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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 00:56

 

 

bozize-stylise

 

 

Malgré l’engagement écrit de l’opposition centrafricaine de continuer à reconnaître son pouvoir jusqu’aux élections présidentielles après l’expiration de son mandat constitutionnel, tout montre que Bozizé n’est point convaincu de la sincérité et la bonne foi des leaders de l’opposition qui veulent en découdre avec lui. Avec son fils Jean Francis Bozizé et quelques proches parents de sa galaxie, ils n’arrêtent pas de réfléchir ces derniers jours à tenter de trouver une réponse à l’épineuse question : comment faire pour que quelques candidats de l’opposition acceptent de déposer leur dossier de candidature à la présidentielle ?

En effet, ils ont parfaitement conscience du caractère impopulaire, bizarre et très peu crédible d’une élection présidentielle avec comme deux seuls candidats, Patassé et son tombeur Bozizé. Ce cas de figure est très raillé à l’étranger et est franchement source de sérieuse inquiétude pour certains chefs d’Etat de la sous-région qui ne veulent nullement entendre parler de Patassé et qui n’hésitent pas à le faire savoir à Bozizé qui a accepté qu’il mette fin à son exil pour rentrer au bercail.

Bozizé et sa clique aimeraient donc qu’il y ait d’autres candidats qui pourraient servir de faire-valoir et permettre que les élections puissent se tenir néanmoins après le 16 mai mais au plus tard le 6 juin. C’est la preuve que Bozizé et son clan n’avaient pas pensé que l’opposition allait faire preuve d’autant de fermeté et de détermination dans son refus de déposer les dossiers de candidature. Ils croyaient que ses leaders allaient paniquer et se précipiter pour remettre leur dossier compte tenu du dead line du 9 avril à minuit, date de clôture du dépôt des dossiers. Mal leur en a pris et à présent, ils cherchent à diviser le camp de l’opposition par la corruption des opposants.  

Selon des informations d’une source proche de Jean Francis Bozizé ayant requis l’anonymat, une réunion a donc eu lieu il y a quelques jours la semaine dernière à Sassara de 18 h à 04 h du matin autour du rejeton de Bozizé et non moins ministre délégué à la défense et du chef de cabinet particulier de Bozizé, le général de police Joel Sinfei Moidomsé et plusieurs jeunes oisifs qu’ils ont récemment recrutés pour en faire des « tontons macoutes » et à qui ils ont distribué de nombreux téléphones portables pour le travail de délation dans les quartiers.

La décision majeure qui a été arrêtée par ces stratèges nocturnes, est de tenter l’abordage des leaders de l’opposition - dont la détermination à refuser de déposer leurs dossiers de candidature a totalement faussé leurs calculs politiciens machiavéliques et surtout fait capoter la perspective de la tenue des élections du 16 mai - en leur proposant carrément des enveloppes d’espèces sonnantes et trébuchantes pour qu’ils acceptent de déposer leur dossier de candidature. Pas moins.

On le voit, les méthodes avec lesquelles Bozizé mise pour obtenir sa réélection sont totalement déloyales, aux antipodes de la démocratie car reposant fondamentalement sur l’argent, la corruption, l’achat des consciences, la violence armée, l’intimidation et autres. C’est inadmissible. Autant de vices et d’anti-valeurs qui font déjà peser sur les élections à venir de graves menaces de n’être qu’une mascarade destinée à accorder un second mandat à Bozizé dont le bilan est franchement catastrophique dans plusieurs domaines. Ce sont ces défauts et ces graves carences que vient de dénoncer le rapport du NDI américain.

Cela dit, plusieurs sources d’informations crédibles prêtent à Bozizé l’intention de repousser une énième fois la date des élections au 6 juin seulement au plus tard comme nous l’avons dit plus haut, ceci d’après lui, afin de rester toujours dans les délais constitutionnels. En réalité, quoiqu’on fasse et dise, on ne sera plus dans ces délais constitutionnels car pour les respecter, il aurait fallu qu’au plus tard le 26 avril, le successeur de Bozizé soit désigné et connu car selon l’article 24 de la Constitution qui prescrit dans un de ses alinéas que « L’élection du nouveau Président a lieu quarante-cinq (45) jours au moins et quatre-vingt dix (90) jours au plus avant le terme du mandat du Président en exercice ». Toujours selon la Constitution, article 25, le nouveau Président élu doit prêter serment « dans un délai de quarante-cinq (45) jours au plus tard après que la Cour ait vidé le contentieux électoral ».

Par quel miracle cela toutes ces dispositions du texte fondamental pourraient être appliquées avant l’expiration du mandat de Bozizé au 11 juin qui arrive. C’est pourquoi, ses rodomontades actuelles n’ont aucun fondement sérieux. Il ne sait pas lui-même ce qu’il veut ni ce qu’il recherche. Tout indique qu’il n’a absolument aucune idée de la situation du pays à l’expiration de ce fameux mandat qui de toute façon est désormais inévitable. Souhaite-t-il conserver le pouvoir après l’expiration de son mandat ? Pour combien de temps  et à quelles conditions ? On n’en sait absolument rien. C’est même faute de savoir quoi que ce soit sur ses intentions que l’opposition en est réduite à les deviner. Si on pouvait le savoir, on pourrait lui faire des propositions. C’est ainsi qu’un pouvoir moderne qui privilégie le dialogue et la concertation gère les affaires d’un pays. Avec Bozizé, il n’en est pas question. C’est la dictature et des décrets qui dégringolent.

 

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