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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 13:32

 

 

F Bozizé Yangouvonda

 

 

« Six personnes ont été tuées et plusieurs ont été blessées lors d’une attaque samedi 3 avril des bandits de la LRA à environs 40 km de Rafaï sur l’axe Bangassou – Rafaï. C’est même le ministre de l’Administration du territoire qui aurait ramené certains blessés à l’hôpital de Bangassou. » C’est ce qu’a confié au téléphone à notre rédaction, un habitant de Bangassou sous couvert d’anonymat. « Des renforts de soldats Faca ont été envoyés ces jours-ci depuis Bangui. Ils sont passés par ici mais ils ont continué directement sur Obo. Nous sommes abandonnés à nous-mêmes ici à Bangassou », a ajouté notre interlocuteur.

Au même moment, plusieurs habitants de la ville que notre rédaction a pu joindre au téléphone dimanche 4 avril, font état de ce que la ville de Ndélé chef lieu de la Préfecture du Bamingui-Bangoran serait en train de se vider de sa population. « Les rebelles sont à une trentaine de km de Ndélé et vont certainement revenir » a déclaré un habitant joint par la rédaction de Centrafrique-Presse.

En un week-end, voilà deux situations fâcheuses et dramatiques de l’actualité nationale de Centrafrique qui interpellent tout un chacun car venant mettre le doigt sur le caractère totalement dérisoire et irréaliste de ceux qui, comme Bozizé et Binguimalé, croient que les élections pourraient parfaitement se dérouler dans les délais constitutionnels restants. Le pouvoir de Bozizé est pleinement responsable de la situation actuelle.

Malgré les pertinentes recommandations du Dialogue Politique Inclusif qui a pratiquement défini la feuille de route du gouvernement qui devait être formé à l’issue de ses travaux, Bozizé n’a jamais voulu mettre en application ce qui a été arrêté par consensus. Alors que tout le pays attendait la nomination d’un premier ministre dans les rangs de l’opposition afin de conduire un gouvernement d’apaisement en vue de préparer la tenue d’élections crédibles, il reconduit ineffable et lisse Faustin Touadéra qui n’avait plus de légitimité ainsi que la plupart de ses anciens et incompétents ministres tant décriés car impopulaires, complétés par quelques individus insignifiants débauchés ça et là pour donner l’impression d’un changement.

Le résultat de cet incompréhensible refus politique et ces errements est le considérable retard qui a été pris sur l’essentiel qui devait être la mise en œuvre des processus d’apaisement et de sécurisation du pays ainsi que des opérations indispensables à la bonne tenue des élections. Presque rien de significatif dans les mesures et principales recommandations du DPI n’a été mise en œuvre concrètement. Bozizé et son gouvernement ont passé leur temps à tourner en rond, voire à prendre même souvent le contre-pied de ce qui a été préconisé. A présent, le réveil est dur. Que Bozizé se retrouve maintenant à craindre et redouter la période de vide constitutionnel que pourrait vivre le pays à l’expiration de son mandat, il ne le doit et ne peut en vouloir qu’à lui-même.

Il s’est emparé du pactole des huit milliards de F CFA octroyé par les autres pays de la CEMAC pour financer le programme DDR afin d’accompagner le succès des travaux du DPI, sous le fallacieux prétexte que cet argent allait susciter beaucoup de convoitise. Les conséquences de sa décision ne se sont pas fait attendre et se sont immédiatement traduites par un grave retard dans le processus de désarmement et démobilisation des ex-combattants des divers mouvements de rébellion qui ont remis toutes leurs barrières routières pour reprendre à racketter la population ainsi prise en otage. C’est en partie ce retard qu’on paie actuellement. 

Alors que le DPI a fortement recommandé une politique d’apaisement et de sécurisation du pays, Bozizé se fait plutôt plus belliqueux que jamais. On est sans nouvelles jusqu’ici du chef rebelle, Hassan Ousman du MNSP alors qu’il vivait au camp Mpoko de la FOMUC et le pouvoir observe un mutisme assourdissant sur son sort. Il se fait livrer et le fait torturer atrocement jusqu’à ce que mort s’en suive Charles Massi.

Son épouse qui se rend à Bangui pour s’enquérir de sa situation est remise manu militari dans l’avion. Les inadmissibles et indécents propos que Bozizé a publiquement tenus pour justifier sa décision sont indignes d’un être humain qui se dit chef d’Etat. Minée psychologiquement par le triste sort fait à son mari, Mme Denise Neris Massi finit par craquer et décède à son tour.

C’est sur ce bilan sanglant et très peu reluisant que Bozizé compte pour solliciter le suffrage de ses compatriotes. Possédant une grosse fortune résultant de divers dessous de tables, pots de vin et autres trafics mafieux, sa seule stratégie consiste à acheter la conscience des citoyens qu’il a eu de cesse d’affamer pour qu’ils puissent lui permettre de rempiler à la tête du pays. Ayant acheté et stocké une considérable quantité d’armes de guerre, il mise aussi sur cet arsenal pour mâter toute opposition ou velléité de contestation électorale. C’est avec une logique belliqueuse et d’affrontement que fonctionne Bozizé. Il n’a aucune vision pacifique et de développement pour la République centrafricaine. Il n’a donc rien à faire à la tête de ce pays dont il ne fait que faire couler le sang de ses fils. L’enjeu des prochaines élections qu’il veut coûte que coûte gagner à nouveau est clair : BOZIZE DOIT PARTIR !

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique