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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 02:48

 

 

 

 

Boz-et-Vidon.JPG

 

L'ambassadeur de France Jean-Pierre Vidon cautionnait ce genre de bouffonnerie de Bozizé

 

 

Afin de rafraîchir la mémoire de nos lecteurs, la rédaction de Centrafrique-Presse se fait le plaisir de mettre à leur disposition une lettre adressé à l’époque Emmanuel Bongopassi, celui-là même que Bozizé voudrait nommer ambassadeur de la RCA à Paris, au président André Kolingba dont il voulait la démission. En remplaçant André Kolingba par François Bozizé, cette lettre pourrait être aussi valablement adressée à l’actuel général président centrafricain, expurgée de quelques passages délirants de l'auteur.

Selon nos informations, ce serait curieusement à l’ambassadeur de France à Bangui Jean-Pierre Vidon qui quittait définitivement le pays que les autorités de Bangui auraient remis en juin dernier la demande d’accréditation d’Emmanuel Bongopassi pour la transmettre au Quai d’Orsay à Paris. C’est une bonne chose que cet étrange diplomate ait enfin quitter la RCA car on se souvient qu’il avait aussi accepté de prendre part à une étrange mission dépêchée par Bozizé à Malabo pour aller remettre au président équato-guinéen une fiche mensongère montée de toute pièces par Claude Ricard Gouandja accusant Patassé de vouloir se rendre à Malabo non pas pour se faire soigner mais  afin d’y recruter des mercenaires et venir renverser le régime Bozizé. On connaît la suite de ce gros délire.

La Rédaction

 

 

Mouvement de la Conscience Nationale (M.C.N)                         République Centrafricaine

Justice –Liberté-Travail                                                                    Unité-Dignité-Travail

 

Lettre ouverte à son excellence le General d’armée André Kolingba

Président de la République Centrafricaine

 

 

Par Emmanuel Bongopassi

 

Emmanuel Bongopassi

Ministre Plénipotentiaire,

Grand Officier du Mérite Centrafricain,

Réfugié politique,

S/c de S .E.M L’Ambassadeur de la République Centrafricaine

Auprès de la République Démocratique du Congo

Brazzaville

 

 

Monsieur le Président,

Permettez-moi, avec tout le respect dû à votre personne et à votre très haute charge, que j’appelle très humblement votre très haute attention sur quelques aspects du poison qui envenime durablement la crise nationale exceptionnelle que vous avez personnellement initiée depuis l’accession de Votre Excellence à la Magistrature Suprême de notre Pays, le 1 septembre 1981, d’une part, et d’autres part, de l’antidote que j’estime être de nature à contribuer à l’heureux dénouement de cette crise. Je m’assumerai très franchement, me limitant au constat négatif de votre action globale, source de mes présentes réflexions et observations.

Mais d’avance, j’ai l’honneur de solliciter très respectueusement votre indulgence et votre miséricorde pour ce qui pourrait vous paraître comme une indélicatesse, une injure ou un outrage ; voie, du reste néfaste, qui ne mène guère loin et dans laquelle je n’oserais m’hasarder, sachant que, injures et outrages sont les armes des faibles. Et si d’aventure, quelques circonstances malencontreuses venaient à voiler ma démarche, croyez-moi, Monsieur le Président de la République, elles l’auraient été tout à fait indépendantes de ma volonté.

 

Son Excellence Général d’Armée André Kolingba

Président de la République Centrafricaine

Bangui

 

Monsieur le Président,

Par ma lettre du 5 septembre 1988, je vous exhortais à démissionner de vos fonctions de Président de la République Centrafricaine pour votre incapacité congénitale et pathologique à diriger, fonctions qui s’avéraient plutôt écrasantes pour vos épaules fragiles. J’insistais fortement sur l’obligation et l’urgence particulières que revêtait un tel acte, permettant à la Nation de se reconstituer rapidement et d’assumer pleinement son destin.

Entre temps, vous avez doublé votre talent à faire le mal d’un singulier génie, celui de diviser pour régner. Mais l’illusion ayant fini par lasser, voilà que la fraternité et la solidarité nationales se consolident autour de l’essentiel.

L’existence humaine indique que l’action communautaire est nécessairement animée par un chef qui est lui-même une synthèse, c’est-à-dire, celui en qui tous et toutes se retrouvent et se reconnaissent, un rassembleur, un unificateur, le sommet de la pyramide. Cette propriété le constitue Autorité, Pouvoir, Puissance et Hiérarchie.

Or, tout dénote clairement que votre présence à la tête de la Nation est la négation totale de la synthèse et de l’humanité.

Monsieur le Président,

Hier c’était une poignée de citoyens sacrifiés que vous déclariez indésirables parce qu’ils osaient dire haut ce que le peuple désapprouvait tout bas.

Aujourd’hui, l’odeur du monde a changé, c’est l’immense majorité qui se répand en récrimination contre vous tandis que des profondeurs de la République montent  une clameur redoutable.

Tous, hommes, femmes, enfants, nous faisons corps unique avec les consignataires de la pétition à vous adresser et les félicitons très chaleureusement pour leur bravoure, leur patriotisme-nationalisme.

Le 15 juin 1990 ; présentant à la Radiodiffusion Nationale le texte rédigé par un de vos anciens collaborateurs directs, vous n’avez rien fait de moins que d’injurier les cadres nationaux et outrager le peuple. Savez-vous que l’injure est répréhensible et que l’outrage est un crime ? Ensuite, vous êtes sorti du studio, arrogant et repu d’avoir ainsi rangé les pays sans vos lois et mis les hommes en enfilade, ne laissant cependant derrière vous que votre ombre claudicante, lampassée et perfide. Quelle audace ! Quelle irresponsabilité ! Quel crime abominable !

Toujours plus grave et intolérable est l’outrage au peuple, source de légitimité et de légalité, celui qui élève et rabaisse, celui qui est à la fois instrument et finalité de la politique, celui que vous prétendez servir. Quant aux cadres, que sont-ils devenus ? Qu’en avez-vous fait ? N’est-ce pas que vous vous targuez à longueur de journée en avoir soustraits ignominieusement de la vie politique, écartées subrepticement de leurs responsabilités ou envoyés frauduleusement en exil à titre de sacrifice propitiatoire ? Erreur ! Avarie !

Monsieur le Président,

L’histoire montre que celui qui a trahi trahira toujours, et que les traîtres meurent de leur propre mort. Il est également établi que lorsqu’un individu en arrive au point qui est actuellement le vôtre, il ne lui reste plus qu’à partir.

Quoiqu’il e soit, une chose est sûre, c’est que vous avez, sciemment ou non, coupé la branche sur laquelle vous étiez assis ; maintenant, à vous d’en tirer la leçon ?

Qu’il vous plaise qu’en cette circonstance décisive et douloureuse pour vous de m’autoriser que je rappelle le concept de pouvoir et d’autorité.

Etre chef ne s’improvise pas. Ou in sait commander ou on ne les sait pas. L’autorité est une charge d’un élu.

Un chef est une entité juridique. D’une manière générale, une entité juridique est un sujet de droit, c’est-à-dire, une entité titulaire des droits et des devoirs qui lui sont conférés immédiatement et sans intermédiaire par un ordre juridique. Un système juridique est défini par l’existence de certaines normes, et le destinataire de ces normes s’appelle » sujet de droit de système juridique ». Une fois à l’entité à laquelle elle appartient. Lorsque les normes accordent directement et sans intermédiaire les droits et les devoirs, elle sont dites » normes principales ou normes primaires » : c’est la légitimité ou fondement ou source des droits et des devoirs. Mais lorsqu’elles tendent à rétablir le droit enfreint ou qu’elles accordent indirectement et par intermédiaire les droits et les devoirs, elles s’appellent « normes secondaires » : c’est la légalité ou réglementation du droit.

Dans les deux cas, d’une part, normes primaires ou principales ou légitimité, d’autre part, normes secondaires ou légalité ou réglementation du droit, c’est le peuple, en l’occurrence, le peuple centrafricain, indépendant et souverain.

Il en est de même de la notion d’autorité (latin, autoritas) que vous prétendez à tort incarner. Une autorité primaire ou principale est synonyme de pouvoir, de puissance qui gouverne toutes choses parce que rien de ce qu’elle conçoit ne lui est impossible. Par contre, une autorité secondaire est u  pouvoir ou une puissance limitée, agissant et d’exerçant dans la proportion de ses ressources disponibles, donc, bornée.

Dans les deux cas, d’une part, l’autorité primaire ou principale s’identifie au peuple, d’autres part, l’autorité secondaire désigne un chef, un chef d’Etat, par exemple, qui tient sa légitimité et sa légalité du peuple.

Le chef de l’Etat, digne de ce nom, a pour charge de pouvoir à l’organisation et au développement de la vie humaine en participant au gouvernement et en contribuant à l’achèvement de l’humanité.

Or, qu’observe-t-on, sinon que les motivations qui vous animent, vos attitudes et vos comportements justifient votre illégitimité et votre illégalité.

On comprend alors aisément que votre régime personnel ne soit pas investi de significations le constituant un support susceptible d’acquérir automatiquement le siège de la puissance.

On comprend enfin qu’un tel régime organise laborieusement la ruine, la rupture des proportions de manière désordonné et profonde.

En vérité, jamais, de mémoire de centrafricain, un régime, national n’a autant organisé un système d’adulateurs et de sycophantes zélés et inconditionnels, véritables chefs d’orchestre prêts aux pires besognes.

Jamais, mais alors jamais, de mémoire de l’humanité, la République Centrafricaine n’a été aussi non-gouvernée, dévaluée atteinte dans sa chair et son sang, dans sa liberté, sa dignité, son honneur , sa fierté et son orgueil !

Jamais, enfin, la République Centrafricaine n’a été autant isolée, absente de la scène internationale, accusant une telle aboulie et une involution rare !

C’est pour toutes ces raisons de fond et de forme, et d’une certaine éthique, que les cadres et le peuple ne vous ont pas rendu l’hommage que vos fonctions supérieures méritaient, hommage consistant généralement à honorer la dignité et la bienfaisance de telles fonctions dont nous pouvions tous dépendre dans l’ordre des choses. Pareil hommage pouvait marquer le témoignage de reconnaissance qui contribue à l’enrichissement de tous, signifiant que vous êtes estimé, aimé, surtout, pour votre côté extérieur et public qui eût été une révélation de vos grandeurs issues des grandeurs de la Nation.

La fonction politique n’est pas un métier à l’instar de la carrière diplomatique ou militaire. Or, Monsieur le Président, vous avez voulu faire de votre fonction politique un métier. A supposer qu’il en soit ainsi, que vous forciez la raison, que vous vous appropriez le droit, nonobstant les remontrances, c’est-à-dire, que vous considérez vos sentiments, vos émotions et vos ambitions extrêmes pour la réalité, faisant fi des leçons magistrales de l’histoire, cherchant frénétiquement votre propre grandeur, au demeurant factice, vous avez, du coup, sabordé l’essentiel selon lequel, »la grandeur d’un métier est, peut-être, avant tout, d’unir les hommes » selon Saint EXUPERY.

Au lei d’unir vos compatriotes au sein de la solidarité internationale ce qui contribuerait à votre grandeur, vous avez, au contraire, institué un Conseil de destruction, d’un système spécialisé en procédés d’épuration, de manipulation, d’intoxication, de délation, de pillage, de séparation, d’élimination par des médecines rudes : la mythomanie, un Polito drame.

Fondateur d’un régime despotique népotique, incapable de faire abstraction de vos intérêts partisans exorbitants et de ceux, grotesques, de votre entourage dont vous êtes vous-même le produit, au profit de l’intérêt général, vous n’avez jamais été en position de demander des sacrifices pour la Patrie. Ce faisant, vous vous déniez toute qualité de représenter réellement notre société, encore moins, de personnifier la Patrie, la Nation.

Conséquence logique : le non-développement ; la rupture de l’harmonie des contraires ; le refus de la fraternité, de l’amitié, de la solidarité, de la concorde et de la générosité ; le commerce de notre liberté, de notre dignité, de notre honneur, de notre fierté et de notre orgueil ; la dérive ; le péril de mort.

Tels sont, Monsieur le Président, les quelques aspects succinctement présentés du poison qui envenime durablement la crise nationale exceptionnelle que vous avez personnellement initiée depuis  l’accession de Votre Excellence à la Magistrature de notre Pays, le 1 septembre 1981.

Monsieur le Président,

Au stade actuel de notre crise et de notre démarche, la question immédiate qui vient à l’esprit est e savoir quel antidote proposer ?

Est-ce les pratiques insolites, la symbolique du pouvoir et de l’imaginaire alliés aux formules incantatoires qui sauveront notre Pays ? Est- ce l’arrogance, la désinvolture, l’insouciance, l’inconstance, l’incompétence, la vanité qui enrichiront la Nation ?

Seule, compte, à mon avis, la réconciliation nationale, celle-ci passe nécessairement par la rencontre totale : l’aveu, le dialogue, l’unité, la concorde et la paix, facteurs essentiels de développement et de bien-être général. Elle aura pour vertu cardinale de favoriser l’expression véritable de la liberté, à savoir, la tolérance et la démocratie.

Notre liberté est notre capacité ou faculté à faire le bien. C’est notre multiplicité, notre diversité, notre différence, de sorte que chaque centrafricain, chaque centrafricaine, chaque homme, ne sera vraiment libre que lorsque l’autre sera libre, la liberté des uns s’arrêtant là ou commence celle des autres. La liberté est un bien suprême : »Bonum est diffusium sui : le bien aime à  se répandre. C’est un principe métaphysique » a dit Barthélémy BOGANDA, Président-Fondateur de la République Centrafricaine, d’auguste mémoire.

Notre tolérance mutuelle tiendra directement de notre liberté, c’est-à-dire, notre volonté de vivre ensemble, d’accepter notre différence, notre multiplicité, notre diversité : source de créativité. La tolérance est notre synthèse qui autorise l’action.

La démocratie réelle sera, évidemment, l’expression ou le prolongement de la tolérance : moyen privilégié de développement pour le bonheur qui est finalité.

L’antidote constitue une démarche globale, tout à la fois une maîtrise de nous-mêmes qui sert à la maîtrise de l’avenir, une vision spécifique de l’identité centrafricaine qui contribue à la solidarité humaine, une prospective : un projet de société. Il s’articulera autour de deux axes principaux :

·         D’une part, une véritable thérapie précédée d’un diagnostic approfondi, à même de fournir la santé nécessaire à l’ensemble du peuple, y compris les forces de conception, de réflexion et d’organisation.

·         D’autre part, une prospective ou un projet de société clairement défini et que formulerait un Programme d’Action Nationale modeste et réaliste, basé sur notre important capital humain et nos immenses potentialités naturelles ainsi que la solidarité mondial, dans le cadre d’un stricte » Concertation-Participation ».

 

Il s’agira d’un travail ardu, d’un projet hardi parce que exigeant le meilleur de tous et de chacun, sans exclusive ni sans complaisance.

Monsieur le Président,

Il est bien entendu qu’un tel travail, qu’un tel projet ne saurait être conduit par Votre Excellence, ce serait un bébé mort-né.

J’estime en mon âme et conscience que certaines personnes, appelées traîtres ou destructeurs, ayant changé de noms et gardant le même esprit, de surcroît imbus de leur prétention de conquérants et de domination et de leur « supériorité quasi divine sont métaphysiquement incapables de faire la transition et de réaliser leur propre conversion ».

« Le mal a peut-être été involontaire : a tout péché miséricorde » a dit BOGANDA.

C’est pourquoi, Monsieur le Président, il faut partir maintenant, vous aurez sauvé ce qui vous reste encore de cher.

Il faut partir avant que le peuple ne reprenne de force sa légitimité et sa légalité.

A cet égard, Barthélémy BOGANDA, s’adressant, en sa qualité de Député, au Ministre des Affaires Administratives de l’Oubangui-Chari, à la Tribune de l’Assemblée Territoriale de L’Oubangui-Chari, le 5 octobre 1957, observait :

« … Si j’avais un conseil à leur donner, je leur dirais : mieux vaut partir que trahir. Je l’ai fait pour mon compte personnel dans un autre domaine ».

Il faut donc partir, Monsieur le Président, afin que la Nation se reconstitue et s’organise dans le concert des nations libres, indépendantes, souveraines, solidaires et généreuses.

Monsieur le Président,

Contribuer pour ma part à la réconciliation nationale, par conséquent, à la paix et au développement, c’est, du même coup, travailler dans l’intérêt de la Nation et de l’Homme total ; car ces deux choses sont étroitement liées, non seulement par l’obligation qui est faite à tous de parvenir en favorisant l’organisation de la vie humaine et l’achèvement de l’humanité, mais encore par le bonheur de tous.

Aussi, ai-je recours, pour l’instant, au seul moyen qui soit en quelque sorte en mon pouvoir de témoigner à la Nation toute ma disponibilité et pour la bienveillante confiance dont elle honore généralement ses enfants  fidèles en les jugeant capables de concourir à ce but.

Celui qui aime réellement son pays n’a pas de plus grand désir que de trouver dans l’approbation de ce même pays libre, indépendant, souverain, solidaire et généreux un puissant encouragement à des efforts persévérants qui sont loin d’être sans utilité soit éloignée, et que, de ce fait elle soit effectivement inconnue ou méconnue du vulgaire.

C’est pourquoi, Monsieur le Président, en considération de tout ce qui précède, d’une part et de l’autre, pour vos raisons personnelles et nationales, je vous souhaite un bon départ de vos fonctions de Président de la République Centrafricaine, dans les conditions de lieu et de temps que vous aurez jugées propices. Le peuple vous aura infiniment gré de votre sens du devoir et de votre courage.

   Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, les assurances renouvelées de ma plus haute et déférente considération.

Brazzaville, le 4 août 1990

 

Le Président,

Emmanuel BONGOPASSI

 

 

Monsieur le Président,

En vous communiquant très respectueusement en annexe les conclusions des travaux des Patriotes-nationalistes Centrafricains, réunis en Assemblée Générale Extraordinaire dans une ville africaine, du 4 au 10 août 1988,

Nous avons l’insigne honneur et l’agréable devoir de vous demander, pour des raisons nationales et au nom du peuple centrafricain, de nous remettre immédiatement le pouvoir de l’Etat que, depuis le 1er septembre 1981, vous confisquez impudiquement et impunément.

Notre ferme exigence vise directement tant votre délivrance et votre sécurité personnelles que l’intérêt supérieur de la Nation. Elle se justifie par le constat d’échec cuisant de votre politique dans tous les domaines de la vie nationale et internationale. Votre échec s’explique singulièrement par votre incompétence et votre irresponsabilité notoires qui ont aggravé le drame et la tragédie de la Patrie depuis longtemps en péril de mort. Vous avez donné de notre Pays la pire image : un Etat incolore et inodore, apparemment sans âme, ni ambition, ni espérance. La crise a atteint son paroxysme, tout comme si la mission qui vous était assignée était d’accentuer la pauvreté et la misère de notre vaillant et laborieux peuple, pire, de sacrifier une Nation qui se veut libre, indépendante, souveraine, solidaire et généreuse.

 

Son Excellence Général d’armée André KOLINGBA

Président de la République Centrafricaine

Bangui

 

En démissionnant avant qu’il ne soit trop tard, vous témoignerez de votre courage et votre résipiscence, permettant ainsi à la Patrie de se procurer rapidement la force créatrice et de renouveler d’espoir dont elle a besoin pour survivre, procréer et perpétuer l’espèce centrafricaine. De cette façon, votre démission n’aura pas été inutile puisqu’elle aura permis à notre société de reconstituer son tissu déchiré.

Dans le cas contraire, il est évident que vous accepterez de gaîté de cœur d’assumer une lourde responsabilité devant la Nation et le monde entier. S’il est possible que la tragédie engendre la régénération, nul n’est d’avance assuré des conditions et des dimensions de ses ravages.

En revanche, nous vous assurons que nous sommes en mesure d’assumer la haute Direction de l’Etat, pour plus de démocratie, de liberté et de justice, de droit, de solidarité et de générosité, de dignité et d’honneur, dans l’unité et le travail, pour la paix et le progrès.

Une mort pour une  cause noble est parfois meilleure qu’une longue vie encombrante et inutile, négative. Nous sommes fiers de vous offrir l’heureuse opportunité de quitter la politique néfaste que vous avez pratiquée avant qu’elle ne vous quitte.

Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, les assurances renouvelées de notre opiniâtre détermination ainsi que nos sentiments patriotiques-nationalistes impeccables.

 

Brazzaville, le 5 septembre 1988

Le Président

Emmanuel BONGOPASSI

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