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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 00:06

 

 

 

JP Mara

 

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Dans ma dernière réflexion, je m’étonnais du silence du KNK du Centre A Fric concernant les rumeurs selon lesquels » Le Franc CFA serait dévalué le 1er janvier 2012 » et à cela il n’y a pas eu de réactions. D’ailleurs à part les insultes et les dénigrements, on ne peut pas s’attendre à une réaction sur le sujet de la part d’un parti qui n’a pas la culture du débat contradictoire, même en son propre sein. Néanmoins, on peut supposer que dans ce nouveau système de parti unique, il puisse un jour émerger des voix qui acceptent de voir la vérité.

Le collègue Eugène WOPE pose clairement le problème sur son blog publié dans les journaux banguissois ces derniers jours.

 

Oui je reste surpris par le silence du KNK et de ses ténors les « Teka mo Te Gue » et les « Mo Wara mo Te Biani » de 2003 à aujourd’hui. Car malgré tout, on peut les citer dans des déclarations où on nous rabâchait les performances économiques sans égales de la République Centrafricaine depuis le 15 mars 2003.

La République Centre A Fric et ses dirigeants politiques viennent d’instaurer un parti unique en spéculant sur l’aide des pays plus développés qui sont pris à la gorge par la grave crise économique qui menace la stabilité du monde. Cette crise protéiforme comme le dit Mr Wope, a commencé les stratégies de maximisation de gains par la vente de produits qui n’existaient que sur du papier donc virtuel, pour devenir monétaire, financière, bancaire etc..

Quelle que soit la manière dont elle est apparue, et quel que soit le modèle économique, il s’agit d’un modèle financier que l’on croyait au départ très performant pour l’économie.

 

Pendant que le peuple centrafricain misait sur la capacité du KNK et de son Président, lui faisant aveuglement confiance pour ramener la paix et la prospérité, gage de développement économique en RCA, les pays riches eux avaient misé sur la performance de ce système qui les conduit aujourd’hui dans l’impasse.

 

Mais à la différence des pays développés et riches,  la République Centre A  Fric ferme la porte à l’opposition et s’attend à ce que d’autres viennent lui trouver des solutions à ses problèmes économiques. Une chose est certaine, maintenant qu’ils ont eux aussi des problèmes, les dirigeants des pays riches ont reconnu qu’il y a un problème de stratégie et qu’il faut changer le logiciel. En Grèce, en Italie et en Espagne, les gouvernements qui n’ont pas été performants ont cédé la place pour une autre alternative. Bientôt, cette alternance verra jour dans beaucoup d’autre pays. Ces dirigeants des pays concernés ont, avant de frapper à la porte d’autres pays, commencé par reconnaitre qu’il y a un problème.

 

Et pendant ce temps, que font les Africains? Ils attendent, entourés de tous ceux qu’ils s’apprêtaient à installer au pouvoir. Ils attendent que ce même Occident qui est pris à la gorge par ses propres problèmes leur apporte des solutions miracles toutes pensées.

 

C’est ainsi que de janvier 2011 à bientôt janvier 2012, se passera un an que le « Wakodro » ou encore CENTRAFRICAIN attend. Si cette population centrafricaine accordait de l’importance à la mesure du temps, elle se dirait qu’elle vient encore de passer un an soit douze mois, trois cents soixante deux jours  de sa vie sans amélioration, sans modification de ses conditions de vie bien qu’il tienne la bible entre les mains tous jours.

Mesurer le temps est synonyme de quantification de la performance, facteur utilisé par l’être humain pour mesurer sa capacité de production qui sert à noter son degré d’évolution ou encore son niveau de développement.

 

Oui, ce que les Agences de notation utilisent comme performance de production pour donner des points (triple A) aux pays qui donnaient l’argent gratuitement aux dirigeants africains, c’est leur production et ce que cette production rapporte. Alors on se demande quelle note donneront les agences à la République centrafricaine ?

 

Il faut aller chez Forbes pour voir que nous n’avons pas de note puisque nous sommes au 200ème rang mondial parmi tous les pays. Et cela ce n’est probablement pas la faute de l’opposition politique. Le comble oh mon Dieu, c’est quand un acteur éminent du régime centrafricain confirme dans les médias que le pays ne produit rien et n’exporte rien, ce constat amène bien évidement à s’interroger au sens d’être ou ne pas être de ce régime.

 

En effet, contrairement aux idées reçues, on peut œuvrer pour le bonheur de son peuple seulement et si seulement ce dernier est autorisé à se prononcer sur les résultats politiques des dirigeants au pouvoir. Donc un peuple qui ne prend pas son destin est un aveugle. Dès lors que ce peuple n’est pas vigilent sur les actes posés par les ténors du pouvoir, alors il lui arrivera toujours ce qui arrive aux aveugles.

La dévaluation d’une monnaie n’est imposée qu’à des gens qui ne se préoccupent pas du rôle de la monnaie dans le fonctionnement de leur économie.

 

Les acteurs politiques actuels ont, pendant des années, misé sur les groupes électrogènes pour justifier la non nécessité de renouveler les infrastructures de production et de distribution d’électricité. Pire, ils ont misé sur les Chinois pour leur DONNER gracieusement ces équipements.


Ils ont laissé toutes les infrastructures techniques se dégrader : Production et Distribution d’Eau potable (SODECA), Production et Distribution d’Electricité, courant fort (ENERCA), Aménagements des structures de transport de l’Information (SOCATEL, ONI), Routes et Aéroport (Transport) Ecole et Hôpitaux. Or toutes les infrastructures précitées ont été dirigées par des Ministres qui ont des milliards en RCA.

 

Alors, faut-il vraiment être étonné que le pays ne produise rien ? Faut-il être étonné que le CFA soit devenu une monnaie trop forte pour une économie qui ne produit rien ?  Il faudrait peut-être admettre l’évidence que nos dirigeants centrafricains ont vécu dans la logique des sociétés de consommation, ce mode de vie où on ne soucie pas de sa trésorerie.

Ils ne se sont jamais préoccupés de l’économie réelle et de ses structures et se trouvent subitement face au mur.

 

Mais il est encore temps : ceux qui détiennent la clé du problème peuvent s’organiser pour que la RCA soit sauvée car ils sont la solution au problème. Sans leur demander l’impossible et sans considérations qu’eux-mêmes considèrent comme superflues, il faudra qu’ils admettent maintenant que leurs soutiens mafieux vont se désolidariser d’eux et la base populaire centrafricaine sera impitoyable le moment venu. La vision néolibérale du monde est impitoyable si vous ne produisez rien et pour produire, il faut TOUT le monde et non seulement ses Femmes, Enfants, Neveux, tantes, Oncles et je ne sais quoi d’autres.

 

 

Paris le 27 Décembre 2011

Jean-Pierre MARA

Ancien Candidat à la Députation de Janvier 2011 

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