Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 17:15

 

 

 

Déby idriss


 

RFI  mercredi 03 avril 2013

 

L'Union africaine sera présente, ainsi que des délégués de l'Union européenne, ce mercredi 3 avril au Tchad pour le sommet des chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale. C'est le Premier ministre centrafricain qui représentera son pays. Michel Djotodia, l'ex-chef rebelle devenu président était pourtant pressenti pour participer à cette rencontre. Le Tchad est toujours incontournable lorsqu’il est question de Centrafrique et ce n’est pas un hasard si ce sommet se tient dans la ville de Ndjamena. 

 

Sauf invitation de dernière minute, Michel Djotodia ne fera pas le voyage de Ndjamena. Cela dit, le nouvel homme fort centrafricain est loin d’être en froid avec ses pairs de la région. D’après l’un de ses proches, il s’est encore entretenu par téléphone, lundi, avec le président tchadien qui ne supportait plus François Bozizé depuis déjà longtemps. Denis Sassou Nguesso et Ali Bongo étaient eux aussi lassés du président déchu.

 

Un ministre issu des rangs de la Seleka ne prend d’ailleurs aucun ombrage de ce défaut d’invitation. « C’est normal dit-il, les pays de la région ne peuvent pas officiellement aller à l’encontre des principes de l’Union africaine. Ce qui est important pour nous c’est d’éviter les sanctions. »

 

Donner de la légalité à ce coup de force ?

 

Pour plaider la cause de la Centrafrique et du coup d’Etat, c’est donc Nicolas Tiangaye qui a été envoyé à Ndjamena pour conduire la délégation. Le Premier ministre a pour lui son image et son adoubement par la communauté internationale.

 

Prudent, un diplomate occidental assure qu’il ne se prononcera qu’après le sommet. Alors qu’un autre estime qu’il faudra tenter de redonner un peu de légalité à ce coup de force. « La solution bricolée », estime cette source pourrait être de remettre en vigueur la Constitution pour amener au final Michel Djotodia à garder des prérogatives de chef de l’Etat mais à la tête d’un Conseil national de transition.

 

Un ministre dans le premier cercle de Nicolas Tiangaye considère, lui, que le plus important est de ne pas essayer de « déshabiller » Michel Djotodia, rappelant au passage qu’il y a encore au moins 3 000 éléments de la Seleka dans la capitale et qu’il ne faut surtout pas susciter leur colère.

 

 

Le Tchad, un pays clé dans l'affaire centrafricaine

 

Depuis son exil camerounais, François Bozizé mesure désormais son impuissance face à Idriss Déby. Lorsque le président tchadien a décidé de le lâcher, il est tombé. Les soldats tchadiens au sein de la Fomac (Force multinationale d'Afrique centrale) n’ont rien fait pour bloquer l’avancée de la Seleka et aujourd’hui leur complicité avec les ex-rebelles saute aux yeux.

 

Le Tchad n’a pas fait que lever les barrières, il a aussi contribué à les enfoncer. Au sein de la troupe de l’ex-rébellion, on retrouve de nombreux tchadiens, vétérans des guerres de la région. Par ailleurs, selon des notes ultra confidentielles vues au palais et confirmées par des sources au sein de la Seleka, Ndjamena a laissé transiter des armes achetées en Erythrée grâce aux subsides versés par Sylvain Ndoutingaye et Firmin Feindiro, deux-ex proches de François Bozizé tombés en disgrâce.

 

Le Tchad a, par ailleurs, changé le visage de la Seleka. En janvier, la rébellion de l’UFDR (Union des forces démocratiques pour le rassemblement) était ultra dominante. Aujourd’hui, elle est toujours en position de force, pour preuve, Michel Djotodia est issu de ses rangs.

 

Cependant, Ndjamena a, ces dernières semaines, principalement utilisé comme relais deux autres rébellions jusque-là moins puissantes, la CPJP fondamentale et la CPSK. Leurs chefs respectifs sont désormais renforcés. Noureldine Adam et Mohamed Dafhane sont en troisième et quatrième position dans la liste du gouvernement.

 

Pour l’heure, la cohésion entre les différents groupes tient mais plusieurs observateurs inquiets se demandent quel sera le jeu de Ndjamena si Michel Djotodia venait à prendre des positions contraires aux intérêts de son puissant voisin.

 

 

 

NDLR : Firmin Findiro et Sylvain Ndoutingaï, dont d'insistantes rumeurs font état de leur nomination à de hautes fonctions auprès de Michel Djotodia, ont tellement usé et abusé du pouvoir de Bozizé qui les a fait roitelets qu'ils ne se sont pas fait que des amis dans le pays, bien au contraire. Le fait d'avoir versé des subsides à quelques chefs de Séléka, même si cela était établi, ne sera sans doute pas suffisant pour les absoudre de tous les maux qu'ils ont faits et méfaits qu'ils ont commis, non seulement à l'encontre du  pays mais surtout à l'égard de certains fils de Centrafrique. 

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers