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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 03:15

 

 

Goungaye-Wanfiyo-Nganatouwa.jpg

 

        feu Me Goungaye Nganatoua

 

Après plusieurs mois d’intense préparation, nous voilà donc enfin prêt !

 

La remise du prix Moumié aura lieu le 13 novembre 2010 à Genève, à la Salle Calvin de l’Hôtel Ramada-Encore.

 

Nous commémorerons ainsi à la même occasion le cinquantenaire de l’assassinat à Genève de Félix Moumié. Pour mémoire, c’est le 3 novembre 1960 que l’illustre nationaliste camerounais est empoisonné au thallium, lors d’une soirée au Restaurant le Plat d’Argent au cœur de la Vieille-ville de Genève, par un agent secret français qui se disait journaliste.

 

La journée du 13 novembre commencera donc par un hommage vibrant au patriote Félix Moumié au bas des marches du lieu où ce trouvait le Plat d’Argent, à la Grand-Rue 4. Nous nous assurons déjà de la présence de notre cher et regretté Pius Njawé, qui était avec nous en 2009 dans les mêmes circonstances, et qui avait si bien fait le lien entre la lutte de Moumié en 1960 avec celle qui doit se pérenniser jusqu’à la véritable libération de l’Afrique.

 

En passant par une visite d’hommage au Pavillon de l’Hôpital cantonal qui vit les dernières heures de Félix Moumié, nous nous retrouverons à 17h00 à la salle qui nous accueillera pour ces cérémonies de remise du Prix Moumié.

 

A travers la qualité des personnes qui ont répondu à notre invitation, autant les lauréats, les représentants des lauréats à titre posthume, ainsi que les orateurs dans le cadre de la Conférence internationale, nous comptons marquer cet événement de manière mémorable.

 

C’est ainsi que nous accueillons le Roi traditionnel bamiléké Na-Tche-Ma - Tchendjou II Sokoudjou Rameau Jean Philippe, Fo’o de Bamendjou, intronisé en 1953, 15ème chef de la dynastie et doyen des chefs traditionnels de la région de l'Ouest, qui sera accompagné de sa cour, avec la collaboration logistique des communautés bamendjou de Suisse et de France. En tant que témoin et victime de la répression coloniale et post-coloniale, il a notamment assisté à l’exécution d’Ernest Ouandié le 15 janvier 1971 à Bafoussam. Elevé en pays béti jusqu’à son intronisation, victime en tant que chef traditionnel de tentatives incessantes de corruption et de persécutions de représailles par le pouvoir, ce vétéran de la lutte contre le tribalisme, instrument politique de division monté de toute pièce, a toujours prôné la neutralité pour symboliser l’unité et la réconciliation pour un Cameroun souverain.  

 

Mme Feu Albert Mukong,  nous fait le grand honneur de répondre à notre invitation pour recevoir le Prix attribué à son époux Albert Mukong qui s’est éteint en 1984 à Bamenda. Résistant farouche sa vie durant aux violations étatiques des droits de l’homme en tout genre, il fut militant nationaliste de sa jeunesse jusqu’à sa mort. Sa lutte sans relâche pour la protection des droits de la minorité anglophone, lui a valu vers la fin de sa vie de se ranger finalement aux côtés des sécessionnistes, pour un Cameroun anglophone indépendant. Les Camerounais se rappelleront toujours de sa ténacité et son courage à toute épreuve. La présence de Mme Mukong à la même table que le Roi Sokoudjou symbolise donc une véritable réconciliation nationale dans le sens camerounais et traditionnel du terme.

 

Nous accueillons également le journaliste camerounais Jean-Bosco Talla, Directeur de l’hebdomadaire « Germinal », symbole vivant de la lutte contre les violations du droit d’expression au Cameroun et en Afrique. Dans la perspective des élections dans différents pays en 2011, dont le Cameroun, le Centrafrique et le Tchad, les journalistes africains subissent de manière exponentielle les assauts soutenus de leurs gouvernements respectifs qui veulent les empêcher de témoigner des exactions socio-économiques contre leurs peuples qui les ont « librement et démocratiquement » élus. C’est ainsi que M. Talla, comme ses collègues des pays environnant notamment, continuent à travailler dans des conditions de plus en plus périlleuses et sous une menace perpétuelle.

 

Last but not least, Mme Feu Goungaye Wanfiyo, nous fait également l’honneur infini de venir recevoir le Prix décerné à son époux, dont la brutale disparition en décembre 2007 à Bangui ressemble à tous points de vue à une élimination politique. En effet, Maitre Goungaye travaillait activement avec la Cour Pénale Internationale pour la réhabilitation de milliers de victimes de sévices et massacres en République Centrafricaine dans les années 2002 et 2003. Mme Goungaye sera accompagnée d’une délégation centrafricaine, et ne pourra manquer de nous parler de la Commission Vérité et Justice, association créée en France à la suite de la mort de son mari, afin de pérenniser l’œuvre et la mémoire de ce patriote centrafricain mort sur le champ de bataille, dans sa défense des Sans Voix. Ce prix Moumié attribué à Maître Goungaye se doit aussi de rappeler au monde, qu’aujourd’hui, autant qu’en 1960, l’assassinat politique reste une arme des fourbes qui cherchent à s’accrocher au pouvoir par tous les moyens.

 

La Conférence internationale qui suivra la remise du Prix, évoluera autour du thème du Déficit démocratique en Afrique centrale et le risque d’implosion sociale. Nous aurons donc l’immense plaisir d’accueillir le Professeur Rigobert Bwemba-Bong, géopolitologue camerounais, Anatole Malu, d’origine congolaise et Président de l’Université africaine de Genève, Acheikh Ibn Oumar, tchadien, ancien ministre des Affaires Etrangères et dans l’opposition depuis plusieurs années, ainsi que le Professeur Betina Begong-Bodoli, homme de lettres centrafricain et fondateur du Mouvement Panafricain – MPA. Ces quatre illustres intervenants nous brosseront de manière très complémentaire, un tableau de la situation actuelle en Afrique centrale particulièrement, soutenant la nécessité de s’unir dans un esprit de dénominateur commun panafricaniste en ce cinquantième anniversaire de ce que les prédateurs de l’Afrique appellent les « indépendances africaines ». 

 

C’est donc dans le panache et à travers une immersion complète dans des questions brûlantes d’actualité, que nous comptons écrire une page de l’histoire du Cameroun et de l’Afrique. Nous nous réjouissons de partager cette immense joie avec tous les Camerounais, Africains et amis de l’Afrique, animés par un désir irrépressible de retrouver une Afrique véritablement émancipée et maîtresse de son destin.

 

 

Rebecca Tickle

Secrétaire-générale

Fondation Moumié

 

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