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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 00:55

 

 

 

 

 

Jean-Louis-Gouraud.JPG

 

L’anecdote qui suit est incroyable mais vraie. Avec Bozizé, plus rien ne peut surprendre. Courant mai et début juin dernier, un des vols réguliers d’Air France qui est parti de Paris avait à son bord le premier ministre centrafricain, Faustin Archange Touadéra et son ministre des affaires étrangères le général Antoine Gambi qui rentraient tous les deux à Bangui en provenance de New York où ils étaient allés plaider la nécessité que les pays amis de RCA puissent contribuer financièrement au programme DDR.

Au départ de Paris, ils ne devaient sans doute pas se douter qu’il y avait également sur leur vol, un « important » ami de leur président. Ils seront encore davantage plus surpris de constater en débarquant de l’appareil à l’aéroport Bangui M’poko, que leur président himself se soit pointé pour accueillir son french ami. Qui est cet ami ?

Il s’agissait d’un certain Jean-Louis Gouraud, journaliste et amateur de chevaux, ancien directeur de la rédaction de Jeune Afrique, un ami certes de longue date de François Bozizé qui a dû probablement donné un coup de main à ce dernier pour la réussite de son coup d’Etat de mars 2003. Ce n’est pas par le pur des hasards si celui-ci a osé prendre sa plume pour publier dans le célèbre quotidien parisien le Figaro du 23 juin 2003, soit trois mois après le coup d’Etat du 15 mars de la même année de son ami François Bozizé, un long plaidoyer intitulé : « Il faut sauver le soldat Bozizé ».

Dans cet article, Jean-Louis Gouraud traçait un parallèle entre l’éviction de Saddam Husssein d’Irak et le renversement par ce qu’il appelait « un modeste bataillon de François Bozizé » du régime d’Ange-Félix Patassé qu’il qualifiait de « bouffon tyrannique ».  

Mais ce qui est franchement hallucinant et en tout cas inadmissible, c’est la présence pour le moins incongrue et inacceptable de Bozizé en personne pour soi-disant accueillir son ami Jean-Louis Gouraud. C’est un scandaleux abaissement de la fonction de président de la République centrafricaine par Bozizé qui témoigne de sa mauvaise conception des charges de ladite fonction mais Bozizé en est un habitué. Qu’est-ce qui pouvait l’empêcher de faire accueillir son ami en question fût-il Jean-Louis Gouraud, par un agent du protocole qui se chargera de le conduire dans un hôtel ou une villa à lui affectée pour son séjour banguissois, en attendant qu’il soit reçu par son président d’ami.  

Ce jour-là, il a fallu que Bozizé finisse d’accueillir son ami et quittent les lieux pour que le premier ministre Touadéra et le général Gambi ne puisse eux-aussi rentrer chez eux. Bozizé a fait mettre à la disposition de Jean-Louis Gouraud une voiture Mercedes avec motards d’escorte. C’est même avec ces mêmes motards d’escorte que  le french ami du président a été aperçu plus tard en train de prendre un pot au Grand Café du centre-ville de Bangui. Près de dix ans après son putsch, Bozizé n’a pas encore fini de remercier ses soutiens or son pouvoir est maintenant au bout du rouleau et va sans doute prendre fin bientôt, à en juger par les graves contradictions qui ont brusquement surgi dans son propre clan.

La Rédaction

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