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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 03:20

 

Ziguélé

 

 

 

Bangui, le 10 janvier 2011

 

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais tout d’abord vous présenter mes meilleurs vœux de bonne et heureuse année 2011, pour chacun d’entre vous, pour vos familles respectives, et surtout pour notre pays.

Pour la seconde fois, mon Parti le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) m’a désigné pour défendre ses couleurs aux élections présidentielles. J’ai accepté cette mission parce que je suis convaincu que si les Centrafricaines et les Centrafricains l’acceptent, nous pouvons tous ensemble sauver notre pays de cette mort lente dont il a pris le chemin depuis ces dernières années car je suis de ceux qui croient fermement que cette descente aux enfers de notre pays n’est pas une fatalité et que tous unis, nous pourrons stopper cet engrenage infernal et modifier positivement le cours des choses.

En effet, depuis les dernières élections de 2005, j’ai pris le temps, avec mes camarades du Bureau Politique du Parti, de sillonner le pays par route, d’Ouest à l’Est, et du Nord au Sud. J’ai effectué plus de 15 000 kms de routes et de pistes et vécu personnellement la réalité des insupportables tracasseries et entraves au droit à la libre circulation des citoyens et des marchandises que constituent les illégales barrières routières sauvagement implantées sur l’ensemble du territoire national par les forces de défense et de sécurité avec l’approbation des plus hautes autorités nationales.

Je prends d’ores et déjà l’engagement solennel auprès des Centrafricains que si je suis élu Président de la République, le démantèlement des barrières illégales de racket sera une des premières mesures que mon gouvernement va initier afin de rétablir la liberté d’aller et venir de nos compatriotes sur la totalité du territoire national.    

Bref, j’ai rencontré des hommes et des femmes de toutes conditions sociales et pu mesurer l’immensité de la détresse de mes compatriotes, surtout ceux de l’arrière-pays. J’ai eu l’occasion de toucher du doigt la profondeur de l’inqualifiable pauvreté et de la misère dans laquelle vivent aujourd’hui nos concitoyens du monde rural. Cette descente aux enfers s’est en effet accélérée après les ravages et les destructions de nos villes de provinces, à la suite des années de rébellions que certains hommes politiques ont cru devoir lever pour s’emparer des rênes du pays  et assouvir leur soif du pouvoir et pour leurs intérêts bassement égoïstes, sans aucune véritable vision ni de près ni de loin du développement du pays et du bien-être des Centrafricains. Des années après, notre pays et en particulier le monde rural, éprouve les pires difficultés à s’en relever.

Plusieurs régions de notre territoire national sont littéralement délaissées et dans un état d’abandon quasi-total par le pouvoir central. Même les axes routiers qui y conduisent n’ont presque jamais été entretenus depuis des lustres au point que la nature a repris ses droits, confinant des populations entières dans un inadmissible isolement. Comment voulez-vous que les compatriotes qui y vivent  n’aient pas le sentiment d’être rejetés et de ne plus appartenir à la Nation centrafricaine ?

La famine qui tenaille aujourd’hui une grande majorité de Centrafricains tant à Bangui que dans les provinces et surtout la malnutrition infantile sévère qui sévit notamment dans les zones et villes minières et qui a entraîné la mort de plusieurs centaines de nos enfants, n’a pas d’autre explication que la politique criminelle et antinationale de braquage et du gangstérisme  d’Etat vis-à-vis des collecteurs et bureaux d’achat de diamant qui a mis de fait au chômage, plusieurs artisans miniers qui ne pouvaient plus subvenir convenablement aux besoins alimentaires de leurs familles.

En ayant parcouru le pays,  j’ai ainsi pu rendre visite et partager concrètement le quotidien de nos militants et indirectement celui des populations de plusieurs préfectures, sous-préfectures, communes et villages de notre beau pays. J’ai discuté avec des agriculteurs, des pêcheurs, des éleveurs, des artisans, des artisans miniers ou « nagbata », des chômeurs, des jeunes diplômés chômeurs, des religieux, des commerçants, des fonctionnaires, des enseignants de tous les degrés, des infirmiers, des médecins, des magistrats, des douaniers, des soldats, gendarmes et policiers de tous grades etc.  

J’en ai tiré ce programme politique que j’ai l’honneur de vous présenter ce jour, et que je défendrai pendant ces deux semaines de campagne.

Mais avant de passer à cette présentation à proprement parler, je tiens à dire ici clairement avec gravité au sujet du présent processus électoral, qu’en dépit des accords politiques et solutions de sortie de crise de toutes sortes, des pertinentes recommandations adoptées par consensus par le Dialogue Politique Inclusif en présence et avec l’appui incessant des partenaires de nombreux pays amis et des partenaires au développement de la Communauté internationale, le Président François BOZIZE est toujours demeuré sourd et a singulièrement manqué de volonté politique et  refusé de mettre sincèrement en application dans l’intérêt de la paix ce qui a été arrêté.

Les Centrafricains et l’opinion internationale sont témoins de la part que mon parti le MLPC et moi-même avons prise au sein de l’opposition démocratique, aux côtés des autres formations politiques pour la recherche inlassable des voies et moyens pacifiques afin de faire aboutir le processus électoral. Notre seul objectif était d’obtenir que les élections soient crédibles. Pour l’être, elles doivent être mieux préparées pour être conformes aux normes et standards internationalement  admis de nos jours.

Nous n’avons eu de cesse de dénoncer les dérives de la Commission Electorale Indépendante qui n’était indépendante que de nom et d’exiger, sans avoir été écoutés le moins du monde, la correction des graves dysfonctionnements de ladite commission ainsi que la médiocrité, la gestion opaque et la partialité de son Président dont nous avons aussi exigé sans succès à ce jour, la démission. Même le rapport de l’audit sur sa gestion, pourtant ordonné par le Président BOZIZE à notre demande, est resté l’un des documents dont le secret est le mieux gardé par le pouvoir en place.

La campagne électorale s’ouvre donc malgré nos mises en garde et exigences quant aux diverses garanties minimales que nous n’avons cessé de formuler. Cela est malheureusement interprété à tort par le camp de notre principal adversaire comme une crainte d’aller aux urnes alors que mon parti, le MLPC est incontestablement un parti réellement démocratique qui a toujours activement pris part sans la moindre appréhension, à toutes les échéances électorales du pays.

Je tiens donc à déclarer très solennellement que ces élections dont les conditions de préparation sont des plus mauvaises, avec un Président de la République très peu soucieux, c’est le moins que l’on puisse dire, du respect de la loi et notamment du Code électoral ; un Président de la République qui n’a jamais réellement voulu du consensus comme mode de préparation des élections ; d’un Président de la République qui n’a jamais rien fait pour assurer la réussite du programme de désarmement, démobilisation et réinsertion des rebelles.

Malgré l’occupation de huit préfectures de notre pays sur les seize qu’il compte, par diverses rébellions armées toujours non désarmées à ce jour, nous sommes contraints de battre campagne dans des conditions d’insécurité que tout un chacun peut imaginer.

Tout en reconnaissant les carences et faiblesses qui sont inhérentes  à un jeune parti de l’opposition, fût-il le premier du pays comme l’est le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), je voudrais dès maintenant dégager notre responsabilité pour le cas où ce processus électoral bâclé déboucherait sur un échec pouvant ouvrir lieu à une nouvelle crise politique en Centrafrique à l’instar de ce que vit actuellement un pays frère de l’Afrique de l’Ouest.  L’attention que nous avons attendue des partenaires au processus électoral, qu’ils soient nationaux ou internationaux, pour faire entendre et ramener à la raison le Président de la République n’a pas toujours été au rendez-vous, et je crains que nous le regrettions tous vivement demain.  

Je vous remercie

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique