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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 23:24

 

 

 

drapeau françafricain

 

ANALYSE

 

(25/03/1012) Pour les candidats à l’Elysée, il est toujours important de courtiser les chefs d’Etat africains à la veille de l’élection présidentielle française. Ces derniers mois, la multiplication des visites diplomatiques et d’ « affaires » impliquant le clan Sarkozy nous ramène au cœur d’une « Françafrique » que beaucoup déclarent morte et enterrée, mais qui reste truffée d’émissaires occultes, de mallettes et de barbouzes

Gilles Labarthe / DATAS

- Que vont chercher, aujourd’hui encore, les hommes d’État français en Afrique ? Une stature diplomatique, ou des moyens sonnants et trébuchants de campagne électorale ?

- Des Africains ont aidé, continuent à aider des candidats français ou des formations politiques. Mais il faut surtout relever qu’un président de la République française ou quelqu’un qui aspire à le devenir doit connaître l’Afrique et y jouir d’un certain rayonnement. C’est devenu une donnée politique, c’est entré dans les mœurs. Enfin, des électeurs français, dont les suffrages ne sont pas négligeables, vivent en Afrique.

 Les décennies passent, et cette réponse de Jacques Foccart, homme des « réseaux » français en Afrique et ancien secrétaire général de l’Élysée du temps de Charles de Gaulle, reste toujours d’actualité. Depuis cinquante ans, c’est la même histoire : dès l’approche de l’élection présidentielle, le ballet des visites diplomatiques entre candidats à l’Elysée et potentats africains s’intensifie, jusqu'à ressembler à une farce de boulevard digne du Père Ubu.

De quoi s’agit-il, pour les politiciens français ? Officiellement, d’afficher leur présence à l’étranger, de serrer les mains des nombreux électeurs nationaux ou bi-nationaux, de reprendre contact avec les formations politiques amies. En coulisses, le programme comporte un autre agenda : rassurer les industriels et investisseurs français sur la poursuite de leurs bonnes affaires au sud du Sahara, renforcer les moyens financiers de campagne électorale en glanant quelques « enveloppes » au passage, et s’attirer la sympathie des dirigeants africains des pays « qui comptent » pour la France. Bref, de donner ses gages à la « Françafrique », en se rapprochant par exemple du Gabon de la très influente famille Bongo, ou du Congo-Brazzaville de l’autocrate et franc-maçon Denis Sassou Nguesso.

Rappelons-le en quelques mots : le néologisme de « Françafrique » a d’abord utilisé par l’ancien président ivoirien Houphouët-Boigny dans les années 1960, pour évoquer les liens privilégiés entre la France et ses anciennes colonies. Il a ensuite été popularisé depuis une quinzaine d’années dans un sens péjoratif et par jeu de mots (« France-à-fric ») pour dénoncer le caractère néo-colonial, occulte et affairiste des relations franco-africaines.

A Paris, l’association Survie milite depuis une vingtaine d’années pour « l’assainissement de la politique africaine de la France ». Elle n’a pas manqué de relever les dernières actualités : il y a quelques semaines, l’ancien premier ministre socialiste Laurent Fabius était en séjour à Libreville, où il a été reçu le 14 février « par le dictateur gabonais Ali Bongo, fils du despote Omar Bongo, imposé au pouvoir en 2009 par le biais d’un coup d’État électoral ». A cette occasion, Laurent Fabius a déclaré que les relations entre la France et le Gabon étaient « excellentes » et souhaité « qu’elles se développent dans le futur ».

Ces déclarations ont fait sursauter les défenseurs des droits humains, largement bafoués dans le petit Etat pétrolier du golfe de Guinée. Elles semblent d’autant plus malvenues de la part d’une figure importante de la gauche française, qu’elles interviennent juste quelques jours après une réaction du député européen Kader Arif, du premier cercle entourant le candidat à la présidentielle François Hollande. Kader Arif avait raillé la « visite privée » de Sassou Nguesso au président Sarkozy, le 8 février à l’Elysée. Les candidats de l’opposition n’avaient pas manqué l’occasion de fustiger un chef de l'Etat français qui « continue de faire honneur aux dictateurs », comme le déplorait aussi l’écologiste Eva Joly. « Il est grand temps d'en finir avec cette Françafrique », avait renchéri le Parti communiste français…

Fin janvier 2012, c’était au tour du président ivoirien Alassane Ouattara - remis en selle entre autres grâce à l’intervention de l’armée française à Abidjan en mars 2011, pour écarter son rival Laurent Gbagbo, qui s’accrochait au pouvoir - d’être reçu à l’Elysée, avec grande parade et tous les honneurs. Le quotidien de droite Le Figaro a chanté cette rencontre hautement symbolique : « Il semble loin le temps où la France et la Côte d'Ivoire apparaissaient comme deux nations brouillées. La visite d'État, entamée mercredi à Paris par le président ivoirien, Alassane Ouattara, se veut le symbole de retrouvailles nouées dans le sang lors du dénouement de la crise ivoirienne. Elle est une nouvelle étape dans la lune de miel voulue par les deux chefs d'État liés par une vieille amitié. ADO, comme les Ivoiriens surnomment leur président, et Nicolas Sarkozy se connaissent depuis plus de vingt ans, présentés par le truchement de Martin Bouygues. Les deux hommes ne se quitteront plus ».

Aujourd’hui, les associations militantes ou les politiciens de l’opposition ne sont plus les seuls à le constater : dans les faits, la « rupture » promise par Sarkozy n’a pas eu lieu. Des spécialistes des relations franco-africaines, tels que Jean-François Bayart, directeur de recherche au CNRS, perçoivent aussi une « régression de la politique africaine de la France à des relations clientélistes avec les capitales subsahariennes, relations dont l’asymétrie n’est pas toujours celle à laquelle on pense spontanément. L’Elysée soutient sans ambages les régimes en place, et même les sauve si nécessaire comme on l’a vu au Tchad (grâce à une intervention militaire française en février 2008, Ndla), il appuie les successions dynastiques (ou leur préparation) comme au Togo, au Gabon, au Burkina Faso, au Sénégal ».

 Précisément, c’est un ancien ambassadeur français en poste au Sénégal (de 2007 à 2010, avant que le président Abdoulaye Wade demande et obtienne son départ) qui sort de sa réserve : pour Jean-Christophe Rufin, membre de l'Académie française et ancien vice-président de Médecins sans frontières, « Sarkozy n'a jamais rompu avec la Françafrique ». Dans une tribune libre toute fraîche, publiée le 6 mars 2012 , il dresse un bilan : « L'interventionnisme français en Afrique a rarement été aussi fort que pendant ces cinq dernières années. Sauvetage militaire d'Idriss Déby Itno au Tchad, soutien au général putschiste Mohamed Ould Abdelaziz en Mauritanie, coup de pouce électoral à Ali Bongo Ondimba au Gabon, intervention armée en Côte d'Ivoire, appui à la transition guinéenne, interventions armées au Niger contre Al-Qaïda, sans parler de l'intervention en Libye, le quinquennat écoulé a été marqué par un activisme français tous azimuts, secret ou à visage découvert, sur le continent africain. Quel que soit le jugement que l'on porte sur ces interventions, force est de reconnaître qu'elles n'ont en rien le caractère « normal » qu'elles pourraient avoir dans le reste du monde. Elles sont largement fondées sur des relations personnelles, anciennes ou nouvelles. La politique africaine de la France doit peu au Quai d'Orsay et beaucoup encore aux réseaux de toutes natures ».

Jean-Christophe Rufin s’interroge aussi sur la bienveillance de l’Elysée envers un président sénégalais sortant, et passablement décrié en son pays : Abdoulaye Wade - 85 ans, au pouvoir depuis 12 ans. Mis en difficulté, Wade doit affronter son ex-Premier ministre, Macky Sall, pour un second tour d’élection présidentielle qui s’annonce très serré, dimanche 25 mars 2012.

 « Le Sénégal est emblématique de la relation franco-africaine sous Sarkozy. Le président Wade ne se permettrait pas une épreuve de force avec son peuple s'il ne se savait pas soutenu par la France. Quand Juppé (le ministre des Affaires étrangères, Ndla) le critique, il ne se prive pas de lui rappeler avec arrogance que les décisions ne se prennent pas à son niveau. Ainsi la France, qui se prétend dans le monde championne des droits de l'homme, est le dernier pays à faire preuve au Sénégal d'une complaisance coupable pour un régime qui, au fil des années, a vidé la démocratie sénégalaise de son contenu - tout en préservant ses formes - et créé les conditions d'une autocratie héréditaire ».

Héréditaire, en effet : par l’entremise de certains « conseillers » dont l’avocat Robert Bourgi, lui-même « héritier autoproclamé » de Jacques Foccart, Abdoulaye Wade n’a cessé de promouvoir auprès des autorités françaises son fils Karim, pour assurer un jour sa succession à la tête de l’Etat. Depuis le début du quinquennat de Nicolas Sarkozy, on ne compte plus leurs rencontres discrètes à l’Elysée. Les Sénégalais ont jusqu’ici échappé de peu à un scénario identique à ce qui a déjà prévalu en février 2005 au Togo (Faure Gnassingbé mis au pouvoir par les militaires dès la mort de son père, le général Eyadéma, après 38 ans de règne) et au Gabon (Ali Bongo, lui aussi « élu » président à l’issue d’élections contestées, organisées après la mort d’Omar Bongo en juin 2009). Coïncidence, tous ces fils prodigues se fréquentent et se connaissent depuis belle lurette. Ils sont aussi connus des services français pour leur comportement de « flambeurs » invétérés, propriétaires d’hôtels particuliers dans les belles avenues de Paris et d’innombrables voitures de luxe.

Au trio Karim Wade – Faure Gnassingbé – Ali Bongo, il convient d’ajouter un quatrième larron, lui aussi grand amateur de paillettes, champagne et nuits parisiennes : « Teodorin » Obiang Nguema, fils préféré du dictateur de Guinée équatoriale, ce petit Etat qualifié « d’émirat pétrolier » dont les richesses sont dilapidées par le clan au pouvoir, au mépris complet de la population. Teodorin est en première ligne en France dans l’enquête portant sur les « biens mal acquis » de trois chefs d'État africains – Denis Sassou Nguesso, Teodoro Obiang Nguema et feu Omar Bongo.

Cette enquête, actuellement menée par les juges Roger Le Loire et René Grouman, malgré les freins actionnés depuis l’Elysée, a été ouverte à la suite d’une plainte déposée en 2008 par Transparency International France pour soupçons de recel et blanchiment de fonds publics détournés. A la demande des deux juges d'instruction, une perquisition a encore eu lieu le 14 février 2012 par les policiers de l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière - OCRGDF dans la résidence privée du « playboy » Teodorin, avenue Foch à Paris - une somptueuse propriété de 2185 m2 s'étendant sur six étages et des dizaines de pièces. Le 28 septembre 2011, la police nationale avait déjà saisi 11 voitures de luxe appartenant à Nguema fils : deux Bugatti Veyrons, une Maserati MC12, une Porsche Carrera GT, une Ferrari Enzo et une Ferrari 599 GTO, une Aston Martin V8 V600 LM, une Rolls-Royce Phantom, un Drophead Coupé, une Bentley Azure et une Bentley Brooklands Coupé. Valeur : entre 200 000 et 2 millions d'euros l'unité.

La Françafrique est-elle morte ? Voici la Françafrique bling-bling des « fils à papa ». Et la question se pose : pourquoi les locataires successifs de l’Elysée ne parvient-ils pas à en finir avec les régimes de faveur accordés aux potentats africains - jeunes ou vieux -, avec les pratiques de la diplomatie parallèle, avec les réseaux affairistes et occultes découlant de la « période Foccart » - ou ce qu’il en reste ?

Le financement des partis politiques français, à coup de mallettes bourrées d’argent et via des intermédiaires sulfureux, est un élément d’explication. Ces histoires de mallettes sont revenues sur le devant de la scène après la sortie il y a quelques mois d’un livre du journaliste d’investigation Pierre Péan, enquêtant sur un acteur relativement nouveau et méconnu de ces « réseaux » protégés par l’Elysée : Alexandre Djouhri, « formé » dans les années 1990 par des fidèles de Charles Pasqua. La parution de l’ouvrage en septembre 2011 a suscité une cascade de réactions. « L’émissaire » Robert Bourgi, bien entendu visé, s’est fendu de « révélations » ramenant cette pratique des mallettes à l’ère Chirac-Villepin. Puis, Mike Jocktane, ex-conseiller personnel d’Omar Bongo et directeur adjoint de son cabinet, a précisé les choses : le convoyage de mallettes depuis le Gabon et d’autres pays « amis » n’aurait pas cessé avec l’arrivée de Sarkozy à la Présidence, en mai 2007. Il aurait bel et bien continué...

Toujours en septembre 2011, un autre « intermédiaire » également « employé » par l'Elysée, l'homme d'affaires Ziad Takieddine, a été mis en examen pour « complicité et recel d'abus de biens sociaux » dans le cadre du volet financier de « l'affaire Karachi » (soupçons de financement occulte de la campagne balladurienne pour l'élection présidentielle de 1995, impliquant des proches de Sarkozy, dont son ami et ancien conseiller Thierry Gaubert). Le 5 mars 2011, des douaniers avaient déjà interpellé Takieddine à l'aéroport de Paris - Le Bourget : il revenait de Libye avec 1,5 million d'euros en espèces dans ses valises.

Ces « éléments » peuvent sembler épars. Pour qui se donne la peine de les rassembler, ils tracent pourtant une ligne, qui renvoie à une constante de la vie politique française ; à un « système », qui a progressivement été dévoilé lorsqu’a éclaté, dès 1993, « l’affaire Elf » , le plus grand scandale politico-financier jamais mis à jour en France : financement politique de partis français par le jeu de commissions et rétro-commissions sur les recettes du pétrole gabonais ou de contrats mirobolants conclus à l’étranger en faveur d’entreprises tricolores. Ce « système » fait partie intégrante des modes de fonctionnement cachés de la Ve République. Et dans ce système, l’Afrique tient encore une place considérable.

Peut-être les dirigeants africains sont-ils même plus imposants qu’auparavant : depuis le début des années 1990, ils ont appris à pratiquer le chantage au pétrole gabonais ou congolais, à l’uranium nigérien ou centrafricain... ou au financement de campagne électorale. Les membres de la famille Bongo, comme d’autres dirigeants africains, ont désormais assez d’influence sur l’Elysée pour imposer leurs propres interlocuteurs .

Quels atouts ces dirigeants africains tiennent-ils dans leur manche ? Il y a d’abord le « côté cour » : au niveau de la scène internationale, la France perdrait son rang de « moyenne puissance » sans le ralliement des Etats composant son « pré carré » en Afrique – Etats qui lui apportent des voix dans l’enceinte des Nations unies. Sur le plan de sa politique dite d’autosuffisance énergétique, la France ne serait rien - ou presque - sans l’uranium du Niger, qui fournit environ 80 % du combustible nécessaire aux centrales nucléaires de l’Hexagone. Ajoutez à cela les intérêts de multinationales, comme Total ou GDF-Suez, dans le pétrole et le gaz africains ; dans les minerais stratégiques (composants essentiels pour l’aéronautique, les télécommunications, l’armement…) ; dans les matières premières (les « denrées coloniales »…) ; le transport… ou encore, au chapitre de la défense, la garantie d’une présence militaire française au sud de le Méditerranée.

Ce sont de tels enjeux, d’ordre stratégique, qui ont amené le général de Gaulle et ses proches conseillers à imposer dès son retour au pouvoir en 1958, un usage : celui du « domaine réservé », inscrit en marge de la Constitution de la Ve République. En clair : le président de la République française dirige depuis l’Elysée les dossiers africains, les affaires étrangères, la défense, sur lesquels il a la haute main.

 Voilà qui nous amène au « côté jardin » : depuis 1958, il est aussi d’usage que la gestion des « affaires franco-africaines » depuis l’Elysée passe par des « circuits courts » et officieux, décrits par Foccart dans ses Mémoires. Tant que la France ne changera pas de Constitution, en optant pour une VIe République, des pans entiers de cette politique africaine échapperont aux instances démocratiques, Parlement et ministre des Affaires étrangères compris.

 Que sont les « circuits courts » ? Des relations personnelles entre le président français, ses plus proches conseillers ou émissaires, et les dirigeants africains. Des relations fondées sur l’amitié, le « sens de la famille » et de l’intérêt commun. Foccart aimait à rappeler que cette pratique s’était imposée sur la demande des potentats africains eux-mêmes. Déjà à la fin des années 1970, « L’empereur » de la République centrafricaine, Bokassa 1er, s’adressait directement à son « ami » Valéry Giscard d’Estaing, et savait l’obliger - voire, le punir - par des cadeaux compromettants. On se souvient de « l’affaire des diamants », qui lui a en partie coûté sa réélection en 1981.

Aujourd’hui encore, Paris veille jalousement sur la République centrafricaine, archétype de la Françafrique. Ce pays oublié des médias renferme depuis les années 1940 de magnifiques réserves, outre le gisement d’uranium de Bakouma : des diamants, de l’or, le « trésor de guerre » de la mouvance gaulliste, bien à l’abri dans le sous-sol. C’est un ancien légionnaire français, actif dans les services de renseignement de Bozizé et impliqué dans le trafic d’armes, qui le confirme : le pays est « sous contrôle », survolé nuit et jour par l’aviation française ; les ambassadeurs européens en poste à Bangui rapportent régulièrement leurs informations à l’ambassadeur de France ; et, moyennant une bonne couverture, rien de plus facile que d’exfiltrer des diamants ou de l’or du pays, en leur faisant passer la frontière par valise diplomatique, tandis que la population est livrée à la misère. Bangui a beaucoup intéressé un autre « émissaire » de Sarkozy, qui s’est poussé du col et depuis 2007, cherche à jouer le « Monsieur Afrique » officieux de l’Elysée : Patrick Balkany, un ami d’adolescence.

Quel est le candidat à la présidence française qui, en 2007, avait le mieux compris à la fois l’importance du « pré carré » africain pour la politique étrangère, économique et énergétique de l’Hexagone, et la pratique des « circuits courts » ? Nicolas Sarkozy, qui fréquentait le doyen des chefs d’Etat africains Omar Bongo depuis les années 1980, alors qu’il n’avait encore aucune fonction au gouvernement et n’était que maire de Neuilly.

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