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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 03:29

 

 

 

 

Bozizé fait du sport

 

Bozizé croit qu’en politique, il est le plus malin de tous en Centrafrique et qu’il pourra indéfiniment rouler tout le monde dans la farine. Au lieu de mettre en application les conclusions consensuelles du dialogue politique comme celle adoptées à l’issue du DPI de décembre 2008, il a préféré rester seul maître du jeu et en faire à sa tête tout en sachant bien que ce faisant, ce serait l’échec assuré.

Il a en a ainsi été du gouvernement Touadéra 2 constitué après le DPI et qui n’était nullement celui du consensus et d’union nationale recommandé par le DPI. Les caciques et autres courtisans du KNK qui ont pourtant suffisamment fait la preuve de leur incompétence et de leur propension à la prédation ont été conservés et on a en outre fait appel à quelques personnes au nom de certaines prétendues entités insignifiantes et non représentatives.   

Connaissant la faiblesse des Centrafricains, il n’a cessé d’en jouer lorsqu’il s’est agi de former des gouvernements de la République. Il sait que ses compatriotes sont toujours prêts à renoncer à leurs convictions, à trahir leur parti et à vendre leur âme pour y entrer. C’est ainsi qu’il a toujours choisi la technique du débauchage qui lui a permis, au sortir du DPI de fin 2008, de pêcher André Nalké Dorogo du MLPC. Après son hold-up électoral de janvier et mars 2011, les deux secrétaires généraux du MLPC et du RDC, Jean Michel Mandaba et Pascal Koyaméné ont également été ses victimes.

Seulement, aussitôt appelés au gouvernement, ces transfuges qui ont mordu à l’hameçon de Bozizé sont automatiquement sanctionnés par leur parti, sont montrés du doigt comme des « mangeoiristes » tout en étant regardés de travers par le parti au pouvoir. Récemment par exemple, Pascal Koyaméné, tout ministre qu’il est, aurait été humilié par une interdiction de voyage et d’embarquer sur un vol à l’aéroport Bangui Mpoko.

A présent, après s’être rendu compte d’une part, de l’impasse dans laquelle il a plongé le pays avec son hold-up électoral de janvier et mars 2011, élections frauduleuses dont les résultats ont été immédiatement rejetés par l’opposition jusqu’aujourd’hui, laquelle continue également d’en réclamer l’annulation et la reprise tout en qualifiant Bozizé d’illégitime, et d’autre part suite aux fortes pressions exercées sur lui par la communauté internationale, notamment par certains de ses pairs dont le président tchadien et l’OIF, Bozizé fait semblant de « tendre la main » à l’opposition en affirmant sa disponibilité à la tenue d’un énième dialogue inter-centrafricain.

L’opposition ne doit plus se laisser mener en bateau et rouler dans la farine par Bozizé encouragé en cela par le BINUCA de Mme Vogt, l’Union Africaine de la Djiboutienne de Bangui et l’UE. Ces institutions ont courbé l’échine et n’ont rien fait pour que des élections transparentes et réellement démocratiques se tiennent en RCA en 2011. Aujourd’hui, elles misent sur un prétendu essoufflement de l’opposition dont certains membres seraient d’après elles, disposés à entrer dans un éventuel futur énième gouvernement boziziste à la formation duquel Bozizé a déjà secrètement commencé les consultations.

Les pressions qui sont actuellement déployées par le BINUCA, l’UA et l’UE et leurs représentants à Bangui pour que l’opposition aille encore à un pseudo dialogue dont Bozizé ferait encore des recommandations ce que bon lui semblera sont inadmissibles. Mme Vogt peut-elle accepter de voir un personnage comme Bozizé être président de son propre pays le Nigeria ? Pourquoi pense–t-elle que les Centrafricains doivent accepter un personnage comme Bozizé ? Et la Djiboutienne représentant l’UA à Bangui, pourquoi croit-elle que Bozizé qui ne pourrait même pas être sous-préfet à Djibouti devrait être le président des Centrafricains ?

La formation d’un gouvernement n’est pas une fin en soi. Le plus important est la feuille de route, la mission d’intérêt national et l’accord politique qui doivent présider à la composition de ce gouvernement. Or Bozizé ne veut pas reconnaître ses multiples et cinglants échecs dans la gouvernance du pays et continue de mettre toujours en avant la constitution pour s’arroger des droits et prérogatives qu’il n’a plus du fait de son illégitimité et parce qu’il a été mal élu en 2011. S’il s’agit de faire un dialogue pour qu’après il en fasse des conclusions et recommandations ce qu’il voudra, il vaut mieux qu’il n’y ait point de dialogue et qu’il boive le calice de son échec à gérer le pays jusqu’à la lie.

Jusqu’ici, il s’est toujours entêté à faire aveuglément confiance à son Sylvain Ndoutingaï malgré les nombreux avertissements de Paris, Washington, Bruxelles, voire de  certains chefs d’Etat de la sous-région. Il n’a jamais voulu céder, considérant que Ndoutingaï faisait bien son travail. Pourquoi le met-il actuellement sous surveillance avec interdiction de quitter la capitale ? Pourquoi le commandant Roger Godongaï est écarté de sa protection rapprochée et muté à la sécurité de l’aéroport Bangui Mpoko tout en étant remplacé par Vianney Semndiro?

Bozizé se rend-t-il compte que son entêtement  et ses roublardises ont des limites et une fin. Plus que jamais, l’opposition et le FARE-2011 doivent rester fermes sur leurs exigences et préalables réaffirmés dans leurs récents communiqués avant tout dialogue. Il n’est plus question de donner un chèque à blanc à Bozizé qui est à présent dos au mur et cherche désespérément une porte de sortie.

L’opposition doit rejeter les diverses pressions dilatoires que le BINUCA, l’UA et l’UE tentent d’exercer sur elle. Elle doit demeurer vigilante et tenir ses différents responsables pour qu’ils ne puissent pas succomber aux chants de sirènes des émissaires de Bozizé qui commencent à s’agiter en secret dans les prises de contact avec eux afin de les débaucher. Nous en connaissant certains et ne manqueront pas très prochainement de les dénoncer nommément s’ils continuent leurs funestes manœuvres.

Rédaction C.A.P

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