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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 00:49

 

 

Bozizé KNK

 

 

Il faut bien le reconnaître et l’affirmer bien fort. Ce qui vient de se passer en République centrafricaine le 23 janvier dernier est une grossière farce électorale. Il ne pouvait en être autrement. Est-il besoin de rappeler que depuis son arrivée au pouvoir par la voie que l’on sait, Bozizé n’a jamais fait mystère de son intention de mourir au pouvoir et même lorsqu’il disparaitrait, son souhait est de voir son fils Jean Francis lui succéder à la tête de la République centrafricaine conformément à cette mode de succession dynastique subitement revenue au goût du jour en Afrique et qui voudrait que tous les potentats au pouvoir transmettent le flambeau à leur progéniture après leur règne. C’est le dessein que nourrit notamment Abdoulaye Wade au Sénégal ou Moubarak en Egypte pour ne citer que ces deux.

Selon la doctrine de  « j’y suis, j’y reste », Bozizé a osé déclarer clairement sous forme de défi lors d’une commémoration de son putsch du 15 mars 2003 que c’est par les armes qu’il a pris le pouvoir donc tous ceux qui ont l’intention de lui succéder doivent savoir à quoi s’en tenir. Autrement dit, ayant accédé au pouvoir par la force ne vous attendez pas à ce que je m’en aille par le verdict des urnes. Cela a le mérite de la clarté. C’est cette idée qui sous-tend tout le comportement politique de Bozizé et explique tous les actes qu’il pose.

Pris individuellement, Bozizé est un cancre qui a beaucoup de chance. La réussite de son coup d’Etat n’a été qu’un concours heureux de circonstances grandement facilité par les erreurs de celui-là même qu’il a renversé en 2003. On peut longtemps abuser de la bonne foi des gens par le mensonge mais un jour viendra où ils cesseront d’être naïfs et se retourneront contre vous. C’est qui attend Bozizé. S’il était sûr de gagner les élections pour conserver le pouvoir, pourquoi a-t-il recouru à tout ce dispositif de fraude ? C’est bien la preuve qu’il n’était pas si sûr de lui que cela.

En ayant fait le zouave et le sourd jusqu’au bout, lui et son complice le nullissime vrai faux pasteur Binguimalé qu’il a propulsé à dessein à la tête de la CEI, il a réussi à rester maître du jeu du processus électoral de bout en bout tout en permettant au vrai faux pasteur de s’enrichir considérablement. Celui-ci vient d’acheter une villa de 50 millions de F CFA à Bangui selon certaines confidences de ses proches sans compter la Porsche Cayenne avec laquelle il roule également à Bangui. Ils ont tout fait pour empêcher tout ce qui pouvait être de nature à rendre transparentes les élections ( listes électorales fiables, informatisées et affichées conformément au délais prévus par le code électoral à savoir 60 jour avant le scrutin, bonnes cartes électorales dignes de ce nom, etc…).

L’autisme et la surdité du Président François Bozizé doublés de son refus obstiné de voir la Commission Electorale Indépendante préparer par consensus les élections du 23 janvier 2011, ont inévitablement débouché sur une pagaille généralisée qui ont permis l’organisation de fraudes massives d’une ampleur insoupçonnée au seul profit du candidat François Bozizé et son parti KNK. L’opposition et la classe politique centrafricaine dans son ensemble (même certains partis politiques de la majorité présidentielle ont été victimes des fraudes du KNK) ont été abusées par ces fraudes à grand échelle et sans vergogne dans toutes les circonscriptions électorales tant à Bangui que dans les villes de province.

L’opposition démocratique centrafricaine que certains traitent à tort d’être la plus bête du monde a tiré la sonnette d’alarme à plusieurs reprises lorsque la situation était dans l’impasse, pour exiger jusqu’au départ de Binguimalé et prendre à témoin la communauté internationale au sujet de la préparation chaotique et non consensuelle du processus électoral en Centrafrique. Rien n’y a fait. Bozizé a toujours impunément balayé du revers de la main les pertinentes et légitimes contestations de l’opposition et percevait l’indifférence de la communauté internationale comme une prime à ses décisions arbitraires et unilatérales et un encouragement à son plan machiavélique de hold-up. C’est ainsi que jusqu’au bout, il a toujours gardé la haute main sur la gestion de la Commission Electorale Indépendante qui préparait non pas les conditions d’élections transparentes mais plutôt de pagaille organisée et délibéré qui a favorisé les fraudes massives.  

Le fait que dans leurs différents rapports, les missions internationales d’observation de ces élections aient quasiment toutes évoqué ces graves insuffisances et manquements qu’elles ont appelés par un doux euphémisme « dysfonctionnements », cela est assez éloquent et plaide ipso facto pour l’annulation pure et simple de ces scrutins groupées. Le processus électoral de la RCA s’achève donc sur une forfaiture et une grossière mascarade dont l’opposition et le peuple centrafricain dans sa grande majorité ne sauraient se satisfaire ainsi que des solutions bancales et inappropriées d’arrangement et de partage du pouvoir que la communauté internationale cherche à leur imposer alors que sous d’autres cieux en Afrique, elles ont déjà montré leurs limites et fait long feu.

Selon nos informations, de sérieuses divergences ont vu le jour entre la mission d’observation de l’OIF dirigée par l’ex-Président Pierre Buyoya dont les conclusions du rapport sont plus proches de la réalité de la mascarade électorale que celles de l’ancien ministre congolais dépêché par l’Union Africaine manifestement plus accommodantes avec les scandaleuse fraudes massives du clan Bozizé. (A suivre…)

Rédaction C.A.P      

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique