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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 15:58

 

 

manifestants du 5 janv Paris. 4 JPG

 

 

L'Afrique du Sud a déjà déployé 200 hommes (ministère)

 

Zuma


JOHANNESBURG, 08 jan 2013 (AFP) - L'Afrique du Sud a déjà déployé 200 hommes en Centrafrique, sur les 400 prévus, chargés d'assister et de former les troupes du gouvernement de Bangui en proie à une rébellion, a affirmé mardi le chef de la communication du ministère de la Défense dans une interview à l'AFP.

 

"Nous avons envoyé 200 hommes", a indiqué Siphiwe Dlamini, "notre mandat est très clair. D'abord et avant tout, le renforcement des capacités, la formation de l'armée de République centrafricaine, l'échange de conseillers, l'échange de formateurs et d'instructeurs".


Les 200 autres hommes seront déployés "en fonction de la situation sur le terrain".


Par ailleurs, et compte tenu des conditions locales, l'armée sud-africaine a déployé "un service de protection pour défendre nos propres intérêts", a ajouté le représentant du ministère, sans donner de détails sur le nombre d'hommes affectés à chaque tâche.


Pretoria avait annoncé samedi son intention d'envoyer jusqu'à 400 hommes en Centrafrique, sans spécifier de calendrier de déploiement.


Dimanche, une source militaire avait affirmé à l'AFP que les soldats sud-africains allaient rejoindre une unité de 400 Tchadiens déjà en place pour protéger la ville stratégique de Damara. M. Dlamini n'a pas confirmé cette information.


Lundi, la rébellion du Séléka a dénoncé la présence de troupes sud-africaines à Bangui, accusant le président François Bozizé de vouloir "plonger le pays dans le chaos", et l'Afrique du Sud de "voler au secours des ennemis du peuple centrafricain".


Selon le ministère sud-africain de la Défense, le déploiement de troupes se fait uniquement dans le cadre d'un accord bilatéral signé en 2007. "Nous sommes là-bas pour former, pour renforcer les capacités des troupes de la République centrafricaine, et nous ne sommes pas là-bas pour quoi que ce soit d'autre", a soutenu M. Dlamini.


L'armée sud-africaine est déjà engagée en République démocratique du Congo et au Darfour (Soudan), dans le cadre de missions internationales de maintien de la paix.

 

 

 

Pouvoir et rebelles à Libreville pour négocier, Bozizé refuse de partir

 

Bozizé perdu


LIBREVILLE, 08 jan 2013 (AFP) - Le président centrafricain François Bozizé a clairement affirmé mardi qu'il ne négocierait pas son départ, réclamé par la rébellion dont une délégation se trouve à Libreville pour des pourparlers avec le pouvoir et l'opposition, sous l'égide des pays d'Afrique centrale.


"Je n'ai pas à négocier (mon départ), est-ce que la rébellion représente le peuple centrafricain ? Je n'ai pas à négocier une fonction de chef d'Etat", a-t-il déclaré en réponse à une question lui demandant s'il était prêt à satisfaire les exigences de la rébellion.


"Pourquoi déchiqueter la Constitution ? Détruire les institutions de la République, c'est grave dans un monde où nous défendons la démocratie. Seuls les hors-la-loi, les mercenaires-terroristes peuvent demander cela", a-t-il poursuivi.


Il a également fustigé "l'opposition démocratique" qu'il a accusée de collaborer avec les terroristes.


"J'ai perdu une bataille mais pas la guerre", a enfin lancé le président centrafricain.


Ces déclarations tranchantes, qui augurent mal d'une issue positive à la profonde crise qui secoue la Centrafrique, interviennent le jour où s'est tenue à Libreville une réunion du conseil des ministres des Affaires étrangères de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale (CEEAC) préparatoire aux pourparlers entre le pouvoir de Bangui très fragilisé et une rébellion qui tient la majeure partie du pays.


A l'issue de la réunion, le conseil "a regretté que toutes les parties continuent de faire des déclarations incendiaires" et appelé "immédiatement à un accord de cessez-le-feu".


Il appelle aussi "le gouvernement à privilégier une approche régionale de la crise", une allusion aux renforts sud-africains envoyés à Bangui pour aider Bozizé.


Une délégation des rebelles, dirigée par le chef de la coalition Séléka, Michel Djotodia, est arrivée la première lundi soir à Libreville, après une escale à N'Djamena.


"On ne peut pas faire la guerre sans la paix et vice versa. On est là, on va discuter, on va se comprendre. Après tout, nous ne sommes pas des ennemis, nous sommes des frères", a-t-il déclaré à l'AFP à N'Djamena, avant de poursuivre: "Ce n'est pas moi qui vais faire partir Bozizé, il y a une coalition et il y a aussi l'opposition démocratique qui est là (...) on va se retrouver et on verra ce qu'il y a lieu de faire."


Les délégations du gouvernement et de l'opposition avaient quitté Bangui mardi matin pour Libreville. L'archevêque de Bangui Dieudonné Nzapalainga les accompagne en tant qu'observateur, ainsi que d'autres membres de la société civile.


La société civile espère le triomphe du sentiment patriotique


"Nous espérons que, pour une rare fois, le sentiment patriotique va dépasser toutes les autres considérations", a déclaré à l'AFP l'un des délégués de la société civile, Clotaire Rodonne Siribi, du Comité de suivi des recommandations du dialogue politique inclusif.


Lundi, le chef de la délégation du pouvoir, Jean Willybiro-Sako, s'était déclaré "serein", estimant que les concessions du président Bozizé, qui a proposé un gouvernement d'union nationale et assuré qu'il ne se représenterait pas à la prochaine présidentielle, "avaient débloqué beaucoup de choses".


"Nous ne pouvons pas nous limiter uniquement au programme DDR" (désarmement, démobilisation, réinsertion des combattants - programme décidé par des accords de paix en 2008 mais jamais vraiment appliqué), a déclaré Me Nicolas Tiangaye, le chef de délégation de l'opposition.


François Bozizé, sur la sellette depuis la déroute de l'armée régulière face aux rebelles du Séléka, devrait se rendre à Libreville dans le courant de la semaine, si les délégations arrivent à s'accorder sur une sortie de crise qui semble difficile à trouver.


Il s'était rendu lundi à Brazzaville, pour préparer avec le président congolais Denis Sassou Nguesso, dont il est proche, les pourparlers.


L'un des principaux opposants Jean-Jacques Demafouth, arrivé mardi soir, estime que Bozizé doit venir à Libreville: "Il ne peut pas refuser de venir. Il sera obligé à un moment donné d'être là. La situation est extrêmement grave", a-t-il déclaré à l'AFP.


Les rebelles réclament notamment le respect d'accords de paix signés entre 2007 et 2011 avec le pouvoir. Une réunion du comité de suivi de ces accords est prévu mercredi à Libreville, le calendrier précis des pourparlers n'étant toujours pas divulgué par la CEEAC qui souligne "la complexité de sa tâche". 

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