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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 15:31

 

 

MaZig

 

 

Nous reprenons ici de notre confrère le quotidien Le Confident de Bangui, une importante interview que lui a  accordée Martin Ziguélé Président du MLPC, celui que Bozizé redoute le plus sur l'échiquie  politique centrafricain à l'heure actuelle. Il remet les pendules à l'heure concernant plusieurs sujets qui agitent les Centrafricains et le paysage politique national et surtout, après les actes arbitraires et dictatoriaux  récemment posés par François Bozizé (refus de se soumettre à l'arrêt du Conseil d'Etat sur le découpage électoral, refus de publier le rapport de l'audit sur la gestion de la CEI par le vrai faux pasteur Binguimalé, etc...), qui a multiplié les déclarations et propos de nature à retarder encore sinon à enliser le processus électoral tout en rejetant la responsabilité sur les autres. Après les menaces de l'opposition de se retirer du processus électoral si l'incompétent et corrompu président de la CEI, Joseph Binguimalé ne démissionne pas, cette interview de Martin Ziguélé recadre indiscutablement les choses et place plus que jamais Bozizé devant ses responsabilités. 

 

Rédaction C.A.P   

 

 

INTERVIEW : MARTIN ZIGUELE BRISE LE SILENCE


(Le Confident 05/11/2010)

Le président du Mouvement de Libération du peuple centrafricain (MLPC), malgré l’avalanche des critiques acerbes dont il est victime a gardé le silence. Aujourd’hui, il sort de sa réserve et se confie en exclusivité à notre Journal.


Le Confident : Le gouvernement vous accuse de chercher à boycotter les élections du 23 janvier 2011. Curieusement, vous n’avez pas daigné répondre à ces accusations. Pourquoi ce silence ?

Martin Ziguélé : J’ai déjà dit à plusieurs reprises que mon souhait le plus ardent c’est que soit le ministre Gouandjika, soit l’un de ses patrons, provoque un débat à la Radio Centrafrique ou à la Télévision Centrafricaine pour permettre d’expliquer directement aux Centrafricains que tout ce qu’ils disent est complètement faux. Je le dis et je le répète.

J’ai été investi par le MLPC le 19 juin 2009 au cours d’un congrès extraordinaire comme candidat à l’élection présidentielle. J’ai accepté d’être candidat et le n’ai pas changé d’avis. Maintenant, nous nous battons tous les jours et le MLPC et les partis membres du Collectif des Forces du Changement pour que ces élections soient équitables et crédibles. Que ce soit le ministre Gouandjika, que ce soit ses mandants qui s’emploient à dévoyer le processus électoral, nous ne baisserons jamais les bras quoi qu’ils en disent, quoi qu’ils en pensent et quoi qu’ils racontent, devant cette tentative de manipulation.

Avez-vous fait une demande de droit de réponse à la radio nationale pour répondre à vos détracteurs ?

Mais c’est depuis 2007, que je suis régulièrement vilipendé sur les ondes nationales. Non seulement j’ai écrit à l’époque au ministre d’Etat en charge de la Communication, mais j’ai écrit aussi au Haut Conseil de la Communication et je me suis déplacé physiquement au Haut Conseil de la Communication pour demander l’application de la loi, c’est à dire que lorsque vous êtres accusé qu’on vous permettre de parler et de répondre à l’accusation. Cela ne m’a jamais été accepté. Alors, de quoi ont-ils peur ? Ils accusent et ils refusent à la personne qu’ils accusent de répondre. Je pense que les Centrafricains ne sont pas dupes. Les Centrafricains ont très bien compris que la bataille que l’opposition mène est une bataille pour la transparence du processus électoral. Vous ne m’avez jamais entendu demander quoi que ce soit à ce régime. Je me bats dans mon parti, dans l’opposition pour que les Centrafricains aient le droit de s’exprimer librement pendant ces élections et de choisir librement et de manière équitable leurs dirigeants. Apparemment, c’est ce que le ministre Gouandjika et compagnie me reprochent. Mais ils doivent faire l’effort de comprendre que nous sommes dans un pays qui aspire à devenir une démocratie, qui aspire à devenir un Etat de Droit et la règle veut que la loi soit respectée.

 
M. Martin Ziguelé et le MLPC sont-ils prêts à aller aux élections ?

Nous nous préparons à ces élections depuis le 12 juin 2005. C’est pour cela qu’au moment où je vous parle, dans chaque préfecture de la RCA, nous avons une direction fédérale de campagne. Dans chaque pays à l’extérieur de la RCA où le MLPC a une fédération, nous avons une direction fédérale de campagne. Dans chaque sous-préfecture de la République Centrafricaine au moment où je vous parle, nous avons une direction sous-fédérale de campagne. Dans chaque circonscription, parce que nous avons des candidats dans toutes les circonscriptions, (du moins selon le découpage du Conseil d’Etat), nous avons une direction locale de campagne. Tous ces militants, toutes ces militantes et toutes ces structures sont à l’œuvre pour que nous puissions renvoyer le régime actuel en dehors du périmètre du pouvoir, démocratiquement. Et c’est pour cela que nous nous battons pour que ces élections soient démocratiques.

Lorsque vous regardez les choses, pourquoi on nous empêche de travailler sur le terrain ?

Pourquoi on m’empêche d’aller en province ? Alors que le Secrétaire général du parti au pouvoir sillonne la RCA dans tous les sens, utilise la radio, la télévision non seulement pas contre moi, mais également contre le ministre intérimaire de l’Administration du Territoire, qui est son ami du parti. (En tous cas, ils sont tous du même régime et donc c’est la confusion totale). Moi je demande une chose et ma demande est permanente et récurrente. Nous voulons un processus électoral transparent, crédible et conforme aux dispositions du Code Electoral, qui je le rappelle, est une loi présentée par ce gouvernement à l’Assemblée nationale et votée par la majorité au pouvoir, donc il faut qu’ils respectent au moins leur propre œuvre.

Le dernier communiqué de presse du Collectif des Forces du Changement réclamant la démission du président et du rapporteur général de la CEI a semé une confusion dans les esprits ?

 La confusion n’est qu’apparente. Vous vous souvenez que c’est depuis le 13 janvier 2010, que le Collectif des Forces du Changement posé le problème Binguimalé et globalement du fonctionnement de la CEI. Nous avons suspendu la participation de nos représentants au sein de cette structure et il a fallu qu’il y ait des discussions politiques sous l’égide de Mgr Paulin Pomodimo pour qu’un accord politique soit signé le 13 février 2010. Que dit cet accord ? Le travail devrait se renforcer de manière consensuelle au sein de la CEI, parce que nous reprochions au pasteur Binguimalé de travailler en solitaire. Devant les graves manquements en matière de gestion financière et de gestion administrative, tout simplement qu’il y ait un audit fonctionnel et un audit financier de la CEI. Et nous sommes allés plus loin, nous étions d’accord que cela soit par une institution indépendante de l’Etat. L’audit a été fait. Les résultats sont entre les mains du Président de la République. Vous l’avez entendu comme moi. Il dit qu’il faut qu’il examine d’abord l’audit et que ce n’est pas une urgence. Alors pourquoi on a fait l’audit. Pourquoi ne publie-t-on pas les résultats de l’audit ?

Notre opinion est que l’audit est considéré comme une arme pour tenir le président de la CEI, afin qu’il accomplisse les quatre volontés du pouvoir, en aidant le pouvoir dans sa démarche à torpiller le processus et à le rendre inéquitable. C’est comme si c’est une Epée de Damoclès sur la tête du pasteur Binguimalé. Nous avons bien compris la manœuvre. C’est pour ça que nous avons dit, pour que toute l’opinion centrafricaine comprenne ce qui se passe réellement, nous demandons la démission du président de la CEI et nous nous réservons le droit, si cette condition n’est pas remplie de tirer les conséquences politiques de cette prise de position.

Quelles seraient ces conséquences politiques ?

Les conséquences politiques, c’est que nous poserons le problème de l’iniquité du fonctionnement de la CEI, du caractère inhabituel du fonctionnement de la CEI. Il y a déjà eu des commissions électorales dans ce pays. Il n’y a jamais eu autant de problèmes de leadership de la CEI. La CEI marche mal. Le chef de l’Etat lui-même l’a dit le 19 Octobre au Palais de la Renaissance. Il taxé la CEI d’incompétence et de gloutonnerie, ce sont ses propres termes. Vous ne pouvez pas en tant que Chef d’Etat, qualifier un processus électoral, donc un processus politique sensible à une équipe que vous taxez d’incompétence et de gloutonnerie, vous refusez de publier l’audit de contrôle gestion et en plus vous dites, on va les laisser travailler comme ça. Il y a quelque chose, qui ne marche pas !

Les leaders de l’opposition ont-ils abordé très franchement la question de la candidature unique ?

Au sein de l’Union des Forces Vives de la Nations et au sein du Collectif des Forces du Changement, nous sommes conscients de l’attente du peuple centrafricain qui veut que l’opposition ait un seul candidat. J’ai déjà eu à expliquer que je préfère qu’on parle plutôt de stratégie unitaire que de candidature unique. Lorsqu’on parle de candidature unique on rétrécie la question de candidature d’un individu à la Présidentielle.

Mais moi je parle de stratégie unitaire parce que non seulement il faut que l’opposition gagne l’élection présidentielle mais il faut qu’elle gagne aussi les législatives.

Parce que derrière tout cela, il y a des réformes importantes à faire dans ce pays d’abord pour restaurer l’autorité de l’Etat, en négociant franchement avec les différents mouvements de rebellions et à ramener définitivement la paix, pour permettre à l’Etat d’exercer son autorité sur tout le pays, parce que si cette condition première n’est remplie, il n’y a pas de développement. A mon avis on va pouvoir pour développer son pays, pour que chaque centrafricain sente qu’il y a une amélioration dans son niveau de vie, dans son standard quotidien de vie. Si vous voulez, chacun voit moins à sa porte et c’est le jour où les centrafricain verront les bénéfices concrètes du développement qu’ils croiront à l’amélioration de la gouvernance. Ce n’est pas la théorie, c’est la pratique. Vous ne pouvez prétendre développer un pays, lorsque vous ne gouvernez pas l’ensemble du pays et qu’il y a des bandes armées nationales comme étrangères qui font la loi dans le pays ? C’est une situation de démission objective, c’est une situation inacceptable. Je ne comprends pas qu’on veuille nous comparer à l’Afghanistan. Je ne comprends pas qu’on veuille nous comparer à l’Est de la République Démocratique du Congo. Pourquoi on est au pouvoir ? C’est pour assurer à chaque Centrafricain là où il vit, la paix, la sécurité et le développement si on n’est pas capable de le faire, on en tire les conclusions politiques.

 
On ne peut pas à la fois échouer sur le plan de la restauration de l’autorité de l’Etat, échouer sur le plan de relance de l’économie au niveau de la majorité de la population et puis se permettre de pervertir un processus électoral et crier « urbi et orbi » que les responsables sont tous ceux qui ne sont pas au pouvoir.

La réaction de l’opposition par rapport à la démission de Me Crépin Mboli-Goumba de la CEI tarde à venir ?

 La réaction ne tarde pas à venir. Nous sommes neuf (9) partis dans le Collectif des Forces du Changement. Nous avons âprement discuté de cette question et je pense que notre démarche est la bonne. Nous attirons l’attention de qui de droit que nous exigeons la démission du président de la CEI. Si cela n’est pas fait, vous verrez vous-même la suite.

Propos recueillis par Dinawade Mokambo Junior


Jeudi 4 Novembre 2010

© Copyright Le Confident

 

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