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17 avril 2010 6 17 /04 /avril /2010 03:16

 

 

Patass é décorant Bozize

 

 

Depuis qu’il est rentré au bercail fin octobre dernier, divers bruits ont circulé sur les relations qui unissent désormais l’ancien président Ange-Félix Patassé et son tombeur, l’actuel président en exercice François Bozizé. S’il est vrai que sans l’accord de celui-ci Patassé n’aurait jamais remis pied sur le sol centrafricain, on ignore totalement quel deal a été conclu entre les deux personnages. D’aucuns postulent que Bozizé aurait secrètement monnayé le retour au bercail de sa victime du 15 mars 2003 contre son engagement à l’aider à barrer la route du fauteuil présidentiel à Martin Ziguélé, celui-là même qui l’avait mis en ballottage aux élections présidentielles de 2005, qui a réellement le vent en poupe. Cet accord secret a-t-il prévu que Patassé puisse être aussi candidat à la présidentielle ou cherche-t-il uniquement à nuire en parasitant celle de Martin Ziguélé dans l’intérêt de Bozizé ? Nul ne le sait.

Toujours est-il que lorsque Patassé a pris l’initiative de convoquer la presse pour exiger qu’une enquête internationale soit diligentée pour faire la lumière sur le sort de Charles Massi, Bozizé a envoyé deux jours après sur les antennes de Radio Centrafrique, deux de ses griots, insulter et dénigrer copieusement Patassé en lui demandant de se taire.

Peu après, il n’y a pas encore si longtemps, le ministre de la sécurité de Bozizé, le général d’opérette Jules Bernard Ouandé avait mobilisé les medias d’Etat pour accuser à des mots à peine couverts un certain AFP, entendez Ange-Félix Patassé, qui projetait sur toute une semaine, l’exécution d’un plan de coup d’Etat pour renverser leur régime. Ouandé a prétendu avoir plusieurs noms de comploteurs qu’il ne voulait pas livrer. Depuis, plus rien.

Curieusement, le commanditaire du coup d’Etat n’a jamais été inquiété mais mieux, à la faveur de la crise sur le processus électoral née du refus de l’opposition de prendre part aux élections précipitamment fixées pour le 16 mai, il est brusquement et longuement reçu en audience par Bozizé au salon d’honneur de l’Assemblée nationale. Selon nos informations d’une source sûre ayant requis l’anonymat, Bozizé aurait exigé avant de recevoir récemment Patassé, qu’on lui apporte tout le fond de ses dossiers judiciaires, notamment ceux relatifs à ses divers biens mis sous séquestre depuis le coup d’Etat qui l’a renversé le 15 mars 2003. 

C’est donc clair comme de l’eau de roche. Le marché tient en substance en ces termes : « Je te restitue tes biens mais en revanche, tu me soutiens pour que je me débarrasse de mon principal challenger Martin Ziguélé. » Outre ce deal, dès que Patassé sort de cette rencontre, il n’hésite pas à annoncer qu’il a également reçu de Bozizé mandat de faire la médiation entre lui et l’opposition regroupée au sein du Collectif des Forces du Changement qui s’est retiré du processus électoral, ayant réclamé en vain le report du scrutin que Bozizé a arbitrairement fixé pour le 16 mai. Etrange procédé pour quelqu’un qui est lui-même candidat à la même élection. Par ailleurs, que devient Mgr Paulin Pomodimo qui a été bien avant lui, nommé officiellement Médiateur de la République par décret signé du même Bozizé ? 

Aux dernières nouvelles, une première rencontre entre Patassé et les dirigeants du CFC qui devait avoir lieu à l’Assemblée nationale a tourné court, Patassé s’étant fait attendre par ces derniers plus d’une heure de temps. C’est aussi dans ce contexte que l’envoyé de l’OIF, l’ancien président Pierre Buyoya et sa délégation sont arrivés à Bangui pour se pencher également sur la crise électorale en cours. Techniquement et politiquement, tout prouve qu’un énième report des élections est inévitable mais Bozizé va sans doute pinailler de combien de mois ? Le vrai problème n’est pas tant la durée du report que du temps que nécessite un recensement en bonne et due forme du corps électoral ainsi que l’achèvement du désarmement des rébellions armées de toutes sortes qui occupent plus de la moitié du pays. Au lieu de se préoccuper de ces questions, le seul souci et la hantise de Bozizé est de savoir comment faire pour s’épargner un gouvernement de transition à l’expiration de son mandat. Qui pourra le faire revenir à la raison ?

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique