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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 03:02

 

 

 

 

 

Ziguélé et Tiangaye 

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 u moment où Bozizé est contraint de devoir parler de dialogue et où il semble y aller à reculons, il paraît nécessaire et utile pour une bonne compréhension des enjeux, de rappeler certains points essentiels afin de situer les responsabilités des uns et des autres. Il vain par exemple, comme certains veulent le faire croire actuellement, de vouloir rejeter sur l’opposition la responsabilité de l’échec du fameux et dernier Dialogue Politique Inclusif (DPI) qui s’était tenu fin décembre 2008 à Bangui et auquel quasiment tous les opposants à l’exception de Charles Massi, avaient pris part.

 C’est Bozizé qui porte seul la responsabilité de l’échec du DPI. C’est lui seul qui a refusé de mettre en œuvre les principales recommandations qui ont été décidées et adoptées par consensus à l’issue de ce rassemblement. En se retranchant derrière son prétendu pouvoir discrétionnaire dévolu par la constitution, il s’est obstinément refusé à désigner un Premier Ministre dans les rangs de l’opposition et procéder à la composition d’un véritable gouvernement d’union nationale et de mission tel que voulu par cette assise.  

 Il a choisi de laisser l’ectoplasme de Faustin Touadéra à la tête d’une illusion de gouvernement d’union nationale constitué en grande partie de ses partisans dont l’incompétence et la propension prédatrice ne sont plus à démontrer, complété par quelques ersatz de ministres débauchés ici et là ainsi que quelques pseudos représentants de mouvements politico-militaires et de la soi-disant société civile.  

 Si cette grossière supercherie a permis à Bozizé de conserver son pouvoir jusqu’aux élections de janvier 2011 - vraie mascarade électorale où lui et son parti KNK ont encore  évidemment massivement fraudé pour toujours conserver le pouvoir – elle a plongé et continue de maintenir le pays et les Centrafricains dans une épouvantable situation économique et sociale sans précédent dans l’histoire. Depuis le gouvernement formé par Bozizé en avril 2011 jusqu’à ce jour à l’issue de sa pseudo victoire électorale, la vie de l’écrasante majorité des Centrafricains est plutôt une véritable descente aux enfers que le mieux-être promis par Bozizé depuis la prétendue « libération » qu’il leur aurait apportée.

 Depuis lors, le pays est complètement en veilleuse et ne cesse d’enregistrer des records négatifs dans tous les domaines. Tous les indicateurs socio-écononomiques et indices de développement humain sont dans le rouge. Les affaires de détournement de deniers publics et les scandales de corruption impliquant des ministres et dignitaires dans l’entourage proche de Bozizé lui-même se sont multipliées mais le tout, dans une totale impunité et sans que les auteurs et coupables ne connaissent la moindre inquiétude.  

 On se retrouve donc aujourd’hui dans une situation analogue à celle qui avait prévalu naguère à la veille du DPI et qui avait amplement justifié sa tenue. Le pays est par terre. Bozizé et son gouvernement ont totalement échoué à redresser le pays et à engager une réelle politique de réconciliation des Centrafricains. En outre, en raison des fraudes électorales massives et suite à la mascarade électorale de 2011, les bailleurs de fonds et les partenaires au développement de la communauté internationale ont fermé tous les robinets financiers au régime de Bangui.

L’arrière-pays est dans un état d’abandon général. La famine et la dénutrition sévissent partout dans le pays. Les infrastructures de base, tout au moins le peu qui existait, se sont effondrées dans l’indifférence générale du gouvernement. Outre les cas Baba Laddé et Joseph Kony, les différentes rébellions armées nationales dont certaines avaient conclu des accords de paix sans grand lendemain avec le régime en place et qui ont été recensées pour être désarmées et démobilisées, semblent retrouver de la vigueur et ont même repris les armes ou menacent de le faire pour certaines. Sur le plan politico-diplomatique, Bozizé est complètement isolé non seulement vis-à-vis de ses pairs de la sous-région mais également un peu partout dans le monde. Il est ébranlé et fragilisé dans son propre camp par l’affaire Ndoutingaï qui n’a pas encore connu son dénouement.

 C’est donc encore dans ce même contexte de blocage et d’impasse comme en 2008 que la nécessité d’un autre dialogue inter-centrafricain se présente aujourd’hui. Connaissant le personnage Bozizé, avec la filouterie et le sens de la roublardise qui le caractérisent, les Centrafricains doivent comprendre que l’opposition doit redoubler de vigilance afin de ne pas encore donner un chèque à blanc à Bozizé afin qu’il puisse refaire la même politique qu’il sait faire et qui ne fait qu’échouer depuis qu’il est arrivé au pouvoir.

 C’est pourquoi le fait que cette opposition, notamment le FARE-2011, pose actuellement des conditions pour la tenue d’un autre dialogue, doit être ainsi compris et approuvé de ce point de vue. Si dialogue doit avoir lieu à nouveau, il doit être sincère, vrai et déboucher cette fois-ci sur un accord politique écrit afin d’éviter que Bozizé ne puisse encore se jouer de tout le monde par la suite, en refusant la mise en œuvre des résolutions de ce dialogue.  

 Il est donc regrettable que certains compatriotes et une partie de la presse nationale adressent aujourd’hui des critiques pas très justifiées à l’opposition pour lui reprocher de ne pas vouloir saisir la main tendue de Bozizé, quelqu’un à qui on ne peut vraiment pas faire aveuglément confiance, tant il est le roi de la duplicité et de la roublardise. Face un tel personnage, se prémunir d’un certain nombre de garanties de réussite de ce dialogue est le minimum que l’opposition puisse faire. Faute de cela, les mêmes qui la critiquent aujourd’hui la traiteront demain en cas d’une nouvelle roublardise de Bozizé, d’opposition la plus bête du monde.

 

La Rédaction

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
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