Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 01:42

 

 

 

Saragba Franck

 

 

La pagaille politico militariste qui prévaut sur l’ensemble du territoire national résulte d’un savoir faire initié naguère par un général, chef d’état major des armées de son Etat, aujourd’hui, président de la République. Suppôt légataire d’un « pseudo sursaut patriotique « au nom duquel la fétide ivraie avait été ensemencé par inadvertance en lieu et place de la bonne graine nourricière.


Latente putréfaction du régime politique en place qui allait crescendo au lendemain du 15 mars 2003, ce, malgré les nombreuses interpellations et autres tentatives de réconciliation aussi bien de la part de l’opposition démocratique que des groupes armés par le dialogue politique sont  restées vaines. Si le régime en place avait appliqué les recommandations du dialogue politique inclusif, nous n’en serions pas là.


A vouloir jouer trop au malin, voilà que toute la fétide puanteur de linges sales qui devraient se laver en famille se répand  au-delà de nos frontières. S’étale alors au grand jour les limites d’un régime politique aphone, entretenues par d’insouciants opportunistes prédateurs à la tête desquels se trouve un président incompétent et impopulaire de surcroît  va-t-en guerrière. Pendant que la généreuse population meurt par milliers dans l’indifférence générale des gouvernants et de la communauté internationale.


Bozizé doit admettre qu’il a échoué au bout de dix années, Il doit s’en aller.


Parce qu’il a voulu gouverner seul contre tous, le général Bozizé, en tant que chef politique, chef militaire, chef religieux  aura été le principale responsable du chaos instauré dans notre pays ces dix dernières années.


On aura beau accuser les régimes qui l’ont précédé  ou encore les groupes armées de tous les maux dont souffrent notre pays mais il va falloir reconnaitre que lorsque l’on accède au pouvoir de l’Etat, c’est toujours et normalement avec un projet de société dans le but d’améliorer les conditions d’existence de ses concitoyens, du développement de son pays. En fait, faire mieux que le régime qui  a précédé le vôtre, or, il faudrait se rendre à l’évidence que ce n’est pas le cas aujourd’hui. Quel est ou quels sont concrètement les projets réalisés par le régime en place  au bout de ces dix années ?


Le régime en place a repris toutes les tares et autres dysfonctionnements des précédents régimes qui ont eu à gouverner notre pays depuis plus de cinquante ans pour les perfectionner en un système destructeur performant. L’impôt de capitation de triste mémoire,  combien impopulaire auprès de nos concitoyens  a failli même faire son retour en ce moment de crise où la plupart des centrafricains se contentent d’un repas par jour. Les  maux dont souffraient nos concitoyens sous les précédents régimes ont été élevé à une puissance exponentielle.


 À quoi donc a servi le changement de régime dix ans après ? Bozizé doit admettre qu’il a échoué sur toutes les lignes au bout de ces dix années par conséquent il doit s’en aller. À ce moment-là, il faudrait avoir la dignité et l’honnêteté de s’arrêter avant qu’il ne soit trop tard. D’autant plus que le régime en place a pu disposer seul de tous les pouvoirs en même temps qu’il a bénéficié  de plus d’aides financières et techniques octroyées généreusement par des pays amis et des organismes internationaux qu’aucun autre régime n’a obtenu auparavant.


Le jeu indigne et dangereux que joue le général Bozizé.

 

Vassalisé  et redevable du président Tchadien pour l’avoir installé au pouvoir, le général centrafricain a du mal à s’émanciper de ce tutorat  encombrant qui lui impose de plus en plus ses diktats à la limite du supportable au point que le pays tout entier en pâtit. N’hésitant plus à s’immiscer  directement dans les affaires intérieures de la Centrafrique au point de saborder l’autorité de Bozizé dans son propre camp. Les centrafricains savent que c’est Deby qui préside à Bangui et qu’il ne lâchera pas ce dernier tant qu’il ne n’obtiendra pas de garantie sur la non exploitation du pétrole centrafricain pour au moins une vingtaine d’année. Auquel cas, Deby se chargera de trouver un homme de paille, ces assoiffés de pouvoir  du même acabit que le premier, prêt à vendre le pays  parmi l’opposition centrafricaine ou la rébellion pour refaire  encore aux centrafricains le même coup du « sursaut patriotique », et le tour est joué. Si des raisons inavouables comme l’exploitation du pétrole centrafricain lie le général Bozizé et le transforme en homme lige et les centrafricains en sous -hommes, alors l’histoire retiendra que Bozizé à jouer avec la vie de la Nation juste pour préserver un semblant de pouvoir. Ce qui constituerait un crime imprescriptible pour des générations. Pourquoi ne reprend t-il pas sa liberté en composant avec ses frères de l’opposition dans le but de quitter dignement le pouvoir pendant qu’il est encore temps ?  En composant sincèrement avec l’opposition démocratique, la société civile et la coalition SELEKA , il desserrera inévitablement l’étau de Deby qui l’étouffe et agace sérieusement les centrafricains. À l’opposition de lui garantir sa sécurité. Ne dit-on pas  que les affaires sales se lavent en famille ? Préfère t-il remettre son destin encore entre les mains de Deby qui n’a cessé de l’humilier  afin de le rendre impopulaire auprès des siens ?  Jusqu’où Bozizé est t-il prêt à accepter les diktats de Deby et à aller contre le peuple centrafricain ?

 

Aux abois et pour préserver son illégitime pouvoir décrié de toute part qui est plutôt sur la fin, le général cinq étoile fais recours à de vieilles recettes de dictateurs.

 

Chantages, menacent ou nominations complaisantes pleuvent de toute part au lieu de jouer à l’accalmie en ouvrant le débat et les négociations avec ses frères de l’opposition démocratique, de la société civile ainsi qu’avec ceux de la coalition SELEKA afin de trouver une issue heureuse. Le régime s’entête à désigner à tort soit les membres de l’opposition démocratique comme responsables de l’échec de son régime, soit des personnes anonymes qui sont accusés de vouloir faire un coup d’état. Arbitrairement arrêtés, ils croupissent désespérément dans la prison politique de Bossembele. À moins que ce soient les rebelles qui sont réunis au sein de la coalition SELEKA pour revendiquer leur dû suites aux différents accords signés qui sont indexés. Pire, le régime en place n’hésite pas à organiser ces derniers jours une marche de soutien à son régime en payant et livrant des jeunes désœuvrés contre la France et contre l’union Européenne avec pour consigne de mettre le feu aux drapeaux respectifs. Un acte condamnable qui démontre une fois de plus la mauvaise foi d’un régime ingrat à bout de souffle, incapable de remettre de l’ordre d’une manière rationnelle dans ses propres rangs mais toujours prompt à trouver des boucs émissaires ici et là.

 

Franck SARAGBA

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans Opinion