Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 02:35

 

 

 

Boz-a-la-rentree-judiciaire.jpg

 

 

Alain Tolmo-copie-2

Procureur Alain TOLMO

 

 

 

 

JUSTICE A QUATRE VITESSES


« Il est temps que le corps judiciaire, dans sa mission, fasse renaitre confiance avec sa population. Une des voies pour l’avancée de l’Etat de Droit », dixit François Bozizé (20 avril 2012)


L’administration centrafricaine dans son entièreté est pourrie. Comme dans toute situation de pourriture il y a plus pourri, en RCA le ministère de la Justice est l’élément le plus pourri. Sa pétrification se sent à des kilomètres à la ronde. L’impunité a transformé la corruption en arnaque. On délivre à tour de bras des mandats d’amener et de dépôt provisoires dans le seul et unique but d’extorquer de l’argent aux appréhendés. Tolmo, Legandet et compagnie ont instauré une justice à quatre vitesses : la justice brute et barbare pour les pauvres et sans voix, la justice complaisante pour les amis et connaissances, la justice lucrative et onéreuse pour les nantis et enfin la justice ni vu ni entendu c’est-à-dire la justice au-dessus des lois pour les dignitaires du pouvoir et leurs ayants droit. Tout se passait dans l’indifférence totale et de l’Assemblée nationale monocolore et des Gouvernements Touadéra I, II et III. Les partis politiques non plus n’étaient audibles sur le sujet. Ce n’est en tout cas pas le MLPC dont le délai de garde à vue de son Vice-président dans une affaire purement pénale a été scrupuleusement respecté qui dénoncerait cette justice qui n’est pas celle que représente Thémis.


Réunis en conférences débats organisés par la Commission Episcopale Justice et Paix de Centrafrique, le clergé catholique centrafricain a manqué le rendez-vous avec l’Homme de la rue, Socrate NGARO.  Les évêques de Centrafrique ont en effet manqué une occasion en or de répondre à la question de l’Homme de la rue Socrate NGARO: Caïn où est ton frère Abel?


Est-ce dire que les évêques de Centrafrique ne voient pas cette descente implacable, inexorable et vertigineuse du peuple centrafricain dans un abîme de malheurs? Non! Comme toutes les organisations dites pompeusement de défense des droits humains en Centrafrique, les évêques sont tétanisés par la boziziecratie. Même les représentants de l’UE et du BINUCA à Bangui sont tétanisés. Souvenez-vous du retournement de veste de l’Éthiopienne Sahle-Work Zewde. J’ai été longtemps enfant de cœur. J’ai servi La messe pendant plusieurs années sous Mgr. Joachim NDAYEN. Je suis nostalgique de ces années-là car aujourd’hui le clergé catholique centrafricain a perdu de son lustre!


Il est de bonne guerre d’être en croisade pour les droits des prisonniers. Les gardiens et régisseurs de maison d’arrêt doivent être vigoureusement voire brutalement rappelés à l’ordre. Aujourd’hui en Centrafrique de Bozizé, un appréhendé est une véritable vache à lait  pour les secrétaires, greffiers, gardiens de prisons, régisseurs et le procureur de la République. J’ai vu de mes yeux, vu Aaron, un soldat en service devant la prison de Bimbo, arracher de l’argent attaché au bout de pagne d’une maman venue voir sa fille embastillée à Bimbo. Informée, la prisonnière supplie Aaron de restituer à sa maman la somme de 300 FCFA prévue pour payer le taxi retour. Aaron suggère que la dame, dans la soixantaine, rentre chez elle à pieds. Il s’en est suivi une bastonnade en règle de la prisonnière sous les yeux indifférents de Passi Ngaka Roger, le régisseur de la maison carcérale de Bimbo. Cet énergumène de Passi Ngaka, diagnostiqué VIH positif, trouve en les prisonnières copines et source d’enrichissement. 50.000 FCFA pour une fin de semaine chez soi; 200.000 FCFA pour un mois et une faveur sexuelle pour une attente chez soi jusqu’au procès. Tout ceci est su des organisations de défense des droits humains et des soi-disant avocats de ces détenues. Ceci étant dit, on ne peut dissocier les droits des prisonniers de la machine à fabriquer les prisonniers c’est-à-dire la facilité, la légèreté et l’aisance avec lesquelles l’on fait, du jour au lendemain,  des honnêtes citoyens sans problème des prisonniers sans droit ni considération.


Affaire SONATU: la montagne a accouché d’une sourie!


Les affaires SONATU et RAYAN sont à mon avis des dossiers d’anthologie en matière de séquestration, détention arbitraire et d’extorsion sans scrupule des sans voix par des brillants diplômés de l’École de Magistrature de Seydou (Bangui). On les appelle sans fou-rire des magistrats. Qu’ils ne me comptent pas parmi ceux qui leur accordent un quelconque égard! Dans l’affaire de l’incendie du super marché RAYAN du Libanais Ali El Akhras alias La Crasse, Me Zarambaud Assingambi a adressé à la Cour de cassation, dans son audience du 7 août 2012, un excellent mémoire en défense qui a mis à nue la méchanceté et la conception moyenâgeuse de la justice du président Bozizé et ses obligés Firmin Findiro et Alain Tolmo qui ont dicté le scandaleux verdict de la Cour de cassation de Bangui. Pour ce qui est de l’autre pièce d’anthologie, l’affaire SONATU, on nous a promis des révélations explosives qui se sont avéré n’être qu’un pétard mouillé. L’innocence des 14 employés qui croupissent dans les prisons de Ngaragba et Bimbo depuis bientôt un an maintenant est aveuglante. Ils y sont encore par la seule et l’unique volonté d’un certain Alain Tolmo soi-disant procureur de la République qui attend de ces innocents de versement entre 500.000  FCFA et 1.000.000 FCFA pour soit attendre leur procès dans le confort de leur foyer soit être retiré de la liste des appréhendés. Alain Tolmo est tombé pieds joints dans le piège que le quatuor que je forme avec trois autres parents des appréhendés lui a tendu pas plus tard que le mois dernier au plus fort moment des tractions post-Libreville. Nous avons envoyé un ami arabe Tchadien muni d’un microphone pour discuter avec Tolmo le dossier SONATU. Les montants d’argent ci-haut mentionnés sont enregistrés.


Dans l’enregistrement on entend clairement Alain Tolmo dire que le dossier SONATU est politique. Il a fait le nécessaire et soumis son parapheur à la signature du président Bozizé depuis septembre 2012. C’est donc au niveau de Bozizé que tout est bloqué. Paradoxalement notre très intègre et brillant procureur de son État serait prêt à relaxer nos parents si nous lui versons 500.000 FCFA par accusé. Il parle d’accusés, pas d’appréhendés. Allez-y comprendre ce que vous pouvez comprendre!


De Findiro à Mbosso


C’est bonnet blanc et blanc bonnet ou mieux encore Dupont et Dupond. L’espoir d’un nettoyage en règle au ministère de la Justice et de la Moralisation qu’a suscité la nomination de Jacques Mbosso à la tête de ce département a très vite fait place à un très fort désenchantement. Cela fait presque 6 mois (17 août 2012 – 11 février 2013) que le tandem Mbosso-Féïganazoui est en place. Rien n’a encore changé dans la toile de corruption tissée par l’araignée Firmin Findiro. Le même Légandet est toujours doyen des juges; le même Tolmo est toujours procureur de la République. Mieux encore, selon les confidences d’Alain Tolmo lui-même, l’arrêté ministériel de sa nomination (par Firmin Findiro) à la Cour de justice de la CEMAC à Ndjamena est maintenu. Il prépare donc une éminente passation de service probablement entre lui Tolmo et le doyen des juges Sieur Legandet. Tout se passe comme si la RCA souffrirait d’un manque criant de magistrats compétents et dignes de ce nom. Et pourtant on en a encore!

 

Bozizé, le nom magique!


Bozizé, un nom qui vaut à lui seul une décision de justice. Au nom de Bozizé un certain Dazoumi Yalo privatise l’OCRB et fait ses lois. Au nom de Bozizé un certain Alain Tolmo embastille illégalement des honnêtes citoyens sans problème. Au nom de Bozizé un certain Ianarelli fait ses lois. Au nom de Bozizé un certain Henri Bolanga asservi dans leur propre pays ses employés domestiques. Au nom de Bozizé les Libanais et arabes vivant en Centrafrique s’approprient le patrimoine national. Au nom de Bozizé sa nombreuse progéniture jouit des prérogatives et privilèges des princes dans une République. Au nom de Bozizé chaque membre de sa nombreuse famille dispose de sa propre prison. Au nom de Bozizé un certain Pierre Chrysostome Sambia transforme la SONATU en une entreprise familiale où ne bossent que ses copines gendarmettes et autres proches.

 

Ce brave gendarme avait pour mission le redressement de la situation financière de la SONATU. Il est de notoriété publique que pendant leur garde à vue de 768 heures les 14 sans voix de cette SONATU effectuaient des travaux forcés qui ne portaient pas leur nom. Au moment de leur transfert dans les prisons de Ngaragba et Bimbo ils avaient laissé dans les coffres de la SONATU la coquette somme de 24 millions de FCFA; recette  réalisée par l’équipe dirigée par la Directrice Commerciale en 2 semaines de gestion rigoureuse. Onze mois plus tard, la SONATU n’existe quasiment plus. On sort 3 ou 4 autobus pour chercher le kobé ti lasso. M. Sambia se cache derrière les relations amoureuses dont est né un enfant entre sa cousine, une certaine Agnès et le président Bozizé pour refuser d’informer régulièrement sur le redressement de la SONATU. Même le contrôleur d’État ne peut lui demander des comptes. Il est le beau-frère de Bozizé après tout.


Vous, constitutionnalistes de Centrafrique, dites-moi en vertu de qui et de quoi un délinquant de l’acabit de François Joseph Bozizé envoie-t-il à tour de bras des gens en geôles? Vous, juristes de Centrafrique, dites-moi en vertu de quel arrêté, de quel article, de quel alinéa le procureur de la République ne peut-il libérer ces prisonniers illégaux? Vous, députés de Centrafrique, dites-moi à quoi vous servez si vous ne pouvez légiférer? Vous, maires de Centrafrique, dites-moi à quoi vous servez si vous ne pouvez construire, embellir et entretenir votre ville? Vous, généraux de Centrafrique, dites-moi que valent vos étoiles si vous ne pouvez faire face à un groupe de 10 ou 15 bandits non-diplômés d’École de Guerre? Ah oui vous êtes bons seulement pour les grandes guerres comme celles du Golf!


Oui, vous ne pouvez rien faire. Bozizé arrête tout, décrète tout, ordonne tout, et légifère tout.  Quelle est donc votre ou plutôt notre raison d’être? Pourquoi concevoir des organigrammes? Pourquoi percevons-nous des émoluments? Il est temps que ces valables fils du pays jusqu’ici muets se manifestent sinon avec le tripatouillage de la Constitution en perspective, on constatera comme Louis Bourdaloue qu’un abîme attire un autre abîme car il ne faut pas se leurrer, Bozizé sera bel et bien candidat en 2016 même s’il faut pour cela mettre dans les rues tous les désœuvrés de Centrafrique pour réclamer la candidature de Bozizé.

 

Centrafrique, mi béni mi maudit


Voilà un pays au sous-sol immensément riche qui se contente d’une place en queue de peloton de l’indice de développement humain. Le diamant est exploité par des étrangers qui cadeautent quelques brebis galeuses pour tourner en véritable esclaves les Centrafricains creuseurs des puits de diamant. C’est le cas notamment de Jean-Eudes Teya rémunéré à hauteur de 5.000.000 FCFA par mois plus avantages sociaux pour représenter BADICA à Anvers en Belgique. Derrière le bouclier Teya, le propriétaire de BADICA et sa famille s’approprient la moitié du patrimoine national, accumulent hôtels privés en France et en Belgique, de luxueuses maisons au Canada et aux États-Unis. Le creuseur de puits de diamant, lui, perçoit un salaire d’esclave de 10.000 FCFA à 15.000 FCFA par mois. Le commerce est une affaire 100% libanaise exonérée de toute taxe. Plus arrogant que les Libanais de Bangui, tu meurs! Ils se targuent, j’allais dire à haute voix, d’avoir tous les ministres dans leurs poches. De deux choses l’une, soit elles sont grandes ces poches de Libanais, soit nos ministres sont trop petits. Pourquoi avoir donné à MOOV l’immeuble Air Afrique? Et ce n’est pas tout. La famille du proprio de Moov est dispensée des formalités de police à l’aéroport Bangui-Mpoko. Le minibus vert de la compagnie conduit la famille de la maison au tarmac pour tout vol en partance de Bangui. On appelle ces malfrats des opérateurs économiques. Bangui n’a décidément pas peur des mots!


Et pourtant le président Bozizé est pasteur. Ô pardon, évangéliste suprême. Le président de la Cour constitutionnelle est pasteur. Le secrétaire général du parti au pouvoir (pour ne pas dire parti unique) est pasteur. Le ministre de la Sécurité publique est pasteur. Le gbopeko (médiateur de la République) est un ancien archevêque. Le président de l’Assemblée nationale monocolore serait aussi un pasteur. Pourquoi aucun de tout ce beau monde ne répond à la question «Caïn où est ton frère Abel?» de l’Homme de la rue Socrate NGARO? Moins théologique et philosophique que l’Homme de la rue Socrate NGARO je dirais: Bozizé qu’as-tu fait de Centrafrique?

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans Opinion