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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 21:18

 

 

 

couronnement-Bokassa.jpg 

 

 

19/09/2011 à 23H01 sur

Durée : 49min. ( 23H01 - 23H50 )
Cryptage : En clair
Genre : Docu-info - Politique
Réalisation : Cédric Condom
Rediffusion(s) :
22/09/2011 à 03:45 sur France 3

Ce film est le récit du couronnement le plus absurde de l'histoire, le plus ubuesque de tous les temps, celui de Bokassa Ier, dictateur de Centrafrique et grand admirateur de Napoléon, qui se fit sacrer empereur le 4 décembre 1977, dans une scénographie digne du tableau de David. Un film entièrement à base d'archives, dont une partie vient d'être déclassifiée par l'armée, à qui l'Elysée avait demandé d'envoyer plusieurs équipes d'opérateurs militaires pour offrir au nouvel empereur le film de son sacre. Un film de famille en quelque sorte !...

(Le Figaro 19/09/2011)

France 3 diffuse, ce soir, un documentaire sur le couronnement de l'ex-empereur de Centrafrique

C'est sans doute un coup de chance mais il tombe bien. Alors que les révélations de Robert Bourgi éclairent d'un jour cru les dessous des relations franco-africaines, France 3 diffuse un étonnant documentaire sur le sacre de Bokassa Ier, empereur de Centrafrique.
Cette page, illustration la plus caricaturale de la Françafrique, est certes connue. Mais la grande force du film de Cédric Condom est de renouveler le genre. Plutôt que de céder à la facilité de l'irrésistible comique de cette cérémonie, il a préféré montrer le tragique d'un peuple livré aux caprices d'un tyran kleptomane et l'aval complaisant de l'ex-puissance coloniale.

Bien sûr, on rit à l'évocation de ce 4 décembre 1977. Comment résister à l'interview du futur monarque qui, aux inoxydables Elkabbach-Duhamel, confirme que son modèle est bien Napoléon Ier. « Il faut bien choisir quelqu'un ! » À ce carrosse d'occasion - racheté au producteur de Caroline chérie - mollement tiré par six chevaux normands qui se traînent sous la chaleur équatoriale et ne tarderont pas à mourir. À cet orchestre en grande tenue qui choisit de jouer Les Chevaliers de la Table ronde à l'entrée de la cathédrale. À ce trône en bois doré planté au milieu d'un gymnase mal transformé en salle de couronnement pour 5 000 invités en sueur.
Mais le malaise rattrape vite. Le réalisateur a eu la belle idée d'exploiter les rushs d'un film tourné alors par le service cinématographique de l'armée française, une oeuvre immédiatement classée secret défense pour trente ans. Il montre l'envers de ce décor de carton-pâte. On y voit les yeux hagards de faim et de peur d'une foule contrainte de se masser sur le parcours du cortège.

L'incompréhension d'un peuple face aux folies mégalomaniaques de « son » empereur. L'omniprésence de l'armée. On y devine surtout l'invraisemblable compromission de la France. Celle, officielle, qui a obligeamment prêté sabres et avions, déployé des conseillers, des gardes du corps et même un ministre. Et l'autre, celle des affaires, qui se presse pour complaire aux caprices du grand homme, moyennant finances. L'État et le business, les deux piliers de la Françafrique, sont réunis pour le pire. La note des célébrations sera l'équivalent de la moitié du budget de l'État et asséchera pour des décennies les fonds réservés à l'école.
Ce ne fut pas une surprise. Déjà à l'époque, le sacre avait fait scandale. Aucun chef d'État n'avait accepté de venir, encore moins les Africains qui redoutaient à raison que cette comédie renforce les préjugés. Pourquoi la France s'est-elle alors tant avancée ? Le film ne le dit pas et c'est peut-être là sa faiblesse. À trop se concentrer sur ce 4 décembre, il passe trop vite sur l'ascension de l'ex-lieutenant de la coloniale, sur les conditions de sa chute et les intérêts mal compris de la France en Centrafrique, n'évoquant que les diamants de Valéry Giscard d'Estaing. Seules les dernières images, qui montrent un Bokassa navrant dans son exil français, puis ânonnant des explications absurdes lors de son procès, apportent des bribes de réponse et donnent raison à de Gaulle. En son temps, le Général avait surnommé ­Bokassa « le Soudard » et décidé de le tenir à distance.

© Copyright Le Figaro

 

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