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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 01:07

 

 

 

 

jean pierre bemba

 

Radio Ndéké Luka Jeudi, 03 Mai 2012 14:02

Une victime de viols dite VI a tenu à déposer publiquement au procès de Jean-Pierre Bemba devant la Cour Pénale Internationale (CPI) repris mardi 2 mai 2012. Une quasi-exception, dans ce procès où la majorité des dépositions ont été entendues à huis clos. VI a voulu déposer sans « qu’on altère [son] image et [sa] voix».

Les Juges de la CPI ont ainsi commencé l’audition de 5 témoins, appelés par les représentants des victimes. Deux des victimes déposeront sous serment, et trois autres pourront simplement faire « valoir leurs vues » devant la chambre de première instance.

Vêtue avec élégance, VI, victime de viols, explique que « dans ma communauté, je ne suis pas considérée comme un être humain. J’ai été traitée comme une bête de somme. Je ne peux pas vivre comme toutes les autres filles de mon âge. Avant ces événements, j’étais une femme digne, je pouvais avoir une famille digne, mais j’ai perdu ma dignité. C’est pourquoi j’ai demandé à témoigner publiquement ».

Au début de l’année 2003, VI a été violée à deux reprises. La 1èrefois, c’est un officier qui lui a sauvé la vie. « Ils ont voulu m’abattre, mais il les a dissuadés. Il leur a dit qu’il avait besoin de moi pour pouvoir piller les maisons. » Plus tard, VI est de nouveau piégée par des miliciens, des hommes qui venaient du Congo et parlaient lingala, affirme-t-elle, comme les soldats du Mouvement pour la Libération du Congo (MLC) de l’accusé, Jean-Pierre Bemba. « L’un des soldats s’est servi de son couteau pour enlever mes sous-vêtements et ils ont abusé de moi, raconte-t-elle. Cela se faisait à tour de rôle et à volonté ».

12 soldats, armés de fusils,  tiennent la jeune femme au sol. « L’un était sur mon bras, d’autres étaient sur mes pieds et ils ont commencé à coucher avec moi. Par la suite, ils m’ont retournée et ils ont couché avec moi, à l’anus, au vagin et même à travers la bouche. C’est suite à cela que j’ai commencé à vomir, pour finalement perdre connaissance ». Depuis ce jour, VI affirme être « stigmatisée ».

L’audition des victimes se poursuit à La Haye. Après ces témoignages, ce sera au tour de la défense de présenter ses témoins. Les avocats de Jean-Pierre Bemba ont suggéré de commencer début août et annoncé qu’il leur faudrait deux ans.

Le procès de Jean-Pierre Bemba, poursuivi pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis en Centrafrique en 2002 et 2003, a débuté le 22 novembre 2010.

 

 

Procès Bemba : les victimes témoignent devant la CPI de leur calvaire

 

Par RFI jeudi 03 mai 2012

 

Le procès de Jean-Pierre Bemba à La Haye est entré cette semaine dans une nouvelle phase devant la Cour pénale internationale. Ce sont des victimes qui viennent maintenant à la barre raconter leur calvaire dans ce procès. Pour mémoire, l'ex-vice-président congolais est jugé depuis un an et demi parce que les hommes de sa milice sont accusés d'avoir commis meurtres, viols et pillages en 2002-2003 en Centrafrique, quand ils sont allés prêter main forte à l'armée centrafricaine de l'ancien président Patassé.

 

« J'ai été traitée comme un animal, et je ne peux plus vivre normalement. J'étais une femme avec de la dignité, et je l'ai perdue ». C'est une Centrafricaine de 28 ans qui parle, un visage fin, une écharpe gris bleu.

 

Depuis hier, elle témoigne dans le procès de Jean-Pierre Bemba pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. En sango, sa langue maternelle, elle raconte qu'en 2003, le jour où les troupes congolaises de Jean-Pierre Bemba ont envahi sa ville de Mongoumba, au sud de Bangui, elle a été violée à deux reprises par des hommes du MLC, au point d'en perdre connaissance.

 

Depuis, elle se dit stigmatisée, on l'appelle la femme des rebelles congolais, et parfois, les gens crachent sur moi, dit-elle.

 

Peter Haynes, avocat de la défense, a commencé aujourd'hui le contre interrogatoire. Jean-Pierre Bemba écoute de son côté, derrière son avocat.

 

Une autre victime doit prendre la parole après demain. Elles sont deux à avoir été autorisées par les juges à venir s'exprimer à la barre. Deux des quelque 2500 victimes représentées au procès par leurs propres avocats.

 

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