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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 02:32

 

 

Bozize KNK

 

 

Trois mois seulement après son entrée ne fonction voici un an environ, les partis de l’opposition politique centrafricaine avaient alerté l’opinion publique dès le mois de janvier 2010 sur le fonctionnement de la Commission Electorale Indépendante de la RCA sous la présidence d’un ancien chauffeur d’ambassade déguisé en vrai faux pasteur dénommé Joseph Binguimalé et débauché par Bozizé pour exécuter son plan de hold-up électoral.

C’était lors d’une réunion provoquée par Bozizé lui-même au Palais de la Renaissance à Bangui au cours de laquelle le Collectif des Forces du Changement par la voix de son Porte-Parole Me Nicolas Tiangaye avait brillamment démontré que le président de CEI Joseph Binguimalé faisait preuve d’une incompétence notoire et d’une totale opacité dans la gestion des fonds mis à la disposition de la CEI.

Plongé dans l’embarras, Bozizé s’est vu obligé d’accepter le principe et d’ordonner qu’un audit soit immédiatement effectué sur la gestion administrative et financière de la CEI par son président. Si l’opposition avait souhaité que cet audit soit réalisé par un organisme indépendant des pouvoirs publics, elle n’a pas fait problème du fait que c’est finalement l’Inspection Générale des Finances qui a effectué l’audit en question et remis le rapport à Bozizé qui l’a reconnu dernièrement dans son interview sur Radio France Internationale à Montreux en Suisse.

L’audit étant fait et le rapport déposé, pourquoi sa publication devrait poser problème alors que l’opposition exige sa publication depuis déjà plusieurs mois ? En réponse à la question du journaliste de RFI, Bozizé visiblement gêné aux entournures avait répondu en substance que cette publication ne lui semblait pas urgente et que le problème de l’heure était selon lui, comment faire en sorte que les élections se tiennent bien le 23 janvier 2011.

Cet embarras de Bozizé s’explique en réalité par les raisons que fournit Me Assingambi Zarambaud dans son excellente tribune publiée à Bangui par le quotidien Le Citoyen du 3 novembre 2010 et également sur internet par Centrafrique-Presse dans où l’auteur écrit ceci : Le Président de la République craindrait-il que la publication du rapport d’audit de la CEI ne révèle le scandale nauséabond des marchés de gré à gré non exécutés personnellement et frauduleusement conclus par le Président de la CEI avec les trois fils et l’épouse de qui l’on sait, pour plus de 500 millions de F CFA ? « Je te tiens, tu me tiens par la barbichette ».

En clair, la « gloutonnerie » de la CEI dénoncée par Bozizé lui-même a largement profité à sa propre famille car si les affirmations de Me Zarambaud sont avérées, et il n’y a pas de raison qu’elles ne soient pas, c’est à trois de ses rejetons et son épouse que des marchés de gré à gré de plus de 500 millions de F CFA de surcroît non exécutés ont été généreusement attribués en violation des règles et normes en la matière par le vrai faux pasteur Joseph Binguimalé pour le compte de la CEI. C’est d’une extrême gravité.

Dès lors on peut comprendre parfaitement les hésitations de Bozizé à mettre sur la place publique le rapport d’audit de la CEI car cela reviendrait à « taper sur ses propres testicules », comme le dit un adage populaire centrafricain, son épouse et ses trois enfants étant directement impliqués dans l’affaire de la gloutonnerie de la CEI. On peut aussi comprendre les raisons pour lesquelles dès lors, il n’a pas grande envie de se séparer de Binguimalé qui de ce fait, le tient aussi par la barbichette. C’est à ce niveau que se pose la question de la responsabilité de Bozizé en tant que chef d’Etat comme il voudrait se prendre.

Il fait lui-même le constat de ce qu’il appelle la « gloutonnerie » de la CEI dont le principal responsable roule en Porsche Cayenne, met en chantier simultanément la construction de deux villas et n’est pas à même de justifier ce qu’il a fait avec l’enveloppe de 3,5 milliards de CFA qu’on a mise à sa disposition, mais il n’en tire aucune conséquence. Et cela se dit chef d’Etat ! Ses rodomontades, ses prétendues colères et autres déclarations à l’emporte-pièce de ces derniers temps ne sont que du brassage de vent et de la diversion pour brouiller les cartes. Mais comme l’a justement affirmé Martin Ziguélé dans sa récente interview au quotidien Le Confident, Bozizé suspend en réalité ce rapport comme une épée de Damoclès sur la tête de Binguimalé afin de l’assujettir totalement à lui. C’est clair comme de l’eau de roche. Plus personne n’en est dupe.

 En principe et en toute logique, plusieurs arrestations et mises en examen devraient découler de cet audit afin que des poursuites judiciaires soient dûment engagées contre les différents auteurs et les complices déjà bien connus des détournements de deniers publics en jeu. Mais dans la bozizie actuelle avec le procureur de la République en service commandé qu’est le demi-Dieu Firmin Feindiro, une telle perspective est totalement exclue et relève plutôt d’un doux rêve.

Rédaction C.A.P

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