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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 03:47

 

 

 

 

Bozize KNK

 

 

La situation que vient de connaître la République centrafricaine ces trois dernières semaines mérite qu’on s’y arrête un peu afin d’en tirer quelques enseignements. Plusieurs événements plus ou moins graves et apparemment sans relations les uns avec les autres se sont en effet produits et défrayé la chronique tout en mettant à rude épreuve les capacités du régime en place à gérer le maintien de l’ordre public. En premier lieu, c’est l’affaire des deux enfants dont les corps sont retrouvés dans l’arrière d’un véhicule appartenant à un musulman tchadien au quartier Kina qui a déclenché une véritable insurrection populaire qui a pris l’allure d’une chasse aux sorcières dans plusieurs quartiers de la capitale contre les commerçants musulmans d’origine tchadienne et entraîné également la destruction par incendie volontaire de plusieurs mosquées.

La seconde affaire est celle de l’assassinat du médecin-chef de l’Hôpital d’Obo et son chauffeur, mortellement fauchés dans leur véhicule par une roquette tirée par les bandits de la LRA de Joseph Koni alors qu’ils partaient effectuer une campagne de vaccination anti-poliomyélite dans le Haut-Mbomou, région en proie depuis plusieurs années maintenant aux crimes et exactions de la rébellion ougandaise de la prétendue Armée de Résistance du Seigneur. Ce double et odieux assassinat a suscité un grand émoi à Obo où des marches de protestation ont eu lieu et fait descendre dans la rue à Bangui les médecins et leur Conseil de l’ordre, munis d’un mémorandum qu’ils ont remis en main propre à Bozizé pour demander que les autorités du pays prennent leurs responsabilités en garantissant la sécurité de leurs confrères travaillant dans l’arrière-pays.

Le troisième événement majeur est la violente révolte spontanée des populations de plusieurs quartiers populaires de la capitale la semaine dernière qui ont dressé des barricades et brûlé des vieux pneus sur deux principaux axes routiers de Bangui, les avenues Koudoukou et de France ainsi que sur les rues adjacentes pour protester contre la pénurie d’eau potable et les insupportables délestages chroniques de courant électrique.

Au-delà du caractère spécifique de chacun de ces mouvements de foule, les revendications des insurgés avaient clairement une signification politique et étaient chargées de messages adressés directement au pouvoir politique à qui il est reproché d’avoir introduit massivement depuis 2002 et 2003, des mercenaires musulmans tchadiens qui se rendent souvent coupables de crimes et exactions de toutes sortes à l’égard de paisibles citoyens centrafricains.

De même, l’assassinat du médecin-chef  d’Obo et son chauffeur par la LRA est également imputé au pouvoir en place dont les manifestants d’Obo et les médecins du Conseil de l’Ordre dénoncent l’incapacité à assurer la sécurité des citoyens dans le Sud-Est du pays, zone dont le sort est délaissé purement et simplement et même sous-traité à l’armée ougandaise.

S’agissant de la révolte pour l’eau potable et le courant électrique, elle découle aussi de l’incompétence et de la mauvaise de ces deux secteurs par un dignitaire bien connu du régime qui en a pourtant la charge depuis plus de huit ans maintenant et qui n’a pas fait grand-chose pour que l’on n’arrive pas à la désastreuse situation actuelle. C’est parce qu’ils sont excédés que les citoyens sont descendus massivement dans la rue sans que quiconque le leur ait demandé pour faire clairement savoir leur mécontentement au pouvoir politique.  

Il est difficile dans ces conditions que le pouvoir puisse accuser qui que ce soit de manipuler les citoyens qui descendent spontanément dans la rue pour exprimer leur colère. Les mensonges et la politique de bluffs du régime ont atteint leurs limites que les Centrafricains perçoivent dorénavant très clairement. L’incapacité congénitale du pouvoir de Bozizé à assurer un minimum de bien-être en apportant des solutions aux grands problèmes auxquels sont confrontés ses compatriotes depuis qu’il est à la tête du pays finira par avoir raison de lui.

Ces révoltes populaires que vient de connaître la RCA sont bien la preuve que la prétendue élection de Bozizé avec le score de plus de 64 % est totalement factice et ne repose sur aucune adhésion populaire réelle de ses compatriotes. Elles ne font que souligner encore davantage sa grande impopularité qui va continuer de croître et son illégitimité à l’issue des dernières élections fraudées.Les Centrafricains commencent à comprendre que le changement qualitatif de leur situation et leur avenir est entre leurs mains. On ne peut que s'en réjouir.  

Comment peut-on comprendre que dans ce contexte d’effervescence sociale que vit le pays, le président de la République, son premier ministre, presque la moitié du gouvernement, environ quatorze ministres et plusieurs collaborateurs, puissent aller inutilement vadrouiller à Bruxelles, un pays sans gouvernement depuis plus d’un an et dont les ministres ne sont chargés que d’évacuer les affaires courantes, aux frais de la princesse (135 millions de F CFA soit 205.806.17 euros) décaissés du trésor national pour une prétendue table ronde dont tout le monde savait d’avance qu’elle allait être un fiasco monumental parce qu’elle n’apporterait rien au pays. Si Bozizé est arrivé à la gare de Bruxelles-Midi sans qu’un seul ministre belge ne daigne venir l’accueillir, c’est qu’il ne vaut même pas une affaire courante.

  La Rédaction C.A.P

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