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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 01:50


bozize-stylise

 

Si ce n’est pas parce qu’un coup d’Etat est chose sérieuse et de surcroît dans un pays comme la République centrafricaine qui en a connu plusieurs dans son histoire, on serait tenté d’en rire ou de prendre pour une mauvaise plaisanterie l’annonce faite ce week-end sur les antennes de Radio Centrafrique par le général d’opérette Jules Bernard Ouandé qui a en charge la sécurité publique dans le gouvernement de Bozizé. Bozizé lui-même ne s’y est d’ailleurs pas trompé car une source proche de lui a rapporté qu’il en a beaucoup ricané lorsque le ministre Ouandé l’a informé avoir reçu le coup de fil de l’ancien président Ange Félix Patassé qui a cru devoir réagir pour rejeter les accusations malicieusement proférées contre lui.

C’est cette réaction maladroite de l’ancien président qui aurait dû comprendre que dans certaines situations le silence est d’or, qui a donné quelque crédit à un projet présumé de putsch cousu de fil blanc et qui sentait de loin un grotesque montage, le général Ouandé n’étant pas à son premier coup. Ce monsieur se voit toujours obligé de faire monter de toutes pièces par ses services des « fiches » mensongères de  renseignement afin de pouvoir justifier auprès de son compère Bozizé l’idée selon laquelle il assurerait efficacement la sécurité de leur régime. C’est leur raison d’existence.

En l’occurrence, la grossière manipulation par voie de fiche mensongère du ministre Ouandé  traduit incontestablement la nervosité pathologique de Bozizé et le fait que qu’il ne semble plus supporter la double présence dans le pays d’Ange Félix Patassé et de son ancien ministre de la défense et non moins président du mouvement politico-militaire APRD et vice président du comité de pilotage du DDR, Jean Jacques Demafouth. Or, si le second a regagné le pays depuis le DPI à la faveur de l’Accord de paix Global de Libreville, sans l’accord de Bozizé, le premier n’aurait pas mis fin à son exil togolais et regagné le bercail via Tripoli comme ce fut le cas.

Les récents discours volontairement belliqueux et cyniques de Bozizé ne laissent aucun doute sur cette volonté de faire la peau de ses adversaires qu’ils accusent de vouloir chercher par tous les moyens à le chasser du pouvoir. Il suspecte Patassé de vouloir prendre sa revanche et Demafouth de vouloir le renverser. De ce point de vue, il n’y a rien d’étonnant qu’il puisse exercer d’inadmissibles pressions sur les responsables de la MICOPAX du camp Mpoko pour qu’ils ne puissent plus assurer la sécurité de Jean Jacques Demafouth. C’est clair comme de l’eau de roche…   

Est-il besoin de rappeler que le général Jules Bernard Ouandé est celui-là même qui a détourné à son profit personnel les fonds octroyés par la Banque Mondiale et le PNUD destinés à la réalisation du premier programme du DDR issu du Dialogue National de 2003. Les villas qu’il a construites avec les fruits de ce vol sont bien connues dans la ville de Bangui. Cela est de notoriété publique. De même que c’est bien connu dans les milieux judiciaires que c’est Bozizé qui a assuré jusqu’ici l’impunité totale au général Ouandé en refusant de signer à l’époque un décret pour permettre son audition par la justice. Certains de ses complices de ce détournement, des lampistes il est vrai, ont néanmoins dormi quelques mois en prison avant de retrouver leur liberté et sont malheureusement décédés après.

Jules Bernard Ouandé est aussi ce général qui lors du coup d’Etat du 15 mars 2003, a volé une voiture Peugeot 604 du parc auto présidentiel qu’il a réussi le tour de force à faire immatriculer en plaque BG et qu’il utilise jusqu’à présent comme propriété personnelle. Le tandem Bozizé et Ouandé est une véritable honte pour le pays et les Centrafricains. Avec eux, c’est la médiocrité et la force des armes au pouvoir.  Après avoir torturé Charles Massi pour que mort s’en suive, Bozizé et sa clique n’ont plus en tête que la force des armes et l’élimination physique des adversaires politiques comme solution de résolution des contradictions politiques afin de garder durablement le pouvoir.

Faut-il aussi rappeler qu’avec Bozizé, ce général ministre fut avant dernier de leur promotion de l’Ecole spéciale des Officiers d’Active (ESFOA) de Bouar du temps de Jean Bedel Bokassa, juste devant l’actuel président centrafricain qui occupa lui, la queue du peloton. C’est dire combien le sort n’a pas été généreux avec le Centrafrique en permettant que des personnes de si piètre qualité puissent se retrouver à la tête du pays. L’image désastreuse et l’état de délabrement actuels du pays et sa régression dans plusieurs domaines où il excellait par le passé, peuvent trouver ici leur explication. Ce ne sont pas hélas des lumières qui le dirigent, triste constat.

La question se pose vraiment de savoir quel but recherchent Bozizé et Ouandé à travers l’annonce de ce projet de prétendu coup d’état. Sont ils conscients que ce faisant et c’est ce qui est très irresponsable de leur part, ils accréditent dans l’esprit de l’opinion tant nationale qu’internationale, l’image d’un pays instable, qui n’en finit pas de s’empêtrer dans la crise qui l’agite depuis des années et qui ne saisit pas les opportunités de sortie de crise qu’on lui propose. Arrivé au pouvoir par coup d’Etat, Bozizé trouve à présent que les coups d’Etat sont une mauvaise chose pour un pays. Aucun Centrafricain n’en est dupe.

Ce pseudo projet de coup d’Etat est visiblement une manipulation montée de toutes pièces afin sans doute d’écarter dans le camp de l’opposition dont Bozizé redoute l’adversité politique dans les urnes, certaines personnalités avec lesquelles il a encore personnellement quelques comptes à régler. Peu avant la mascarade électorale de 2005, on se souviendra qu’il avait voulu choisir ses concurrents en faisant disqualifier par la cour constitutionnelle à sa solde certains candidats. Il a fallu la médiation de feu le président Omar Bongo Ondimba pour rétablir les recalés dans leurs droits. A présent, malgré le fric dont il dispose, il est pris à douter de ses chances de triompher dans les urnes sans devoir recourir à la fraude et à la force des armes s’il ne reste pas jusqu’au bout maître du jeu des élections face aux différents concurrents qui entendent lui ravir son fauteuil présidentiel.

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique