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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 12:03

 

 

VOTE ELECTIONS 2011 BANGUI bozize 1

 

 

Les affirmations de Alain Lamessi contenues dans un article récemment publié par le quotidien AGORA de Bangui  dans lequel il a tenté de fournir les raisons de la victoire dès le premier tour de Bozizé et de justifier au passage la nécessité de voter pour ce dernier, n’a pas manqué de susciter un certain intérêt chez des compatriotes. C’est ainsi qu’un de nos fidèle lecteurs a cru devoir à adresser à la rédaction de Centrafrique-Presse une réaction à l’article de Alain Lamessi alors que ce n’était pas dans nos colonnes que celui-ci avait décidé initialement de publier ses réflexions. C’est donc pour l’intérêt du débat démocratique que nous acceptons néanmoins la réaction de notre internaute.

 

Rédaction C.A.P

   

 

 Dans le n° 746 du 21 février 2011, le journal l’AGORA a publié un article signé de Monsieur Alain LAMESSI et intitulé : « Voilà pourquoi le Général François BOZIZE a gagné ».

 

 Cet article n’est pas innocent et s’inscrit dans une logique clairement affirmée par son auteur : « il vaut mieux soutenir le Général François BOZIZE ».

 

Et il commence d’abord par tresser des lauriers pour les proches du Roi Soleil : « L’excellent Alfred POLOKO, l’émérite Michel KOYT ou le très compétent et consensuel Michel GB EZERA- BRIA ».

Hormis ces personnages tous membre du KNK, seuls qualifiés pour diriger la CEI, la RCA n’est peuplée que d’ignares, même si Lamessi fait semblant de nuancer ses propos, en mentionnant que « des cadres compétents et honnêtes, quelque soit leur parti politique ne manquent pas en Centrafrique ». Alors pourquoi ne les avoir pas cités ?

 

 Et puis LAMESSI ne sait- il pas que la neutralité, l’impartialité sont les critères déterminants pour le choix du Président de la CEI ? Qui de POLOKO, KOYT et GBEZERA- BRIA répond à ces critères ?

 Ils sont tous, malgré leurs mérites et qualités indéniables, militants du KNK et ont mouillé leurs chemises pour la réélection de leur mentor « François BOZIZE (qui) a gagné ».

 Mais a- t- il régulièrement gagné ?

 

Pour banaliser et minimiser les fraudes « industrielles » qui ont émaillé les élections en RCA, LAMESSI va consacrer la première partie de son charabia à « la fraude électorale ou la maladie infantile de la démocratie en Afrique ».Mieux, il va justifier ces fraudes avec ces phrases assassines : « Que la machine à frauder de KNK ait bien fonctionné, cela est évident. Mais que celui qui n’a pas fraudé jette la première pierre. Tout le monde a fraudé et c’est le plus grand fraudeur qui a gagné ».Ainsi, la messe est dite. Puisque tout le monde a fraudé, on peut allègrement faire l’impasse sur des élections qui ne sont ni transparentes, ni équitables, ni crédibles, c'est-à-dire cautionner sans vergogne le viol de la volonté populaire.

 

LAMESSI sait très bien que c’est l’opposition seule qui dénonce les  fraudes massives. Si le KNK ne crie pas à la fraude, pourquoi LAMESSI veut- il être plus royaliste que le roi en affirmant péremptoirement que tout le monde à fraudé ?

 Si tout le monde a fraudé, pourquoi la quasi- totalité des « vainqueurs » se trouvent dans un seul camp, celui du KNK ?

 

La deuxième partie du galimatias de LAMESSI évoque les « trois raisons pour comprendre la victoire du Général Président ». En réalité, il n’en développe que deux : La première raison, ce sont les moyens colossaux utilisés par BOZIZE. Mais LAMESSI s’empresse de disculper son futur bienfaiteur : « Il n’est pas certain que ce soit BOZIZE qui leur ait demandé d’être si activistes en bourrage des urnes ». Ah bon ! Donc il y a eu bourrage des urnes par les BOZIZISTES ? Dont acte.

 

Et puis tout ce festival s’est fait sans l’accord de BOZIZE. Les KNKISTES ont fait le bonheur de BOZIZE malgré lui, c'est-à-dire qu’ils ont fraudé « à l’insu de son plein gré ». Quelle gymnastique !

 Si les Centrafricains sont allés aux urnes sans fichier électoral fiable, sans cartes d’électeurs dignes de ce nom, c’est aussi « à l’insu de son plein gré ».

 Si tous les Préfets, Sous- Préfets, Maires et Forces de défense ont exercé des pressions intolérables et procédé au bourrage des urnes sur toute l’étendue du territoire national au profit de BOZIZE, c’est encore « à l’insu de son plein gré ».

 

Si aux Présidentielles BOZIZE a pulvérisé au 1er tour un score jamais réalisé par aucun homme politique de ce pays et si aux législatives il est élu au 1er tour avec son épouse, sa concubine, ses deux fils, sa sœur, son neveu, son cousin et tous ses proches, c’est un fait du hasard, c’est toujours « à l’insu de son plein gré ».

 

 LAMESSI n- a- t- il pas remarqué qu’aucun leader de parti politique toutes tendances confondues n’a été élu aux législatives ? Le démocrate qu’il prétend être donnera aussi les raisons de cet échec.

 

Revenons aux moyens. Ancien cadre du RDC, LAMESSI a- t- il déjà oublié que KOLINGBA avait perdu les élections au 1er tour en 1993 malgré les moyens colossaux dont il disposait ? La raison : la transparence du scrutin. Si les moyens sont importants dans une élection, ils n’en constituent pas le facteur déterminant et décisif.

 

-  La deuxième raison pour comprendre la victoire de BOZIZE c’est le maigre bilan de ce dernier que LAMESSI, sans rire, considère lui- même comme « de minuscules acquis au cours de son premier mandat mis bout à bout » qui « ont donné de la lisibilité à son action politique » (sic). Et il cite pêle-mêle un gouvernement d’union nationale de fait (sic) dont le contenu épistémologique reste à définir par son auteur et qui comprendrait non pas des partis politiques ou d’autres forces citoyennes, mais des individus (Messieurs NALKE André, KOLINGBA Désiré, DACKO Bruno) tous débauchés et récusés par leurs partis respectifs ; les salaires payés à termes échus ; et tout ce qui relève de simples projets : l’exploitation de l’uranium de BAKOUMA et du pétrole de BIRAO. LAMESSI a oublié d’ajouter la « Cité Lumière KNK » dont on attend toujours les 300 milliards de FCFA pour sa réalisation. Comme bilan, c’est trop maigre pour qu’il appelle à « soutenir le Général François BOZIZE ».

 

La troisième partie de son discours intitulé « De l’incohérence à l’inconséquence », commence par cette affirmation : « L’opposition était déjà battue d’avance ». La démonstration s’appuiera sur la division au sein du MLPC et du RDC. Le problème tout de même est de savoir si ce sont les fraudes généralisées ou la division de l’opposition qui ont facilité la victoire à la Pyrrhus de BOZIZE. LAMESSI n’apporte aucune réponse sérieuse à cette interrogation.

 

En guise de conclusion, LAMESSI fustige la réconciliation entre PATASSE et  ZIGUELE qui, selon lui, porterait les germes « d’un aventurisme rampant ». Et là, LAMESSI laisse tomber définitivement son masque. Et l’opportunisme politique apparaît au grand jour : « Renonçons  de cautionner tous ceux qui nous ont contraints à l’exil, tous ceux qui ont érigé la chasse aux sorcières en méthode de gouvernement, tous ceux qui ont fait venir les rebelles étrangers pour assassiner des Centrafricains ».

 

Il faut rappeler à LAMESSI qu’avec la tenue du Dialogue Politique Inclusif (DPI), il n’y a plus d’exilés politiques Centrafricains. Ce n’est pas un cadeau du Général Président. C’est un acquis de la lutte menée par cette « opposition battue d’avance » et qui a été imposé à BOZIZE, l’amnistie étant une exigence préalable pour la tenue du DPI. Ceux qui ont le plus souffert que LAMESSI pour avoir perdu des proches et des biens sont rentrés de leur exil  pour continuer la lutte sans ressasser des réflexes identitaires, car ils sont politiquement conscients qu’on ne construit pas une nation avec des rancunes communautaristes.

 

Quant à la chasse aux sorcières, elle se poursuit allègrement sous le régime actuel.

 

Sur le chapitre des « rebelles étrangers », qui viennent «  assassiner les Centrafricains », l’indignation sélective de LAMESSI fait sourire. Autant il condamne légitimement les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité imputés aux rebelles de BEMBA et dont PATASSE porte une responsabilité politique et pénale, autant, il passe en pertes et profits les mêmes crimes commis par les Zaghawas Tchadiens et leurs supplétifs centrafricains (ex libérateurs), sous la responsabilité directe de François BOZIZE.

 

Le point d’orgue est atteint lorsqu’il présente le « Général François BOZIZE… désormais comme le rempart contre tous les va- t- en guerre et autres revanchards de tous poils dans cette période d’incertitude et de turbulence qui s’annonce ».

 Si LAMESSI a eu l’honnêteté de reconnaître que la RCA entre dans une période d’incertitude et de turbulence, il se garde bien de préciser qu’il s’agit d’une crise de légitimité post- électorale résultant d’élections truquées visant à imposer aux Centrafricains des dirigeants qu’ils n’ont pas librement choisis.

 

LAMESSI qui sait que BOZIZE  est un va-en guerre,  arrivé au pouvoir par les armes, s’y maintient par les armes et les fraudes électorales, n’a aucune leçon à donner aux patriotes et démocrates Centrafricains. Leurs seules armes, c’est leurs plumes, leurs paroles au service d’une cause juste et noble pour laquelle ils se battent au pays dans des conditions difficiles au péril de leurs vies.

 

 Si être va- t- en guerre, c’est réclamer pacifiquement la transparence des élections,  exiger des listes électorales fiables, des cartes d’électeurs incontestables et dénoncer le hold-up électoral le plus ubuesque de toute l’histoire de la RCA, alors les opposants et les centaines de milliers de Centrafricains qui posent ces revendications ne sont que de vulgaires « va- t- en guerre ».

 

 Seulement, les diatribes de LAMESSI ne trompent personne. De tout temps il s’est  illustré par son opportunisme en se rangeant toujours dans le camp du vainqueur : il était cadre du RDC quand KOLINGBA était au pouvoir. Après la défaite électorale de ce dernier, il avait immédiatement démissionné, pour se  retrouver dans les coulisses du MLPC comme Chargé de Mission au Cabinet de DONDON Apollinaire, Président de l’Assemblée Nationale.

 

 Aujourd’hui le soutien de LAMESSI à BOZIZE est tardif. LAMESSI est devenu la risée des militants du KNK qui ne sont pas dupes et qui lui reprochent d’avoir attendu de connaître le nom du « vainqueur » pour le « soutenir » alors qu’il soutenait la candidature de ZIGUELE en France. C’était avant et pendant les élections qu’il fallait le faire publiquement, courageusement et dignement…

 

L’appel du pied a été ignoré. Son auteur n’a convaincu personne et a prêché dans le désert. Il en sort doublement  perdant : dans le camp présidentiel ; dans le camp de l’opposition. C’est dire en dernière analyse que l’opportunisme politique et les petits calculs personnels ne sont pas toujours payants.

 

Bangui, le 28 février 2011

 

    Sylvain GAYANITE

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion