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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 00:25

 

 

 

 

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Le 17 avril dernier, une dizaine de soldats centrafricains du détachement de surveillance de la zone des trois frontières tchado-centrafricano-soudanaise basé à Amdafok sont tués dans des circonstances troubles et confuses par un bombardement aérien soudanais. Les autorités de Bangui organisent le rapatriement sur la capitale des dépouilles de ces soldats qui sont déposées à la morgue de CNHUB. Bozizé et le président de la délégation spéciale de la ville de Bangui Nazaire Guénéféi Yalanga se sont contentés d’aller juste se recueillir avant la remise des corps aux familles éplorées.

L’émoi occasionné par cette tragédie était de portée nationale et le minimum pour le gouvernement aurait été de décider l’organisation de funérailles nationales pour la mémoire de ces pauvres soldats réellement tombés pour la défense du territoire national. Hélas il n’en fut rien. Il a fallu la publication dans la presse le 20 avril de la déclaration d’indignation du Bureau Politique du MLPC pour dénoncer l’attitude étrange et irresponsable du gouvernement pour que le ministre délégué à la défense, Francis Bozizé, puisse se fendre d’un banal communiqué  au nom du gouvernement pour tenter maladroitement de fournir honteusement quelques explications.

Pour Bozizé on le sait, seuls ses parents morts ont droit au respect dû aux morts. On se souviendra de sa scandaleuse attitude à la zone fret de l’aéroport Bangui Mpoko devant les cercueils de deux compatriotes décédés à Paris arrivés à Bangui ce même jour sur le vol d’Air France. L’un des cercueils contenait la dépouille de son parent et collaborateur Bernard Ngaiboye. Bozizé s’était contenté de s’incliner exclusivement sur ce cercueil sans même daigner jeter un coup d’œil sur celui de l’autre compatriote.

De même, la dépouille de Samuel Tozoui, DG de l’ENERCA décédé à Paris le 12 avril dernier est arrivée à Bangui ce mercredi. Le programme de ses obsèques publié par le protocole d’Etat depuis déjà plusieurs jours à Bangui n’a quasiment rien à envier à l’organisation de funérailles d’un chef d’Etat.

Depuis lundi, dernier, tous les corps constitués de l’Etat et autres sont conviés à aller signer le livre de condoléances ouvert à cette effet. Plusieurs veillées et cérémonies auxquelles les représentants de toutes les institutions du pays sont organisées jusqu’à l’arrivée de Paris de la dépouille. Le programme prévoit également entre autre l’exposé du corps à l’ENERCA pour des funérailles nationales à Bangui puis à Boali, localité où se trouve l’usine hydroélectrique productrice du courant électrique.

Un tel luxe de programme pour les funérailles quasi nationales d’un fils du pays, fût-il Directeur Général d’une société dont on ignore point l’importance dans le pays, est insolite parce que ne se justifie pas sauf si ce n’est pour d’inavouables raisons tribalistes. Cela est d’autant plus choquant que plus d’une dizaine de soldat tout aussi valeureux fils du pays viennent de trouver bêtement la mort et leurs corps ont été simplement remis à leurs familles sans autre forme de protocole.

Contrairement à la mort du DG de l’ENERCA réduite aux seules limites nationales, paix à son âme, celle des soldats centrafricains à Amdafok dans les conditions que l’on sait avait pourtant suscité beaucoup d’émotion au-delà des frontières de la seule République centrafricaine et devait légitimement donner lieu à des obsèques nationales. Plusieurs pays et pas des moindres, comme le gouvernement américain, avait adressé un message de condoléances au peuple centrafricain. Samuel Tozoui a bien droit à des funérailles mais point trop n’en faut. De telles obsèques ne le ressusciteront pas. C’est l’instrumentalisation politicienne de sa mort par les autorités de Bangui qui, comme à leur habitude, en profiteront sans doute pour puiser encore déraisonnablement dans les caisses du trésor qui doit être dénoncée.

On peut dès lors comprendre les réticences de certains éléments des FACA à aller au front contre les rébellions qui écument l’arrière-pays où ils savent qu’ils peuvent inutilement se faire trouer la peau pou Bozizé.  

Rédaction C.A.P    

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