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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 06:20

 

 

 

 

Baba Laddé

 

 

 

Voici le témoignage d’un compatriote qui a récemment séjourné brièvement dans la région de Bambari et qui en est reparti complètement halluciné. Il a contacté la rédaction tout en souhaitant un strict anonymat, pour exprimer son inquiétude, ses interrogations et ses craintes quant à ce qu’il a observé dans la région ainsi que différents témoignages qu’il a recueillis au sujet des agissements des hommes de Baba LADDE.


Rédaction C.A.P


 

De son pseudo grade de général, le chef rebelle peuhl tchadien BABA LADE terrorise le paisible paysan centrafricain, qu’il soit de l’Est du Nord ou du Sud, les pauvres peuhls sont soumis à des tortures, rackets, viols au vu et au su de tout le monde. Les faits ici relatés édifieront plus d’un Centrafricains qui a le sens du patriotisme ou du nationalisme.


En cinquante ans d’indépendance l’armée centrafricaine n’a jamais vécu d’aussi importante et grave humiliation. On se pose la question de savoir s’il y a effectivement une armée et à quoi sert-elle si ce n’est pour les galons qui ne cessent d’être octroyés aux militaires proches du régime.


Depuis le mois d’octobre les troupes de BABA LADE, divisées en plusieurs sections, ravagent la OUAKA où ils ont commencé par prendre un établissement scolaire situé à 20 km de Bambari sur l’axe Kouango, dans la commune de Pladamaouaka, comme quartier général, laissant ainsi les écoliers sans local pour étudier.


Munis d’ordre de mission, ils sillonnent la région à la poursuite des troupeaux peuhls qui sont en transhumance. Dans chaque localité, ils se présentent à la gendarmerie munis de leur ordre de mission pour signaler leur présence. Tous les troupeaux en transhumance sont inspectés et taxés. La taxe est de 200 000 F par tête de bétail retenu. Si le cheptel dépasse 100 bœufs, le berger doit payer 3 taureaux ou 4, ce qui équivaut à 800 000 F. Si le propriétaire ne dispose pas de la somme d’argent nécessaire, les  3 ou 4  bœufs sont réquisitionnés pour constituer le parc des rebelles.


Dans une localité pas loin de Kouango, les rebelles disposent de 300 têtes de bétails qu’ils entendent vendre avant de quitter la localité. Envoyée en mission de reconnaissance, une section des FACA a été désarmée par les rebelles qui étaient plus de deux cents. Après discussion, les FACA ont reçu instruction de quitter la zone avec un petit cadeau de 500 000 F et aussi un bœuf.


Quelques jours après les FACA ont,  lors d’une patrouille tardive dans un campement à 8 km de leur base, arrêté trois rebelles qui avaient à leur disposition des armes et 10 millions de francs CFA, fruit des « impôts » payés par les peuhls des campements voisins. Cette somme va être partagée par la dizaine de FACA qui effectuait la mission.

 

Livrés à la gendarmerie de la localité, les rebelles attendaient une décision sur leur sort. Interrogé sur la conduite à tenir, l’état-major des FACA a intimé l’ordre que soient libérés les trois rebelles. Qui peut comprendre cette réaction de l’Etat-Major ? Quel est le but recherché ? Les militaires désavoués et désabusés disent que malgré leurs maigres moyens, ils peuvent bien cependant chasser ces bandits mais ces derniers sont protégés. Lors d’un de leur patrouille, le chef de la mission a rencontré le fils de BABA LADE, (colonel de sa rébellion) qui lui a dit que s’il voulait contester ces dires, il peut lui passer le téléphone satellitaire Thuraya pour discuter avec le Chef de l’Etat. Est-ce une manœuvre d’intimidation ou la réalité ? Que chacun se pose la question.


Les couloirs de transhumance empruntés par les peuhls sont connus des forces armées. Ce sont ces mêmes couloirs qu’empruntent les hommes du FPR de BABA LADE pour traquer les peuhls. A quoi sert leur butin de guerre actuellement ?

 

Le but de cette manœuvre n’est elle pas d’affaiblir l’armée afin d’éviter toute insurrection interne,  de la

déstabiliser pour mieux la contrôler ?

 

Du fait de la mise à la retraite de vaillants officiers FACA, le nombre d’officiers compétents est désormais infime pour faire face à toute attaque. BABA LADE a droit à tous les honneurs militaires quand il passe dans la ville de KAGA BANDORO sous forte escorte. Il a été doté d’un véhicule NISSAN Patrol et de deux TOYOTA BG 75.

 

On l’a vu à l’hôpital de Kouango venir faire des examens médicaux, le médecin du centre hospitalier voulait lui prescrire une ordonnance. Il a refusé en rétorquant que son médecin traitant viendrait de Bangui lui administrer des soins ; qu’il n’avait besoin que des résultats des examens ! Le week-end dernier, au passage du couloir de transhumance entre Possel et Damara, les rebelles de BABA LADE ont pénétré dans la ferme du premier ministre TOUADERA pour se servir de 19 bœufs, et à la même occasion, 3 bœufs dans une ferme voisine.

 

BABALADE recrute à tour de bras, regroupe des peuhls nomades, des anciens coupeurs de route, des anciens rebelles d’autres factions en inactivité. BABA LADE doit disposer maintenant de plus de 1500 hommes avec tenues, bérets rouges et armes lourdes automatiques et tous les moyens de télécommunication ultra modernes.

 

Sa troupe est super équipée et protégée, il n’est un secret pour personne, même pas la communauté internationale qui suit de près avec une inquiétude, l’insécurité grandissante orchestrée en partie par qui l’ont sait.

 

Que DIEU sauve le Pays !

 

 


NDLR : Selon nos informations de sources concordantes et crédibles, le peuhl Baba LADDE roulerait pour l’actuel ministre délégué à l’élevage du gouvernement de BOZIZE Youssoufa YERIMA MANDJO qui est également d’origine peuhl comme Baba LADDE. C’est pourquoi, tout aujourd’hui en Centrafrique, tourne autour d’affaires de bétail, de transfert de marché à bétail, de la filière viande et de boucherie. Toujours selon nos sources, la ville de Bangui est quasiment encerclée depuis quelque temps déjà par les hommes de Baba LADDE que des témoins auraient aperçus dans les environs de Landjia et Mboko empruntant une piste menant vers Damara.


Certains dignitaires du pouvoir, ces derniers temps à Bangui, ne dormiraient plus sur leurs deux oreilles et vivraient la peur au ventre dans la crainte d’une attaque nocturne. A telle enseigne que lors de l’incendie de la résidence de Mme Monique BOZIZE de Sassara dans la nuit du 10 novembre dernier, les crépitements et détonations des munitions qui y étaient stockées avaient été interprétées par certains comme le début de l’attaque attendue, ce qui aurait conduit quelques dignitaires très haut placés résidant au PK 13 et 15 route de Boali, détail amusant et très significatif, à envoyer leurs familles se mettre à l’abri dans certains quartiers populaires au KM 5.

 

Une chose est sûre. Baba LADDE et ses troupes agissent au grand jour et semblent bénéficier de la complicité voire de certains appuis et soutiens bien et haut placés à Bangui. On en veut pour preuve l’arraisonnement il y a quelques jours à la sortie de Kaga-Bandoro par les gendarmes d’un camion bourré de plusieurs tonnes de produits alimentaires du Programme Alimentaire Mondial (PAM) en provenance de Bangui et se rendant à la base de Baba LADDE. Des éléments de ce dernier étaient même juchés sur le véhicule. Alertées, les autorités de Bangui auraient ordonné le renvoi sur la capitale mais Baba LADDE serait intervenu pour exiger que le camion soit autorisé à poursuivre son chemin ! Cherchez l’erreur !

 

De tout cela, toujours d’après nos informations d’une source proche de l’Etat-major des FACA, un homme n’en est pas dupe et aurait alerté les autorités centrafricaines depuis belle lurette mais pense ne pas être écouté. Il s’agit du colonel tchadien Mila Tanga ALLAFI, attaché militaire à l’ambassade du Tchad à Bangui. Il est honni par Baba LADDE qui lui en veut à mort car c’était lui qui avait procédé à son arrestation dans le bureau du ministre délégué à la défense Francis BOZIZE au camp Béal pour être ensuite livré à N’djaména en octobre 2009.

 

Autre signe qui traduit l’embarras et les louvoiements de BOZIZE à donner l’assaut sur la rébellion Baba LADDE, c’est la récente présence à Bangui du général sénégalais Lamine CISSE, ancien représentant spécial du SG des Nations Unies et ex-patron du BONUCA à Bangui, appelé en sans doute en consultation par BOZIZE pour recueillir ses conseils sur le cas Baba LADDE. On ignore ce que cet expert a préconisé à BOZIZE mais le départ de Baba LADDE du territoire centrafricain n’est probablement pas pour demain.

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique