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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 23:38

 

 

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Nous publions ci-dessous l’intégralité de l’interview accordée par le président François Bozizé à Christophe Boisbouvier de Radio France Internationale et diffusée sur l’antenne de cette station à trois reprises le jeudi 3 juin. Alors qu’il s’agit de l’interview d’un chef d’Etat, bizarrement, les auditeurs de Bangui en ont été privés. Une main mystérieuse a coupé l’émetteur relai FM de RFI sur la colline de Bas-Oubangui pour empêcher que les banguissois d’écouter Radio France Internationale toute la journée du 3 jusqu’au 4 juin à 13 heures.

En fait, aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’est Bozizé qui s’est autocensuré en demandant que l’émetteur relai de RFI soit momentanément déconnecté parce qu’il ne voulait pas que les Centrafricains puissent l’écouter être malmené par les questions embarrassantes de Boisbouvier de RFI sur l’affaire de la disparition de Charles Massi.

En effet selon nos informations, il aurait été très furieux après l'enregistrement de l'interview, s'étant senti piégé par les questions du journaliste. C’est fou que cet homme se sente aussi persécuté … ! Son interview était suivie d’une réaction de Martin Ziguélé toujours sur RFI, qui n’a pas manqué de relever les incohérences de Bozizé au sujet des multiples reports et impréparation des élections en Centrafrique. Au lieu d’assumer ses propres turpitudes, Bozizé en a rejeté la responsabilité sur l’opposition et la communauté internationale qu’il accuse de soutenir celle-ci.

Rédaction C.A.P

 

Invité Afrique : le président centrafricain François Bozize

Par Christophe Boisbouvier(RFI) jeudi 03 juin 2010

C'est la communauté internationale qui l'a forcé à repousser l'élection présidentielle qui était prévue en avril, et visiblement il en a gros sur le cœur... À l'issue du sommet Afrique-France de Nice, le président centrafricain François Bozize règle quelques comptes. Il s'exprime aussi sur la disparition de Charles Massi.

RFI : M. le Président bonjour ; Initialement l’élection présidentielle était prévue en avril ou en  mai finalement après plusieurs semaines de réflexion vous avez décidé de la reporter pourquoi avez vous pris cette décision ?

F.B : D’abord la décision n’a pas été prise par moi-même, elle a été l’objet d’une tracasserie entre le pouvoir en place, l’opposition et la communauté internationale puisque la CEI n’était pas en mesure de présenter une liste électorale fiable nous nous sommes convenus de confier l’affaire à l’Assemblée nationale pour que les prérogatives du chef de l’Etat et de l’Assemblée nationale puissent être poursuivies jusqu’aux prochaines élections, c’est ce qui a été fait.

Mais au début on a senti que vous étiez très réticent à l’idée d’un report malgré le fait que les listes n’étaient pas prêtes.

F ;B : Oui parce que j’étais animé de l’idée de respecter la constitution de la RCA pour laquelle j’ai prêté serment c’est tout simplement çà.

RFI : Vos opposants disent qu’en fait vous étiez pressé d’aller au vote parce que le Nord n’était pas prêt, vous vous disiez comme cela, le Nord qui m’est hostile politiquement ne pourra pas voter, ce sera plus facile pour moi de gagner.

F.B : Notre opposition ment énormément. Non Ce n’est pas vrai. Je me rends au Nord très souvent. A Paoua, j’ai été au moins cinq fois ; et acclamé et applaudi librement et tout. Donc n’écoutez pas l’opposition. Nous avons affaire à une opposition qui est en perte de vitesse, qui s’agrippe à n’importe quoi pour faire croire qu’elle existe.

RFI : Concrètement à quelle date les Centrafricains vont voter ?

F.B : Tout dépend du chronogramme que va nous proposer la commission nationale indépendante ainsi que la situation sécuritaire du pays. C’est ce qu’on nous a reproché pour qu’il y ait report. Donc nous allons tenir compte de tout cela pour que les élections se déroulent dans la transparence totale.

RFI : Est ce que le DDR n’est pas en panne aujourd’hui, le désarmement des ex rebelles ?

F.B : En panne proprement dit Non. Mais C’est bien l’opposition qui donne l’impression que le DDR est en panne. Mais ce n’est pas le pouvoir en place.

RFI : Vous voulez dire que l’opposition n’est pas pressée d’aller aux élections.

F.B : Exact, exact !

RFI : Elle dit le contraire hein !

F.B : Oh oh oh ! Qui a fait que le report soit accepté c’est bien l’opposition soutenue par la communauté internationale.

RFI : Vous êtes en train de dire que la communauté internationale est partisane dans cette affaire ?

F.B : Ben ben mais si, j’ai reçu des ambassadeurs des pays qui représentent la communauté internationale à Bangui qui sont venus me demander de reporter les élections.

RFI : Est ce que vous êtes pressé d’aller aux élections parce que vous êtes sûr de gagner ?

F.B : Non pour moi c’est de respecter la constitution. Tout simplement. Gagner dépend du peuple centrafricain. Celui qui sera élu sera élu et puis c’est tout. Moi je vais me retirer si ce n’est pas moi.

RFI : Une question sur Charles Massi votre ancien partenaire politique qui est entré en rébellion il y a deux ans, on est sans nouvelle de lui depuis six mois et le président tchadien Idriss Déby affirme que vous lui aviez confié qu’il avait été tué lors d’un accrochage avec l’armée. Alors qu’est ce qui s’est passé ?

F.B : L’ancien ministre d’Etat Massi, il a choisi là où on se parle à coup de kalachnikov. Que voulez vous que je puisse dire. Si ses collaborateurs on dit qu’ils ont eu accrochage en brousse, qu’est ce que vous voulez, moi je suppose que ça y est, il a eu peut-être une balle perdue  quelque part et puis c’est tout.

RFI : Donc il est mort c’est çà ?

F.B : Qu’est ce que voulez, c’est tout ce que je peux supposer mais nous n’avons aucune preuve.

RFI : Il n’a pas été arrêté par les forces centrafricaines ?

F.B : En ma connaissance il n’a pas été question de cela sur le territoire centrafricain.

RFI : Et cette confidence que vous auriez faite à votre ami Idriss Déby ?

F.B :Non. C’était une supposition. Supposition due au fait que personne n’a de ses nouvelles. La rébellion n’est pas aussi facile qu’on le croît !

 

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