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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 18:58

 

 

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L’Observateur Paalga Ouagadougou, 12 mai 2010

 

Initialement prévue pour le 25 avril 2010, puis le 16 mai de la même année, la présidentielle centrafricaine vient d’être finalement renvoyée sine die. Ainsi en a décidé l’Assemblée nationale, réunie avant-hier lundi 10 mai en session plénière au sujet du projet de loi portant prolongation du mandat du président François Bozizé.

 

Pour des raisons financières et techniques, la Commission électorale indépendante (CEI) avait émis des inquiétudes sur sa capacité à organiser le scrutin aux dates initiales. De même, le report avait été réclamé, à la fois par l’ensemble de l’opposition, la société civile et les bailleurs de fonds, qui ont estimé que la Centrafrique « ne rassemblait pas les conditions pour tenir une élection » juste et équitable.

 

Sauf la majorité présidentielle tenait ou feignait de tenir, dans un premier temps, au respect du délai constitutionnel. Enfin, le collectif des Forces du changement, coalition qui regroupe l’opposition et l’ex-rébellion, s’était engagé à ne pas contester la légitimité du chef de l’Etat en cas de prorogation de son bail au palais présidentiel.

 

Dans son principe, cette rallonge est le fruit d’un compromis politique. Un bel exemple de consensus national que nous donne de constater un pays pourtant pas coutumier de ce genre de gentlemen’s agreement. Dans la forme, oui seulement dans la forme, chapeau bas donc aux acteurs de cet accord.

 

Car dans les modalités de la mise en application de ce report, tant souhaité par tous, la classe politique centrafricaine est soudain à cran. Contre l’avis de l’opposition, qui privilégie la voie d’un simple accord politique, le parti présidentiel a opté pour la voie législative par le truchement d’une modification de la Constitution. La représentation nationale a beau adopter le projet à une majorité qualifiée (environ à 95%), un reste de péché encroûte la désormais loi portant prolongation du mandat du chef de l’Etat, François Bozizé.

 

En effet, selon l’article 108 de la constitution centrafricaine, sont expressément exclus de la révision : d’une part, la forme républicaine et laïque de l’Etat, et, d’autre part, le nombre et la durée du mandat présidentiel. Du coup, voilà le tombeur d’Ange Félix Patassé qui achève son quinquennat comme il est venu au pouvoir en 2003 : par usurpation. Car le coup d’Etat et le coup d’Etat constitutionnel reposent tous les deux sur l’usage de la contrainte.

 

En acceptant en fin de compte le report de la présidentielle, monsieur Bozizé a-t-il reculé pour mieux sauter ? Tout porte à le croire. Aussi est-il loisible de penser que la voie adoptée (transgression constitutionnelle) est une manière pour ce virtuose des coups de tester la servilité d’un Parlement déjà godillot. Il ne faut pas oublier que la mode politique en Afrique est au tripatouillage des constitutions qui contiennent une clause limitative du nombre de mandats présidentiels. Or l’article 24 de la loi fondamentale centrafricaine stipule justement que « la durée du mandat du président de la République est de cinq (5) ans. Le mandat est renouvelable une seule fois ». Alors, ce ne serait pas un crime de lèse Excellence de voir dans ce coup d’Etat constitutionnel une voie royale vers une suppression de l’article 24.  

 

Par Alain Saint Robespierre 

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique