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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 02:02

 

 

 

Billets-verts.jpg 

 

 

Une enquête exclusive de la rédaction de C.A.P

 

 

TABLEAU SYNOPTIQUE DE L'UTILISATION DES FONDS DE CONSOLIDATION DE LA PAIX EN RCA

 

 

AXE PRIORITAIRE 1 : Réforme du Secteur de Sécurité DDR

TITRES DES PROJETS

Allocation 2008

Allocation 2009

TOTAL 2008 + 2009

Renforcement et déploiement sur le territoire national des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) formées et biens équipées (Construction des camps militaires, l’école de police, l’école de gendarmerie, les équipements militaires,  tenues, véhicules tout terrain  etc)

0 $US

7 000 000 $US

7000 000 $US

DDR

5 955 710 $US

1 500 000 $US

7 455 710 $US

AXE PRIORITAIRE II : Bonne Gouvernance et Etat de Droit

Les élections groupées sur l’ensemble du territoire

0

2 000 000 $US

2 000 000 $US

Renforcement de la sécurité judiciaire (construction des prisons, réhabilitation des habitations des Présidents de tribunaux, Véhicule de fonction, fourniture des tauges pour les magistrats, décentralisation des services judiciaires)

0

3 000 000 $US

3 000 000 $US

Création d’un cadre juridique équitable et lutte contre l’impunité (renforcer le système de protection juridique du citoyen, protéger le droit de la femme par des séminaires et formation)

758 000 $US

2 500 000 $US

3 258 000 $US

Promotion d’une culture de la paix, de la démocratie et de la réconciliation nationale (créer un environnement favorable à la paix, appuyer la formation sur la culture de la paix et la citoyenneté)

686 200 $US

2 500 000 $US

3 186 000 $US

AXE PRIORITAIRE III : Pôles de Développement et Revitalisation des communautés affectées par les conflits

Sédentarisation de toutes les jeunes filles et garçons dans leurs zones d’origine (réinstaller les PDI ou personnes déplacées internes, construction des infrastructures de base)

0

2 000 000 $US

L’octroi  de cette allocation est refusé et reversé au DDR

Réduction tendant vers l’éradication du chômage dans les zones post conflits (c’était le projet que je pilotais avec trois autres sous projets dont les femmes leaders, la formation et l’insertion professionnelle des jeunes)

1 921 000 $US

3 000 000 $US

La tranche de 2009 est refusée et reversée aux élections et le renforcement de l’état de droit

La responsabilisation des jeunes dans le maintien de la paix, protection de leur emploi et de leurs communautés d’origine (appui à la structuration des communautés et à la dynamisation des organes communautaires de base  c'est-à-dire construire les centres de formation professionnelle, les plates-formes de production et de transformation des produits agricoles, le revalorisation des petits métiers pour sédentariser le maximum des jeunes)

679 000 $US (juste la réhabilitation des centres de formation de Bozoum, Bossangoa et Bria, formation et kits d’insertion pour environ 60 jeunes seulement)

2 000 000 $US

La tranche de 2009 est refusée pour la suite du programme et reversée aux FDS, renforcement de l’état de droit et le DDR

TOTAL ALLOCATION SUR LES DEUX DERNIERES ANNEES EN DEUX TRANCHES : NB : une troisième allocation est en vue dont la  répartition doit être bientôt débattue.

 

 

40 499 710 $US

 

Les Fonds sont logés au PNUD puisque celui-ci joue le rôle de l’Agence d’exécution. Les allocations de 2008 ont été versées en 2009 en celles de 2009 en 2010. Les projets importants ici mis en rouge qui concernent le relèvement des communautés n’ont pas revêtu un caractère prioritaire ni une nécessité pour le régime de Bozizé.

Les projets n’ont pu bénéficier de la deuxième allocation. Le PNUD ayant toujours privilégié privilégie les priorités définies par les Gouvernements,  il était quasiment impossible de contourner les choix du pouvoir en place. Le premier mode de gestion est une gestion directe où le PNUD lui-même ordonnait les décaissements et faisait exécuter les dépenses par son propre personnel.

Mais à ce niveau des détournements ont eu lieu et ont porté notamment sur du matériel et des objets en nature voire de l’argent. C’est ainsi que Mme Bernadette SAYO à l’époque ministre des affaires sociales, s’était accaparée de 10 broyeuses de manioc, de 10 charrues, de 4 charrettes et d’une somme de 15 millions de FCFA. Elle a prétexté une attaque rebelle qui aurait eu lieu entre Kaga – Bandoro et Kabo sur le véhicule du projet qui se rendait à Kabo pour acheter des bœufs. Ces équipements étaient destinés aux femmes leaders des préfectures affectées par les conflits notamment l’Ouham, l’Ouham – Pendé et la Nana – Gribizi. Cette situation est restée sans suite judiciaire à ce jour.

Aucun compte n’a été demandé au Coordonnateur du PNUD ni à cette brave dame de Mme Sayo qui a même fait dernièrement partie de la délégation centrafricaine qui avait participé à la table ronde de Bruxelles. Certaines femmes exaspérées par le comportement de Mme SAYO ont vendu les bœufs de labour pour survivre. Elles se sont retrouvées quelques semaines en geôle. Il s’agit des femmes leaders de Paoua, Bouca et Batangafo.

Le second mode de gestion passe par une Unité de Gestion de Projet composée des ministères concernés et pilotée pat un point focal désigné par le Gouvernement. C’est le cas des projets DDR, RSS, Elections, Cadre Intégré Renforcé (Ministère de Commerce). Cette unité élabore un plan de dépense sur un trimestre et le PNUD met à sa disposition les fonds pour être utilisés et justifiés trois mois après leur épuisement. C’est à ce niveau que se posent les problèmes de justifications parce que les partages des jetons de présence, les frais de missions et d’autres dépenses qui ne sont pas inscrites à l’ordre du jour ne sont pas souvent justifiés. Aussi au niveau du PNUD existent les Chargés de Programme, censés veiller à la régulation des dépenses mais qui en réalité sont eux aussi complices avec l’unité de gestion et font débloquer les fonds sans justifications. C’est ainsi que les justifications des dépenses électorales  et du DDR poseront inévitablement problème.

Il était prévu la construction d’un camp militaire à Paoua, Kaga – Bandoro, Bossangoa et Birao mais dans la réalité cela reste encore au niveau des projets. Aussi la CNS a été délocalisée pour laisser sa place à la construction du siège de la BEAC, et du coup, il fallait construire un local pour abriter la CNS et aussi déplacer le camp OBROU. Tout cela reste théorique alors que les fonds sont disponibles dans le cadre du RSS.

Voilà comment on prétend consolider la paix et lutter contre la pauvreté et le chômage en Centrafrique. Les trois axes pourtant prioritaires comme le montre le tableau synoptique ci-dessus pour aider réellement les populations des zones impactées par les conflits ont été purement et simplement délaissés par le gouvernement. Pourquoi ?

 Rédaction C.A.P

 

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