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15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 13:04

 

 

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(RFI) Chronique de Jean-Baptiste Placca

samedi 15 mai 2010

Par leurs détournements massifs, certains des responsables de la lutte contre le sida en Centrafrique mettent en danger de mort des milliers de leurs compatriotes, porteurs du virus HIV/Sida. Chronique d’un massacre programmé.

Lorsque l’on croit avoir épuisé tous les motifs de révolte, il surgit toujours, quelque part sur ce continent, tel un arriviste véreux pour nous démontrer qu’en Afrique, on peut toujours faire pire que le pire.

Une partie des dizaines de millions de dollars octroyés depuis 2009 par le Fonds mondial de lutte contre le sida à la Centrafrique s’est volatilisée. Il n’est point besoin d’aller chercher loin pour s’apercevoir que les doses d’antirétroviraux ainsi disparues ont resurgi, sous forme de belles villas, de rutilants 4x4 ou de comptes en banque bien garnis.

Aujourd’hui, en Afrique, les générations spontanées de nouveaux riches tiennent frénétiquement le haut du pavé. Et leur exploit, dans ce cas précis, pourrait coûter à la Centrafrique jusqu’à 7 000 morts, sur les 15 000 personnes qui bénéficient actuellement du traitement. Le scandale des malversations au Comité national de lutte contre le sida n’en est donc que plus révoltant, et les pouvoirs publics auraient tort de le banaliser, même si chacune des victimes meurt dans son coin, loin de tout.

Il a fallu qu’éclate ce scandale pour que l’on apprenne que la coordinatrice du Comité national en question a reçu ce poste comme un lot de consolation politique, alors que rien, dans son parcours, ne l’y prédestinait vraiment. On fera silence sur les autres révélations, tant elles nous mènent au-delà du comble de l’incurie !

Comment le Fonds mondial de lutte contre le sida, réputé pointilleux dans l’attribution de ses financements, a-t-il pu ainsi se laisser avoir ? Il paraît qu’à l’origine, les fonds transitaient par la représentation en RCA du Programme des Nations unies pour le développement. C’est déjà à la suite de malversations que ce canal aurait été abandonné, au profit d’un Comité national qui n’a pas davantage de scrupules.

Entre l’opacité de la gestion, les centres fictifs de distribution, la vente illicite de médicaments théoriquement gratuits et tant d’autres anomalies, ce ne sont pas les raisons qui ont manqué au Fonds mondial pour suspendre ses décaissements. Hélas !

Pour les malades, ces mois d’interruption du traitement suffisent pour voir le virus muter. Les antirétroviraux distribués jusqu’alors se trouvent, de fait, dépassés. Pour déterminer de nouveaux traitements, il faut procéder à des tests, qui laissent à la plupart des personnes infectées, largement le temps de voir leur état se dégrader, et peut-être de mourir.

Cela équivaut à un massacre ! Et en démocratie, la qualification utilisée par la justice pour le définir tient en un seul mot : assassinat !

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Nation