Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 21:24
Ouandet.jpg


Par lemessager | Mercredi 17 mars 2010 | Le Messager
 

En annonçant, le 3 mars 2010, la tentative avortée du renversement du pouvoir à Bangui, les autorités ont plongé le pays dans l’émoi et la stupeur. Les Centrafricains étant habitués aux coups de force. Mais ce qui fait davantage jaser, à la limite, qui choque, l’opinion publique, nationale et internationale, est la pertinence des propos avancés par les autorités centrafricaines. A la veille d’une échéance aussi sensible que déterminante qu’est le scrutin présidentiel annoncé pour le 25 avril 2010, auquel le président sortant François Bozizé a d’ores et déjà fait part de sa candidature, il serait judicieux de marquer un temps d’arrêt sur ce que d’autres qualifient de « pseudo » tentative de coup d’Etat.


Le pouvoir en place ne serait-il pas en train de procéder à une manipulation de la conscience collective qui a beaucoup souffert des bruits de bottes comme celui qui a porté Bozizé à la magistrature suprême le 15 mars 2003 ? L’homme fort de Bangui n’est-il pas en train de mettre sur pied une élimination à tête chercheuse a fin « d’aplanir ses sentiers » pour un nouveau mandat à la tête du pays ?


Etat des lieux

La Centrafrique, avec une population estimée à 4,2 millions d’habitants sur une superficie de 622.436 km2, croupit sous le poids d’une misère croissante chaque jour. Le pays a, depuis des années, connu une régression. Ce qui a eu pour conséquence d’aggraver la misère et la pauvreté. A en croire le programme des Nations-Unies pour le développement, la RCA est « passée pour l’indice du développement humain du 142ème rang en 1993, au 166ème sur 174 pays au cours des cinq (5) dernières années ». La majorité de la population a un pouvoir d’achat des plus faibles du continent sinon du monde. L’agriculture dont les principales cultures sont le manioc, les bananes, le maïs, le café, le coton et le tabac, représente 55% du PIB. A ce jour, elle passe d’une culture de rente à une culture de subsistance. L’exploitation du bois, de l’hévéa (latex) qui pourrait élargir le PIB, est « la chasse gardée de quelques privilégiés au détriment de la population condamnée à une paupérisation quasi irrémédiable ». Il en est de même des ressources minières comme l’or et le diamant qui constituent une autre ressource non négligeable de la République centrafricaine.


L’accès à l’eau et à l’électricité n’est pas une sinécure pour les populations rurales voire urbaines. Même si le pays a connu une croissance de 2% en 2005, force est de reconnaître qu’elle ne profite qu’à la capitale qui draine des populations rurales en quête de mieux-être. Sur le plan social, le bilan n’est guère reluisant, De l’avis d’un leader de la société civile centrafricaine Olivier Gabirault. selon Ban Ki-moon secrétaire général de l’Organisation des Nations-Unies (ONU), la situation « sécuritaire et socioéconomique en République centrafricaine demeure fragile et elle est aggravée par des problèmes sociaux multiples et l’impunité, liée à de graves problèmes de sécurité, en particulier dans le Nord et le Sud-Est du pays » estime-t-il dans un rapport en 2008. Pour Navy Pillay Haut commissaire aux droits de l’Homme, la violation criarde et presque officielle des droits de l’Homme en RCA, participe à l’érosion du tissu social. « Alors que l’impunité et les violations des droits de l’Homme constituent toujours un des plus grands défis de la République centrafricaine, les élections prévues en avril représentent une étape décisive de la consolidation de la paix et la démocratie », a-t-elle déclaré lors d’une visite à Bangui. Et de continuer, « Les exécutions sommaires, les disparitions forcées, les arrestations et détentions arbitraires sont des problèmes liés aux institutions étatiques de sécurité et de défense, et des efforts considérables devront être faits pour mettre fin à ces abus de pouvoir extrêmement graves ».


Non aux digressions`

Il va sans dire que le général Bozizé a du pain sur la planche. Au lieu de verser dans les digressions qui sont peu ou prou des fuites en avant qui desservent les quatre millions de Centrafricains. Des chantiers sérieux et immenses sont toujours à son chevet. Après sept ans au pouvoir, ses compatriotes attendent toujours : le retour des milliers des réfugiés partagés entre le Tchad, le Cameroun… ; ils réclament toujours l’amélioration de leurs conditions de vie. Et comme le soulignait le secrétaire Général de l’ONU en 2008, « les défis socioéconomiques, les différents segments de la société, dont le gouvernement, les partis politiques, la société civile et les groupes politico-militaires, doivent faire preuve d’engagement, de dévouement et d’une unité de vues à savoir le bien-être de tous. Et, la bonne gouvernance en assurant la promotion et la protection des droits de l’Homme et des libertés fondamentales et en s’attaquant à la culture d’impunité afin de l’éliminer». Cette déclaration reste toujours d’actualité.


Jacques Willy Ntoual

 

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans Politique