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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 22:39

 

 

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               Célestin Leroy Gaombalet

 

 

« Aujourd’hui, vous ne réussirez pas à me faire sortir de mon silence ». Ainsi s’exclamait Célestin Leroy Gaombalet, Président de l’Assemblée Nationale le 10 mai 2010 à la fin de la déclaration du Groupe Parlementaire MLPC que je venais de déclamer du haut de la tribune de l’honorable institution, à l’occasion du débat sur le projet de loi constitutionnelle.

 

C’est dire que l’homme a choisi le silence – après la tentative hasardeuse de me faire répondre par son Directeur de cabinet, après les accusations précises que je portais contre lui – comme toute réponse dans la lutte que j’ai engagée contre la prédation, le tribalisme, la tribalisation de l’administration parlementaire, l’injustice, les malversations, le musellement, etc. dont il est l’incarnation.

 

Aussi longtemps qu’il restera silencieux, je poursuivrais mes publications et analyses pour faire exception à la règle qui veut que cesse le combat faute de combattants, pour que l’opinion soit amplement informée – même si ce n’est pas de façon contradictoire. Ce n’est pas moi qui l’ai voulu ainsi.

 

En dépit de ses déclarations publiques et de son calme apparent, le Président de l’Assemblée Nationale n’est pas aussi calme et silencieux que cela. Devant le personnel administratif de l’Assemblée, il perd ce prétendu calme et devient même très entreprenant. La preuve est donnée par les arrêtés par lesquels il promeut certains et par charrettes entières éconduit d’autres, soupçonnés à tort comme étant mes informateurs ou m’ayant approché, salué ou ayant échangé avec moi quelques mots dans les couloirs de l’Assemblée. Il n’est donc pas rare de voir quelques-uns d’entre eux être interpellés au sujet de l’objet de nos brefs rencontres, ou recevoir des questionnaires auxquels ils ont l’obligation de répondre sous huitaine comme le veut la règle. L’espionite a été poussée à ses paroxysmes et le personnel en a fait les frais, alors qu’il n’est pour rien dans mon offensive.

 

Je refuse ainsi de constituer la cause du malheur de braves employés qui, en dépit de leurs conditions de travail particulièrement difficiles, se vouent corps et âme à leur tâche quotidienne pour faire fonctionner l’Assemblée et lui donner une certaine image qu’elle ne mérite peut-être pas. Par ses arrêtés, le Président de l’Assemblée ne leur est même pas reconnaissant pour le sacrifice qu’ils consentent, obsédé qu’il est par ses petits calculs égoïstes et partisans.

 

Cette chasse aux sorcières a servi de moyen pour caser les proches parents du Président de l’Assemblée, les membres de son ethnie ou du KNK, parti dont il est devenu Premier Vice Président depuis novembre 2009. Avec une grille salariale taillée sur mesure - et que je m’abstiens de publier pour l’instant – pour les besoins de la cause, il leur permet de mettre du beurre dans leurs épinards.

 

Ayant hérité d’un effectif d’à peine 80 personnes entre 2003 et 2005, le Président Gaombalet a réussi l’exploit exceptionnel de faire passer ce chiffre à près de 210 personnes, sans que rien ne le justifie, surtout pas le travail dans une Assemblée qui sous sa présidence, est qualifiée comme étant la plus nulle de toutes et qui est demeurée particulièrement atone sur les problèmes les plus graves que le pays a connus. Avec 105 Députés et presque 210 employés, on obtient un ratio de 2 employés pour un Député. Il faut le savoir.

 

Atone lui-même pendant 5 ans, le Président de l’Assemblée retrouve curieusement de la voix au cours de la réunion mise en scène du 29 avril 2010 au Palais présidentiel pour reporter les élections et habiller la prorogation du mandat du Président de la République.

 

C’est cette attitude du Président de l’Assemblée qui a permis de lever le voile sur le stratagème. D’ailleurs le texte qu’il a signé pour mettre en place la Commission, d’abord ad hoc puis mixte, a été monté sur du papier comportant en filigrane les armoiries de la République, prérogative du seul Président de la République. Du reste, l’Assemblée Nationale dispose, elle aussi, de son propre logo. Pourquoi n’avait-il pas été utilisé dans le cas d’espèce.

 

Au cours du débat sur la loi constitutionnelle de ce lundi 10 mai 2010, le Président de l’Assemblée va, une fois encore, faire fi de toutes les dispositions réglementaires en inversant l’ordre d’intervention des groupes parlementaires pour permettre à celui du KNK, son parti, d’intervenir en dernier, sait-on jamais.

 

Le Président du groupe PNCN, gentleman pourtant généralement calme, est sorti de ses gongs dans une tirade contre le Président de l’Assemblée Nationale au cours de ce débat. La virulence était telle qu’on a fini par se demander pourquoi. En fait, c’était la manifestation d’une exaspération refoulée et accumulée face aux multiples violations volontaires aux règlements du Président de l’Assemblée Nationale. Trop c’est trop.

 

Mais comme toute réponse, il dira qu’il a «sa» procédure et «ses» règlements. En d’autres termes, vous perdez votre temps. A quoi servent donc le règlement intérieur de l’Assemblée nationale, le code électoral, adoptés à grand peine ? Où sommes-nous ?

 

Le 5 mai courant, devant l’impossibilité de mettre en place des commissions d’enquêtes et de rendre publique les conclusions de leur travail, j’avais adressé au Président de l’Assemblée Nationale un courrier par lequel je lui demandais d’instruire les services compétents de l’Assemblée pour mettre à ma disposition des informations relatives à la situation du parc auto de l’Assemblée depuis 2005 en ce qui concerne tous les véhicules en panne, accidentés et roulant ; la situation  nominative de tout le personnel, y compris les fonctions, les salaires et les services, la situation des congés non pris de l’ensemble des Députés, de 2005 à 2010.

 

En refusant de me donner une suite favorable à cette demande d’informations, le Président de l’Assemblée Nationale prend le risque de me laisser traiter seul les informations en ma possession.

Ainsi en ce qui concerne les véhicules, on vient de comprendre la stratégie consistant à rouler dans des voitures polluant les cortèges officiels et l’environnement par leurs nuées d’oxyde carbone.

 

Les véhicules pourtant en état de marche et dignes d’un Président de l’Assemblée Nationale ont été volontairement mis sur cale pour se faire payer ou gratifier d’autres, avant de procéder à la réforme ceux, supposés en panne, et donc décotés, pour être rachetés au franc symbolique.

 

C’est ainsi que depuis peu, la Toyota 4 x 4 Land Cruiser léguée par l’ex Président du Conseil National de Transition au Président de l’Assemblée National, est devenue sa propriété privée. Repeinte, bichonnée, réimmatriculée, elle est plus rutilante qu’auparavant. Il reste à élucider le sort de la Peugeot 607, propriété de la Primature et emportée par l’ex Premier Ministre qu’il a été

 

Au delà de ce goût particulièrement immodéré du Président de l’Assemblée Nationale pour les voitures, il y a lieu de s’interroger pour comprendre comment l’ex PDG d’une banque de développement, l’ex Directeur Général Adjoint d’une banque commerciale, l’ex Premier Ministre et actuel Président de l’Assemblée Nationale n’a-t-il pu s’offrir la voiture de son goût jusqu’à ce jour – compte tenu de ses moyens – pour ne jeter son dévolu que sur le patrimoine des institutions politiques dont la gestion lui a été accidentellement et temporairement confiée, allant jusqu’à refuser aux collaborateurs la réforme de leur voiture de fonction accidentée, qu’il s’offrira par la suite. Mais enfin, qu’est-ce qu’une voiture ? Dans d’autres pays et à ce niveau, les responsables se bâtissent leur fortune – dont font partie les voitures – sur leurs deniers propres. C’est à désespérer pour notre pays de disposer de dirigeants de cette trempe.

 

Que le commun des fonctionnaires de la RCA se comporte ainsi, on peut comprendre. Mais que l’homme qui a servi et sert encore aux différents postes énumérés ci-haut agisse de la sorte a quelque chose que seule la psychanalyse peut expliquer.

 

L’argent ! Le deuxième point faible du Président de l’Assemblée Nationale après les voitures est l’argent.

Il n’a d’yeux et de ventre que pour l’argent, au point que sa boulimie pour lui, ne lui permet absolument pas de penser aux autres. Est-ce une déformation professionnelle de l’ex banquier qui n’a pas encore compris qu’il a troqué ce costume contre celui d’un homme politique ? Ce n’est pas si sûr.

 

En lui demandant, dans ma correspondance du 5 mai courant, de me faire mettre à disposition les informations relatives à la situation des congés non pris de l’ensemble des députés depuis juin 2005, je ne croyais si bien faire. Et pour cause, nombre de députés ignorent même qu’ils ont droit à un congé annuel et que le congé non pris doit être payé.

 

Ainsi, puisque compte tenu de l’importance de ses charges, le Président de l’Assemblée Nationale ne peut que difficilement prendre ses congés. Il se les a fait entièrement payer, sans trop se préoccuper le moins du monde de la situation des autres députés. Bien mieux, c’est à la tête du client qu’il ordonne ce paiement. Inutile de dire qu’une tête de turc comme la mienne est inconnue au bataillon de ces heureux élus du Président Gaombalet.

 

Voilà comment l’homme choisi par le Président de la République pour l’accompagner dans sa gestion pendant son mandat gère la deuxième institution du pays. Jouant à l’autruche, il créé à longueur de temps des mécontents dont le bataillon doit être assez dense à ce jour. Qu’importe dès lors que ses besoins propres ainsi que ceux de ses poulains sont satisfaits, même de la manière la plus irrégulière qui soit. Dans une année électorale, il faut se dire que ces mécontents sont des électeurs potentiels et qu’ils sauront orienter, eux aussi, leurs choix en fonction de leurs intérêts. Sauf si, ça se passe comme dans la très très démocratique république de Gondouana, comme le dit l’autre. A bientôt.

 

Christophe NDOUBA

 

Député de Paoua 2

 

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