionnalités :

1) En ce qui concerne le processus électoral dans son ensemble

- Il doit se dérouler dans le strict respect de la Constitution, du code électoral et des recommandations du Dialogue Politique Inclusif. Le Dialogue Politique Inclusif, instance de consensus, avait prévu l'organisation des élections dans l'ordre suivant:

- les municipales

- les législatives et la Présidentielle

- Vu l’article 18 du code électorat fixant la date de la CEI à 91 jours avant le processus;

- Vu l’article 63 et 196 du code électoral fixant la date du scrutin à 91 jours avant le terme du mandat du président et des députés.

- Vu l'article 242 du code électoral qui fixe la date de la convocation du corps électoral à 91 jours pour les élections municipales ;

- Vu l’article 24 de la Constitution qui fixe la durée du mandat du Président de la République et qui fixe à 90 jours avant la fin du mandat du Président les élections du nouveau Président ;

- Vu l'article 108, 2 de la Constitution qui exclue la prorogation du mandat du Président.  

L’UFVN pense qu’en faisant le calcul suivant :

 90 jours de la mise en place de la CEI

90 jours avant l'expiration du mandat du Président et de la législature.

90 jours avant l’élection municipale.

Cela fait 270 jours francs (environ 9 mois, or nous n’avons que six mois d'ici la fin du mandat du Président).

2) En ce concerne le recensement électoral

Si en 2005, en raison des destructions massives opérées dans le pays par la rébellion dirigée par le général Bozizé, il a été admis d’organiser les élections sur la base des listes électorales manuelles. cette solution ne doit pas s'appliquer aux élections de 2010. L'UFVN exige donc que les élections de 2010 se fassent sur la base d’un recensement électoral minutieusement fait par la Commission Electorale Indépendante. Ce recensement électoral doit tenir compte des populations exilées dans les pays voisins ainsi que les déplacés internes dont l’UFVN exige le retour immédiat dans leurs villages respectifs avant le début des  élections. Cette liste électorale doit être informatisée, comme cela se fait dans tous les pays modernes équipés d'ordinateurs.     

 3) En ce qui concerne le DDR           

 Pour l'UFVN, la réalisation entière du programme DDR est une condition non négociable pour la tenue des élections de 2010. Il exige que les 8 milliards dégagés par la CEMAC à cet effet soient mis à la disposition du Comité de pilotage pour commencer immédiatement le programme DDR.

4) En ce qui concerne le projet de proposition de Loi portant prorogation du mandat du Président de la République. L’UFVN dénonce avec la dernière énergie le projet machiavélique de proposition de loi portant prorogation du mandat du Président de la République actuellement en discussion à l’Assemblée Nationale. Seule la CEI est compétente pour se prononcer et faire des propositions te moment venu si le vide institutionnel venait à être constaté.

Telles sont les conditions préalables exigées par 1’UFVN pour que les élections de 2010 se déroulent dans la transparence pour une démocratie apaisée.

Fait à Bangui, le 07 Novembre 2009

Le Coordonnateur

Maitre Henri Pouzère

 

 

 

 

 

 

 

 

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