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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 02:06


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Ce qui vient de se passer en Centrafrique au sujet du processus et de l’agenda des élections est tellement rarissime et mérite d’être souligné. Pour une fois en effet, ce qu’on appelle généralement la communauté internationale, c’est à dire les Nations Unies à travers Mme la Représentante spéciale du Secrétaire Général de cette organisation à Bangui du BINUCA, le Délégué de l’Union Européenne, les ambassadeurs des USA et de la France en Centrafrique, ont conjointement décidé de demander au président Bozizé, du fait de l’impréparation du double scrutin présidentiel et législatif, non seulement de les reporter à cause du calendrier unilatéralement fixé par lui qui est impossible à tenir fin avril, mais d’exiger aussi davantage de transparence dans le fonctionnement de la Commission électorale. Ils ont préconisé un certain nombre de solutions nouvelles à élaborer avec les responsables centrafricains pour préparer le scrutin, avec l'aide d'experts électoraux de l'ONU déjà présents sur place. Mais ces perspectives n’arrangent pas Bozizé et son complice Binguimalé qui eux, cherchent toujours à s’affranchir des conditions que souhaite voir réalisées la communauté internationale en contournant les normes et standards de fonctionnement en la matière. Aucune complaisance ne doit leur être faite.  

La démarche de ces diplomates mérite d’être d’autant plus appréciée qu’elle contraste avec le silence assourdissant actuel de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), de l’Union Africaine, de la CEMAC et de la CEEAC, qui ont visiblement comme à leur habitude, choisi d’attendre qu’il y ait d’abord le feu dans la maison Centrafrique pour dépêcher des émissaires genre l’ex président Jean-Pierre Buyoya et autres, venir constater les dégâts d’un incendie qui aurait pu, s’il avait été pris en temps et en heure, être évité. Ces organisations qui ne sont pourtant pas ignorantes des méthodes déloyales, des magouilles et des grossières manipulations éhontées de Bozizé qui cherche manifestement par tous les moyens à commettre un hold-up électoral, font semblant de ne rien savoir et le laisse faire. Sans doute, dans le plus grand secret, elles ont même déjà préparé les scandaleux messages de félicitation à lui adresser à l’issue de sa « réelection ».

En faisant porter à la tête de celle-ci un individu partial, intellectuellement limité et de mauvaise moralité mais qui a déjà choisi d’oeuvrer pour la victoire électorale de Bozizé tout en cherchant maladroitement à cacher son jeu, aucun travail préparatoire sérieux des élections ne pouvait se dérouler à la CEI. C’est une structure qui est directement pilotée au quotidien par Bozizé via le vrai faux pasteur Joseph Binguimalé et le ministre de l’Administration du territoire, le boziziste Elie Oueifio.

A la limite les choses seraient plus claires si Bozizé était officiellement le président de la CEI au lieu d’avancer masqué derrière ces deux hommes de main. Bozizé a le 30 janvier dernier complètement endormi l’opposition qui réclamait pourtant à juste raison le départ de ce vrai faux pasteur en ordonnant qu’un audit soit réalisé sur la gestion à la tête de la commission électorale mais jusqu’à présent, presque trois mois après, non seulement il n’y a toujours pas de rapport d’audit de publier, mais sieur Binguimalé continue « d’exercer » ses fonctions comme si de rien n’était. C’est devenu insupportable.

Ce monsieur doit rendre son tablier et aller vaquer à autre chose. Il est une véritable honte nationale. Tant que les partenaires de la RCA intéressés au bon déroulement du processus électoral laisseront faire Bozizé et Binguimalé, rien de bon ne sortira de la commission électorale. Les préparatifs des élections échoueront à coup sûr. Si le DDR et le recensement électoral ne sont pas effectués dans des conditions satisfaisantes, il ne sert à rien de parler d’élections en Centrafrique.

L’opposition doit demeurer vigilante et contrer toute tentative de mascarade électorale que Bozizé, Binguimalé, Oueifio et Vondo, avec la complicité tacite de l’OIF, l’Union Africaine, la CEMAC et la CEEAC, voudront organiser en lieu et place d’élections crédibles.  Selon nos informations, Bozizé a même déjà commencé à recruter et former comme miliciens qui seront en civil, des jeunes des quartiers Nord de Bangui afin d’intimider et influencer les électeurs lors des scrutins, parfaire son hold-up électoral et  provoquer les opposants en créant des troubles qui lui serviraient de prétexte pour mieux installer sa dictature.

Le report des élections doit permettre en priorité que soit enfin mené à bien le processus de "désarmement démobilisation réinsertion" (DDR), préalable pour que les élections se tiennent dans de bonnes conditions. Le report signifie aussi qu’il faudrait trouver une solution transitoire pour la prolongation du mandat du président et des députés, avec l'aval de la Cour constitutionnelle, juste le temps de préparer le vote. On peut tabler pour cela sur le génie des Centrafricains pour gérer cette période de vide certes, que Bozizé a tort d’assimiler et présenter comme un épouvantail ou un repoussoir.  


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